Nick Suzuki

« Plusieurs politiciens québécois souhaitent que les joueurs parlent français et je crois que c’est juste. Après tout, le français est plus utilisé au Québec que l’anglais. »

— Nick Suzuki, qui a appris un peu de français à l’école, dit qu’il n’est pas offusqué de voir des politiciens discuter de ses habiletés dans la langue de Molière. La question de la langue a fait surface dès la nomination du joueur de 23 ans comme capitaine du Tricolore, lundi. (La Presse Canadienne)

Le Canadien

Kaiden Guhle devra faire mentir les chiffres

Buffalo — Kaiden Guhle pourrait être un des bons éléments de l’héritage laissé par Marc Bergevin à Kent Hughes. Du mondial des moins de 20 ans à la Coupe Memorial, il a été de tous les grands rendez-vous des joueurs d’âge junior, et jamais comme figurant.

C’est de bon augure, mais rien n’est garanti. Par ailleurs, même s’ils sont nombreux à voir en Guhle l’espoir du CH à la défense le plus mûr pour la Ligue nationale, rien n’assure qu’il y jouera à temps plein cette saison.

C’est que Guhle a 20 ans, et à 20 ans, on caresse le temps, mais on joue rarement dans la LNH. Surtout au poste de défenseur.

En 2021-2022, à peine quatre arrières de 20 ans ou moins ont passé la majorité de la saison dans la LNH. Seuls Jamie Drysdale (Ducks), Braden Schneider (Rangers), Tobias Björnfot (Kings) et Moritz Seider (Red Wings) ont disputé au moins la moitié des matchs de leur équipe. On pourrait ajouter Bowen Byram (Avalanche) à ce groupe. Il n’a joué que 30 matchs, mais les commotions l’ont ralenti.

D’autres ont foulé la patinoire dans la grande ligue, mais ils ont partagé leur temps entre la LNH et la Ligue américaine. Alors, quand Kent Hughes a prévenu que ses jeunes défenseurs allaient faire la navette entre le nouveau Forum et la Place Bell, il n’exagérait pas. Que Guhle passe la saison à Montréal serait une anomalie statistique.

« Peu importe ce qu’ils feront, je vais soutenir la décision. Ils ont un plan pour tous les jeunes, donc je vais me concentrer sur ce que je peux contrôler. »

— Kaiden Guhle

Jean-François Houle, l’entraîneur-chef du Rocket, voit « beaucoup de maturité » en Guhle. Est-ce à dire qu’il est prêt pour un poste permanent dans la LNH ?

« Ça paraît que ça fait une couple d’années qu’il est ici. Sur la glace, ce sont de bonnes passes raides. Tu vois qu’il est prêt pour un camp de la Ligue nationale », a estimé celui qui dirige les espoirs du Canadien cette semaine durant le camp des recrues.

Un premier match

L’évaluation commencera ce dimanche, puisque Guhle participera au troisième et dernier match de la semaine du Canadien contre les Sénateurs. Par précaution, l’équipe souhaitait lui accorder davantage de répétitions à l’entraînement avant de l’envoyer dans l’action.

« Je traînais une blessure au bas du corps depuis les séries, a rappelé Guhle. J’ai essayé de régler ça, de ne pas l’empirer. J’amorce ma première saison chez les professionnels, et c’est une longue saison qui m’attend. »

Le choix de premier tour du Canadien en 2020 a eu droit à des vacances écourtées cet été, puisqu’il a joué jusqu’au 24 juin en raison de la présence des Oil Kings à la Coupe Memorial. Il est arrivé à Montréal début août, et c’est là qu’il a recommencé à patiner. Il assure être « pleinement rétabli » de sa blessure.

40

Kaiden Guhle a inscrit 40 points en 42 matchs la saison dernière dans la Ligue junior de l’Ouest.

Deux options pour Trudeau

Comme Guhle, William Trudeau devra lui aussi faire mentir les chiffres. Mais pas de la même façon. Dans son cas, les chiffres sont plutôt le nombre de défenseurs dans l’organigramme.

Michael Matheson, Joel Edmundson, David Savard et Chris Wideman sont virtuellement assurés de commencer la saison à Montréal, puisqu’ils détiennent des ententes à un volet. S’ajoutent Guhle, Corey Schueneman, Justin Barron, Jordan Harris, Arber Xhekaj et Mattias Norlinder, qui joueront à Montréal ou à Laval. Nous voici déjà à 10 défenseurs pour le CH et sa filiale. Ajoutez des joueurs étiquetés Ligue américaine comme Madison Bowey et Tory Dello, et on affiche presque complet.

On lie cette situation à celle de Trudeau parce que le jeune homme serait admissible à jouer dans la Ligue américaine dès cet automne, même s’il a 19 ans. Il fêtera en effet ses 20 ans en octobre.

« Comme tous les joueurs de 20 ans, j’aimerais jouer dans la Ligue américaine. Mais je ne veux pas regarder trop loin », a simplement dit Trudeau.

Il se retrouve dans la même situation que Cale Fleury en 2018. Cet automne-là, ce choix de troisième tour s’était présenté au camp, comme Trudeau, sans contrat en poche, à 19 ans (son anniversaire est en novembre). Au terme du camp, le Canadien lui avait offert une entente de trois ans et il a passé la saison avec le Rocket, plutôt que de retourner dans le junior.

Par contre, le Tricolore de l’époque ne comptait pas sur le même bassin d’espoirs à la ligne bleue qu’aujourd’hui.

En attendant, Trudeau connaît un bon tournoi des recrues, dans l’ombre des Guhle, Harris et Barron. C’est l’avantage d’être un modeste 113choix au total. « Je ne le cacherai pas, je passe un peu sous le radar, a admis l’athlète de Varennes. Mais je vais continuer à jouer des matchs. J’ai ma place aussi. »

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