« Putain que c’est bon ! »

Retour sur la spectaculaire victoire du CF Montréal, mercredi soir, à Columbus

Une victoire spectaculaire comme celle de mercredi vient confirmer plusieurs hypothèses pour le CF Montréal.

Primo : cette équipe a eu une véritable poussée de croissance dans les dernières semaines.

Secundo : elle a les moyens de battre n’importe qui, faisant fi du classement, de la forme, du contexte géographique ou même des ennuis météorologiques.

Tertio – pourquoi pas : son entraîneur-chef Wilfried Nancy ne craint pas de prendre des décisions impopulaires, et qui finissent généralement par porter leurs fruits.

Quarto – rendu là : sa force mentale est digne des bonnes équipes de la MLS.

Certes, les deux buts montréalais se sont fait attendre à Columbus. Kei Kamara (87e) et Joel Waterman (94e) ont bel et bien joué les héros, mais Montréal a encore quelques lacunes offensives à combler avant d’aspirer à un parcours éliminatoire intéressant.

Djordje Mihailovic n’a pas retrouvé sa touche depuis son retour de blessure. Mason Toye se cherche, malgré son doublé à Seattle il y a plus d’un mois. Au moins, Romell Quioto continue de tirer l’équipe vers l’avant. On l’a vu mercredi : son entrée à la 63e minute a complètement fait basculer la rencontre à l’avantage des visiteurs.

Mais tout cela peut encore se corriger lors des 11 derniers matchs de la saison. Montréal n’a qu’à s’inspirer de son évolution palpable des dernières semaines.

« L’année dernière, on l’a montré. Cette année, on continue. La progression est que cette fois-ci, on marque le but de la victoire. »

— Wilfried Nancy, entraîneur-chef du CF Montréal, après la rencontre de mercredi

Un groupe soudé

Nancy parle ensuite de la mentalité de ses hommes quand les orages ont arrêté le jeu environ 90 minutes à Columbus.

« Je n’ai pas parlé, c’est eux qui se sont motivés. C’est ce qu’on a mis en place. »

Ils ont mis de la musique. Se sont exercés au vélo stationnaire. Et ils « se sont parlé », dixit Nancy.

« On se disait continuellement qu’on y croyait. On savait qu’une fois qu’on en marquerait un, on pourrait l’emporter. Je ne croyais pas qu’on le ferait de façon si spectaculaire. »

— Joel Waterman

On parle donc ici d’un groupe soudé qui a confiance en ses moyens malgré l’adversité. Le mérite revient ici à son personnel d’entraîneurs. Avec un Nancy à sa tête qui n’a pas caché sa satisfaction.

« On a dit qu’on allait gagner ce match-là, dit Nancy. En toute humilité, mais c’est ce que j’ai ressenti avec le staff et les joueurs. Excusez-moi du terme, mais putain que c’est bon ! »

Waterman prend du galon

Même sans son but victorieux, le nom de Joel Waterman s’est imposé.

Le défenseur central canadien ne cesse de monter en puissance cette saison – et depuis son arrivée de la Première Ligue canadienne (PLC) en 2020. Il devient peut-être même le meilleur à son poste chez les Montréalais.

C’est lui qui a le meilleur pourcentage de passes de tout le groupe cette année, avec 88 %. Il a le plus haut total de dégagements (56) à sa fiche, marque qu’il codétient avec Rudy Camacho. Une statistique qui indique notamment un bon positionnement, mais aussi la hargne nécessaire pour aller se mettre le nez dans le trafic. À l’œil nu, on le sent en confiance et solide sur ses crampons.

Il a même trouvé sa touche de marqueur. Mercredi, c’était son troisième but de la campagne, le huitième pour un défenseur montréalais.

Mais ne le voyez pas prendre la place d’un attaquant de sitôt.

« Je vais laisser ce travail à Romell, Mason et Kei », a-t-il lancé en rigolant.

Montréal s’est ressaisi défensivement lors du dernier mois. Il n’a pas accordé plus d’un but par match depuis sa dégelée face au Galaxy de Los Angeles, au début de juillet. C’est pourquoi on estimait que remplacer le gardien James Pantemis par Sebastian Breza était une décision audacieuse de la part de Nancy. Et elle l’était. Mais ça a fonctionné. Breza a été décisif à plusieurs occasions dans ce match.

Des geôliers en confiance. Une défense de plus en plus étanche. Une assurance à toute épreuve. Ne manque qu’un peu plus de hardiesse dans le dernier tiers pour aspirer réellement à gros.

Kamara, dans la légende

Kei Kamara a enfin obtenu son 134but en MLS, mercredi, lui qui cherchait le fond du filet depuis son but contre Nashville, à la mi-mai. Cette réussite le place donc au troisième rang des meilleurs marqueurs de l’histoire du circuit, à égalité avec Jeff Cunningham. Et quel moment pour le faire ! À Columbus, contre l’équipe avec qui il a fait ses premiers pas dans la ligue en 2006. Et pour niveler la marque au profit de son nouveau club adoré. « Je suis choyé, mec, répond-il lorsqu’on l’interroge à ce sujet. Ç’a été tout un parcours. Mais je n’ai pas encore terminé. J’ai quelques années encore en moi. Je veux continuer à jouer. »

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