Rondelle libre

Kent Hughes, un an plus tard

Le directeur général du Canadien, Kent Hughes, a dressé son bilan de mi-saison, mercredi. Le hasard fait en sorte qu’on fête la première année de son règne ce jeudi.

Le bilan de sa première année pourrait se définir en trois temps : instauration de la culture d’entreprise, embauches et transactions et accélération du processus de rajeunissement au camp d’entraînement.

Instaurer une culture

Dès sa première conférence de presse, Hughes a annoncé ses couleurs. Il souhaitait bâtir une équipe moderne, offensive, capable de gagner sur une base régulière, et pas seulement une année, et établir une culture d’organisation où tout le monde pousserait dans la même direction.

Hughes a d’abord donné le bénéfice du doute à l’entraîneur-chef en place, Dominique Ducharme. Mais à peine trois semaines plus tard, le directeur général en avait vu assez. L’embauche de Martin St-Louis, dont l’expérience à titre d’entraîneur se résumait à des équipes de hockey mineur, a causé une surprise.

Martin St-Louis se voulait, aux yeux de Kent Hughes, le pédagogue par excellence pour réussir la phase de rajeunissement de l’équipe.

Nick Suzuki et Cole Caufield se sont éclatés lors des 37 derniers matchs de la saison. Le premier a obtenu 34 points et le second, 22 buts et 35 points.

La plupart des services ont aussi été renouvelés pour accélérer la reconstruction : arrivée de Nick Bobrov comme codirecteur du recrutement, promotion de Martin Lapointe auprès de Bobrov, construction d’un secteur analytique et embauche d’un directeur du développement des habiletés, Adam Nicholas.

Une vente réussie

Avec une équipe condamnée à la cave du classement et le désir d’assurer la pérennité de l’organisation, il fallait utiliser certains vétérans en fin de contrat, ou attirants aux yeux d’autres organisations, pour amasser des actifs à long terme.

Le défenseur Ben Chiarot, futur joueur autonome sans compensation, a rapporté un choix de premier tour en 2023, de quatrième tour en 2022 et le jeune Ty Smilanic. Compte tenu des insuccès des Panthers de la Floride cette saison, le choix de premier tour est situé au 10rang à l’heure actuelle.

Tyler Toffoli avait encore quelques années restantes à son contrat et il était encore productif. Mais il était à l’aube de ses 30 ans et le Canadien n’allait pas être compétitif avant plusieurs saisons. Hughes a pu obtenir pour lui un choix de premier tour en 2022, devenu Filip Mesar, et un jeune ailier rapide et fougueux, Emil Heineman.

Comme Chiarot, Brett Kulak allait aussi devenir joueur autonome sans compensation. Il n’était pas un permanent dans la formation, mais les Oilers d’Edmonton ont consenti un choix de deuxième tour pour l’obtenir. Avec ce choix, le Canadien a repêché Lane Hutson, sensationnel à sa première année dans la NCAA avec 22 points en 20 matchs et une participation au Championnat du monde junior à seulement 18 ans.

Artturi Lehkonen constituait la dernière pièce de la vente. Le Canadien a obtenu pour ses services un défenseur droitier de 20 ans au potentiel intéressant, Justin Barron, et un choix de deuxième tour en 2024. Lehkonen s’est épanoui au Colorado. Barron a connu un camp d’entraînement difficile, au point d’être renvoyé dans la Ligue américaine au profit de quatre autres jeunes. Il est impressionnant depuis quelques matchs et à 21 ans, sa progression n’est pas terminée.

Parmi les acquisitions de Hughes, il ne faut pas oublier celle du jeune défenseur Jordan Harris, qui avait déjà un pied dans le vestiaire des Bruins de Boston. Hughes a su trouver les bons mots pour le convaincre de signer un contrat avec le Canadien. Harris est vite devenu un atout en défense chez le Tricolore.

Coup d’éclat au repêchage

Ils étaient nombreux à remplir le Centre Bell avec un chandail de Shane Wright sur le dos lors du repêchage. Mais pour Hughes et ses recruteurs, Juraj Slafkovsky était le joueur à choisir. Il fallait quand même du cran, à domicile, pour prendre une décision à l’encontre de la faveur populaire.

Hughes réservait d’autres surprises aux partisans. Échanger l’un des jeunes joueurs les plus populaires du club, Alexander Romanov, demandait aussi de l’audace. Mais le directeur général voyait déjà se pointer Kaiden Guhle, Harris et Arber Xhekaj dans le rétroviseur et il y avait une carence au centre.

Hughes a donc échangé un défenseur de 22 ans au potentiel offensif limité pour un centre droitier de 21 ans, Kirby Dach. Avec 29 points en 45 matchs, Dach vient de surpasser son meilleur total en carrière.

La consolidation

Acquérir des jeunes et des choix au repêchage est une chose. Leur faire une place et mousser leur estime d’eux-mêmes en est une autre.

Dès le premier jour du camp d’entraînement, la place de Suzuki et de Caufield était acquise. On a donné à Dach toutes les chances de se faire valoir sur un trio offensif. On a réservé un poste à Slafkovsky malgré ses 18 ans et relégué des vétérans moins performants à des rôles secondaires. On a fait confiance à quatre jeunes en défense, Guhle, Harris, Xhekaj et Johnathan Kovacevic, au lieu d’obtenir du renfort.

Prochaine étape : la deuxième vente du printemps. Hughes espère ajouter un troisième choix de premier tour. Voyons ce que pourront rapporter Sean Monahan, s’il peut revenir au jeu, Joel Edmundson, Christian Dvorak ou même Josh Anderson.

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