Pensionnats autochtones

Ottawa conclut une entente de 2,8 milliards avec des survivants

Ottawa versera 2,8 milliards de dollars dans le cadre d’une action collective à laquelle ont pris part 325 nations concernant les préjudices causés par les pensionnats.

C’est le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, qui en a fait l’annonce samedi matin lors d’une conférence de presse à Vancouver.

Le gouvernement fédéral a signé un accord avec les plaignants du litige de la bande Gottfriedson, auquel ont participé 325 communautés. Ottawa a accepté de verser 2,8 milliards de dollars qui seront placés dans une fiducie sans but lucratif, indépendante du gouvernement.

L’accord doit encore être approuvé par la Cour fédérale avant que les fonds puissent être versés aux bénéficiaires.

« Bien que les règlements annoncés aujourd’hui n’effacent pas ou ne réparent pas le passé, ils peuvent contribuer à réparer le préjudice collectif causé par le passé du Canada – un passé profondément colonial – dans la perte de la langue, de la culture et du patrimoine », a déclaré M. Miller.

C’est la première fois que le Canada indemnise les bandes et les communautés en tant que collectivité pour les préjudices liés aux pensionnats, a-t-il ajouté.

Le règlement s’appuiera sur quatre piliers, soit la renaissance et la protection des langues autochtones, la renaissance et la protection des cultures autochtones, la protection et la promotion du patrimoine et le bien-être des communautés autochtones et de leurs membres.

L’utilisation des fonds reviendra aux nations

Il appartiendra aux nations de décider comment elles souhaitent dépenser l’argent de l’accord. Un versement initial de 200 000 $ aux 325 nations est prévu, ce qui leur permettra de créer un plan décennal qui reflète les buts associés aux quatre piliers.

« Ce règlement permet à nos nations autochtones de contrôler ce processus. Nous gérerons et distribuerons les fonds, nous les fournirons aux 325 nations de manière équitable et objective », a déclaré l’ancien chef régional de la Colombie-Britannique et le représentant des demandeurs, Shane Gottfriedson.

À l’origine, l’action collective – connue sous le nom d’affaire Gottfriedson – avait été intentée par les Nations tk’emlúps te secwépemc et shíshálh, en Colombie-Britannique, en 2012. L’action en justice visait à obtenir réparation pour les élèves externes qui avaient été maltraités alors qu’ils fréquentaient les écoles, mais qui n’étaient pas admissibles au règlement de 2006 pour les pensionnaires à temps plein.

En 2021, le gouvernement Trudeau a conclu un règlement à l’amiable avec les élèves externes, acceptant de verser une indemnité aux survivants et à leurs descendants.

« La réconciliation n’est pas gratuite. C’est beaucoup d’argent », a souligné M. Miller. « Est-ce suffisant ? Je pense que seul le temps nous le dira, mais nous savons qu’il y a encore beaucoup à faire. »

En entrevue avec La Presse, le chef de la Fédération des Nations autochtones souveraines, Bobby Cameron, a salué la conclusion de l’action collective. « Enfin, tous ceux qui ont beaucoup souffert dans ces terribles établissements pourront être indemnisés », a-t-il déclaré.

« Il est temps non seulement que le Canada reconnaisse ce tort, mais qu’il contribue à le réparer en cheminant avec nous. Ce règlement est un premier pas dans la bonne direction », a de son côté réagi l’ancien chef de la Nation shíshálh et représentant des demandeurs, Garry Feschuk.

Allégations d’agression d’une deuxième femme

Le cardinal Marc Ouellet affirme qu’il n’a « rien à cacher »

Visé par des allégations d’agression d’une autre femme, le cardinal Marc Ouellet persiste et signe : il n’a « rien à cacher ». Dans une lettre parue samedi, il nie avoir commis « tout comportement répréhensible », assurant plutôt avoir « pleinement » collaboré à l’enquête menée sur cette seconde plainte.

« Je n’ai rien à cacher et ai agi en toute transparence dans le cadre de ce processus », écrit l’ancien archevêque de la capitale dans une courte déclaration envoyée aux médias.

L’archidiocèse de Québec avait confirmé vendredi qu’on lui avait signifié en 2020 une deuxième plainte concernant des allégations d’inconduite sexuelle visant le cardinal Marc Ouellet.

Dans une lettre datée du 23 juin 2021, dont l’hebdomadaire catholique français Golias Hebdo a révélé l’existence, l’actuel archevêque de Québec, Gérald Cyprien Lacroix, informe d’abord la plaignante que ses allégations ont été « directement transmises » par ses soins au pape François, qui a alors ordonné la tenue d’une enquête préliminaire, à l’interne.

À la suite de cette enquête, le pape a toutefois décidé « de ne pas retenir l’accusation portée », écrit le cardinal Lacroix. L’archevêque de Québec explique que le pape François n’a trouvé « aucune raison de prendre ultérieurement en considération l’incrimination aux dépens du cardinal Ouellet ».

Dans sa déclaration publique de samedi, le cardinal Ouellet confirme « avoir volontairement participé à une enquête menée sur cette plainte et avoir pleinement collaboré à cet égard ». « J’ai ultimement été informé que la plainte avait été rejetée, notamment en raison du fait que la plaignante avait choisi, après le dépôt de sa plainte, de ne pas rencontrer les personnes responsables de l’enquête », poursuit le cardinal.

Il nie « avoir commis tout comportement répréhensible à l’égard de cette femme », qui ne s’identifie que par le pseudonyme de Marie.

« Je tiens à souligner qu’à ma connaissance, aucune demande émanant de cette femme pour réactiver le processus de plainte n’a été formulée. Je n’ai fait l’objet d’aucune autre plainte de sa part, et ce, tant sur le plan civil que criminel », insiste M. Ouellet, en réitérant « l’importance pour toutes les victimes d’abus sexuels de dénoncer et de ne pas se laisser décourager par ce type de publication ».

Le combat de Paméla Groleau

Il y a une dizaine de jours, une autre femme qui accuse le cardinal Ouellet d’agressions sexuelles avait révélé son identité et accusé l’Église catholique d’avoir tenté de « la faire taire » à coups de « menaces » et « d’intimidation ».

Connue jusque-là sous le nom de « Mme F », Paméla Groleau fait partie d’une vaste action collective intentée en août contre l’archidiocèse de Québec par 139 plaignantes, qui accusent d’agression sexuelle des dizaines de prêtres.

Dans sa poursuite, Mme Groleau accuse le cardinal Marc Ouellet de plusieurs agressions sexuelles commises entre 2008 – alors qu’elle avait 23 ans – et 2010. Le prélat, qui était alors archevêque de Québec, lui aurait notamment glissé la main dans le dos et lui aurait touché les fesses lors d’un évènement dans la capitale.

Le cardinal Marc Ouellet a là encore nié « catégoriquement » avoir agressé Mme Groleau. Il a déposé une poursuite de 100 000 $ pour diffamation contre elle il y a un peu plus d’un mois.

— Avec La Presse Canadienne et Caroline Touzin, La Presse

La première ministre de l’Alberta exige une enquête sur les courriels de ses employés

La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a demandé qu’une enquête soit lancée cette fin de semaine pour déterminer si des membres de son personnel ont contacté des procureurs de la Couronne concernant des dossiers judiciaires. Jeudi, CBC News rapportait qu’un membre du personnel de Mme Smith avait envoyé une série de courriels aux procureurs, l’automne dernier, pour contester leur approche dans les poursuites en cours contre des manifestants qui avaient bloqué le poste frontalier de Coutts il y a un an. Mme Smith a expliqué qu’il faudrait vérifier les courriels de 34 employés de son cabinet et de 400 procureurs, mais qu’elle s’attend à avoir des résultats au début de la semaine prochaine. « C’est une allégation sérieuse, a-t-elle convenu. Si un membre de notre personnel a bel et bien été en contact avec un procureur de la Couronne, nous devrions évidemment prendre les mesures appropriées. » — La Presse Canadienne

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