conflit au tigré

2,3 millions d’enfants en besoin d’aide d’urgence

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a demandé vendredi « l’ouverture de couloirs humanitaires » pour venir en aide à la population prise au piège dans la région éthiopienne du Tigré, alors que l’UNICEF dénombre 2,3 millions d’enfants en besoin d’aide d’urgence.

« Nous sommes particulièrement préoccupés par la situation en Éthiopie » et « l’impact humanitaire dramatique » qui en découle, y compris au Soudan, a déclaré António Guterres, à New York.

« Nous faisons tout ce que nous pouvons pour mobiliser un soutien humanitaire aux réfugiés qui sont déjà au Soudan. Nous avons demandé un plein respect du droit international et l’ouverture de couloirs humanitaires », a-t-il ajouté sans autre précision sur leur emplacement.

« La vérité c’est qu’il devrait être nécessaire que de l’aide humanitaire soit acheminée dans les zones de conflit, a poursuivi António Guterres. C’est un énorme souci pour nous [et] j’espère que ces appels seront entendus. »

« Le blackout sur les communications et les restrictions imposées aux déplacements dans la région du Tigré, empêchent d’atteindre quelque 2,3 millions d’enfants qui ont besoin d’assistance humanitaire », a pour sa part affirmé la directrice générale du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), Henrietta Fore, dans un communiqué publié vendredi.

12 000

Nombre d’enfants, dont certains sans parents ni famille, qui se trouvent dans des camps de réfugiés et des centres d’enregistrement au Soudan et qui « sont dans une situation à risque », selon l’UNICEF.

Beaucoup de ces camps de fortune établis au Soudan sont bondés et les réfugiés vivent dans des conditions insalubres, avec un accès limité à l’eau et à la nourriture.

« Les conditions de vie pour ces enfants sont extrêmement dures. Nous travaillons avec nos partenaires pour fournir un soutien de première nécessité, en matière de santé, de nourriture et d’eau », assure Mme Fore.

Malheureusement, « jusqu’à présent, il n’y a aucun accord des autorités éthiopiennes pour une médiation externe », a déploré António Guterres, en indiquant avoir multiplié les appels ces dernières semaines à des dirigeants en Afrique et dans le monde.

« À ce stade, aucune des deux parties, de ce que nous comprenons, n’est intéressée par une médiation », a également souligné le secrétaire d’État américain adjoint chargé des Affaires africaines, Tibor Nagy.

L’Union africaine (UA) a désigné trois anciens présidents comme envoyés spéciaux en Éthiopie pour tenter une médiation, a annoncé vendredi soir le chef de l’État sud-africain Cyril Ramaphosa, qui assure actuellement la présidence tournante de l’UA.

Il s’agit de Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique, d’Ellen Johnson-Sirleaf, ancienne présidente du Liberia, et de Kgalema Motlanthe, ex-président d’Afrique du Sud. L’UA n’a toutefois pas précisé à quelle date les trois émissaires seront en mesure de se rendre sur place.

Jusqu’à 200 000 déplacés

Prix Nobel de la paix en 2019, le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a déclenché cette opération contre les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), les accusant de chercher à déstabiliser le gouvernement fédéral et d’avoir attaqué deux bases militaires éthiopiennes dans la région, ce que nient les autorités tigréennes. Vendredi, des roquettes tirées par les forces du Tigré, qui affrontent l’armée fédérale éthiopienne, ont à nouveau visé la région voisine d’Amhara quelques heures après que le gouvernement central a affirmé que ses troupes se rapprochaient de Mekele, capitale de la région dissidente.

Pus de 36 000 Éthiopiens ont fui le Tigré pour se réfugier au Soudan, mais plus de 200 000 personnes pourraient passer la frontière vers le Soudan dans les prochains jours ou semaines, selon la Commission soudanaise des réfugiés.

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