Kabaddi

Le jeu du chat et de la souris

Qui n’a pas déjà joué à la « tag » pendant son enfance ? En Inde, il n’y a pas d’âge pour s’y adonner. On en a même fait un sport professionnel.

Quelques lecteurs nous ont écrit pour suggérer le kabaddi dans le cadre de cette série. Un ajout imprévu, pour tout dire. Extrait du courriel de Christian Hébert :

« J’ai découvert ce sport lors d’un voyage d’affaires en Inde, il y a quelques années. Un mélange de tag, de ballon chasseur et de lutte gréco-romaine. Un peu bizarre, dit comme ça. Mais c’est fascinant à regarder. L’agilité et la rapidité des joueurs sont impressionnantes ! Et c’est très stratégique. Je me suis surpris à regarder des matchs entiers ! Et c’est la folie là-bas ! Toutes les grandes villes ont une équipe professionnelle et elles remplissent des arénas ! »

On remplacerait peut-être le ballon chasseur par le rugby, cela dit, en raison des plaquages.

« Le kabaddi est un sport très, et de plus en plus, populaire en Inde, semble-t-il, écrit pour sa part Philippe Desaulniers, après un résumé de l’essence du jeu. La qualité des productions télévisuelles des matchs professionnels en fait d’ailleurs foi : c’est du sérieux. »

Et que dire de la foule, littéralement déchaînée.

Soit. Mais comment cela se joue-t-il ? Si le kabaddi est un jeu d’enfants, dans le sens où il semble perpétuer à l’âge adulte ce plaisir de jeunesse qu’est la « tag », il est tout sauf simple à bien expliquer. Le plus complexe à décrire depuis le début de cette rubrique, baseball finlandais mis à part.

Alors, 2 équipes de 12 joueurs s’affrontent, 7 à la fois sur le terrain que voici :

Un match se dispute en deux demies de 20 minutes chacune, pendant lesquelles se succèdent des attaques (raids) d’une durée maximale de 30 secondes.

Les deux équipes attaquent à tour de rôle. Un attaquant (raider) est envoyé en zone ennemie. En premier lieu, il doit réussir à atteindre la ligne de retour sans se faire toucher par l’un des sept défenseurs, à défaut de quoi il est exclu pour le tour suivant.

Une fois cette formalité réussie, l’objectif général est le suivant : toucher au plus grand nombre d’adversaires possible et revenir à la ligne centrale avant d’être plaqué au sol ou hors des limites du terrain.

L’attaquant peut toucher les défenseurs avec une main, le bout des orteils, un pied. Chaque contact donne un point.

Le défenseur touché est retiré du jeu et doit passer le tour suivant.

Si le raider est neutralisé par ses adversaires et ne peut donc regagner le centre, la défense marque un point.

Par ailleurs, une caractéristique intéressante est liée au nom du jeu, souvent scandé par la foule. « Kabaddi » vient d’un mot hindi signifiant « retenir son souffle ». Tout au long de son raid d’un maximum de 30 secondes, l’attaquant doit donc dire « kabaddi » de façon continue, et ce, sans inspirer. Une règle qui ne semble toutefois pas respectée ni appliquée avec régularité.

Voilà pour la base (voir les règles en bref pour plus de détails). Mais on vous suggère de regarder cette vidéo explicative. C’est plus simple à comprendre en le voyant et il y a bien d’autres règles plus complexes.

Une popularité plutôt régionale

Au-delà des apparences, le kabaddi est très stratégique, particulièrement en défense. Il serait d’ailleurs utilisé parmi les méthodes d’entraînement de l’armée britannique.

Comme c’est souvent le cas avec les sports présentés depuis le début de cette série, le pays fondateur le domine sur la scène mondiale.

En l’occurrence, l’Inde a remporté l’or à chacune des Coupes du monde et à chaque présentation des Jeux asiatiques où il a eu lieu, hommes et femmes confondus.

Le kabaddi est aussi joué ailleurs en Asie, mais avec une popularité notable au Pakistan, au Bangladesh et en Iran.

Les règles en bref

· Quand l’attaquant a terminé son tour, l’autre équipe doit envoyer un raider en cinq secondes maximum, au risque de perdre un point.

· Chaque fois qu’une équipe marque, elle « ressuscite » un joueur qui avait dû être mis de côté.

· Si un attaquant réussit à déposer un pied derrière la bonus line, puis à revenir au centre, il marque un point. Mais cette règle ne peut être mise à profit que s’il y a encore six ou sept défenseurs en action.

· Si les défenseurs réussissent à plaquer l’attaquant alors qu’ils ne sont plus que trois ou moins, ils marquent deux points. C’est ce qu’on appelle un super tackle.

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