Gestion de patrimoine

Des choses souvent oubliées ou négligées

Vous avez confié la gestion de votre patrimoine à une personne de confiance, mais êtes-vous certain que tous les éléments sont bien pris en charge et que vous obtenez réellement les produits qui répondent à vos besoins ? Voici des éléments trop souvent oubliés ou négligés.

Le bon conseiller

Placements, épargne, hypothèque… la personne à qui vous avez confié la gestion de l’ensemble de vos avoirs répond-elle vraiment à vos besoins ? Est-ce qu’elle a posé toutes les questions nécessaires afin de vérifier le niveau de complexité de votre situation et ainsi déterminer les services et produits dont vous avez réellement besoin ? « Ça ne devrait pas être au consommateur de se poser les questions de complexité, ça devrait être des questions qu’on se fait poser », affirme Carl Thibeault, vice-président principal chez IG Gestion de patrimoine, qui soutient également qu’« une bonne personne de confiance devrait ramener les faits sans émotion et vous poser des questions difficiles, qui vous font réfléchir ».

Au fait de votre situation financière, professionnelle et familiale, l’expert en gestion de patrimoine devrait également prendre les devants afin de vous accompagner et vous conseiller.

« Normalement, on va accompagner nos clients pendant 15 à 20 ans, on vient à connaître leur situation. »

— Miguel Mediavilla, gestionnaire de portefeuille et cofondateur de LM3 gestion de patrimoine

« S’ils ont des enfants, on va suggérer d’ouvrir le compte épargne-études, s’assurer de faire les cotisations… », poursuit Miguel Mediavilla, gestionnaire de portefeuille et cofondateur de LM3 gestion de patrimoine.

En plus de vous envoyer des relevés mensuels et de vous proposer un accès en tout temps à votre dossier en ligne, votre conseiller devrait vous convier à une rencontre annuelle afin de mettre votre dossier à jour. « Les autorités réglementaires s’attendent à ce que les dossiers soient révisés chaque année », précise M. Mediavilla.

Les bons produits

Fonds communs de placement, REER, CELI… Votre portefeuille est-il composé des produits adéquats pour répondre à vos besoins ? Sans vouloir dire que les offres des grandes institutions financières sont mauvaises, Miguel Mediavilla souligne que les clients n’ont pas toujours conscience des produits qu’ils se font proposer : « Si tu vas voir un représentant d’une institution financière, ça se peut qu’il te pousse des produits de son institution parce qu’il n’est pas indépendant. Ça se peut que ça ne soit pas le meilleur produit pour le client. »

À ce sujet, le vice-président principal Québec chez IG Gestion de patrimoine soutient qu’il n’y a pas beaucoup de mauvais produits dans l’ensemble des institutions financières canadiennes, mais qu’il y a énormément de mauvais agencements. « La chose qu’il faut éviter le plus, c’est le one size fits all », soutient-il.

La fiscalité

Qui dit placements et investissements dit fiscalité. Votre expert en gestion de patrimoine devrait toujours tenir compte de cet important élément.

« Il ne faut jamais faire de placement sans tenir compte de la portion fiscale. »

— Carl Thibeault, vice-président principal chez IG Gestion de patrimoine

« Un REER, ça peut être excellent, mais peut-être que pour une autre personne dont, à la retraite, pour diverses raisons, les revenus vont être à un taux d’imposition plus élevé que ça l’est actuellement, peut-être que le CELI l’emporte », explique Carl Thibeault.

Miguel Mediavilla abonde dans le même sens. « Des fois, on peut prendre des placements qui ont un rendement plus bas, mais qui peuvent faire économiser plus d’impôts au client », explique-t-il.

Les frais

La gestion de patrimoine n’est pas gratuite. Savez-vous combien vous payez pour les services que vous obtenez ? « Dans le système financier canadien, les gens, en vaste majorité, vont payer par l’intermédiaire de leurs investissements, à moins qu’ils utilisent des plateformes totalement autonomes », dit le vice-président principal chez IG Gestion de patrimoine. « La meilleure recommandation que j’ai, c’est de s’assurer que l’on questionne la personne avec qui on travaille : quelle est la tarification en fonction du service que j’ai ? Quel est le service que j’ai ? En quoi ça consiste ? », renchérit-il.

Pour sa part, Miguel Mediavilla soutient que le client qui paie directement son conseiller a de plus fortes chances d’obtenir les meilleurs produits pour lui. « Ce que les conseillers ont tendance à faire, c’est de vendre les fonds qui versent la plus grande commission. Souvent, ce sont des fonds plus risqués. Il existe des fonds communs qui ne versent pas de commission. On peut vendre des fonds communs et facturer directement des frais au client. Je pense que c’est beaucoup plus souhaitable que les commissions. Ça évite, selon moi, un important conflit d’intérêts. »

Selon lui, ça vaut la peine de magasiner. « On peut facturer facilement la moitié de ce que les banques facturent pour la même chose. C’est une très grosse différence », soutient-il.

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