Racisme au SPVM

Des policiers noirs dénoncent les propos du dirigeant syndical Yves Francœur

Neuf policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), issus des minorités visibles, déplorent les propos tenus par le président de leur syndicat, Yves Francœur, qui a nié le problème de racisme au sein de la police de Montréal dans une série d’entrevues, et l’invitent à faire des gestes concrets.

« On a été surpris que vous ne croyiez pas qu’il y ait un problème de racisme systémique et de profilage racial au sein du SPVM », écrivent-ils dans une lettre adressée au chef syndical, obtenue par La Presse.

« On est d’accord avec vous qu’il est inadéquat de faire un parallèle entre ce qui se passe aux États-Unis, la mort inacceptable de George Floyd, et la situation policière à Montréal. Cependant, M. Francœur, le racisme n’épargne pas le SPVM. Fait d’une minorité, il jette le discrédit sur toute l’organisation. »

Les signataires ajoutent que le SPVM reconnaît le caractère systémique du racisme et qu’il s’engage à le combattre, contrairement au syndicat. « Reconnaître un problème, c’est le premier pas vers la solution ; nous aimerions que la Fraternité se penche aussi sur la problématique », notent-ils dans leur lettre datée du 24 juin.

Le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) a tenu un point de presse dimanche pour appuyer ces policiers et demandé à la Fraternité d’« agir concrètement » pour assurer une « meilleure reconnaissance des policiers noirs au sein de l’organisation ainsi qu’un meilleur service auprès de la population de Montréal ».

Le policier de la GRC à la retraite Alain Babineau, conseiller du CRARR en matière de profilage racial, a déclaré que « le code de silence et la peur de représailles ont souvent forcé les policiers racisés à rester muets quant aux conditions parfois très difficiles qu’ils vivent au travail à cause de leur couleur de peau ».

« Encore une fois, c’est une dénonciation de la part de citoyens noirs qui sont des policiers en même temps. Il y a une problématique. La Fraternité doit travailler à la résoudre et la voix des policiers noirs doit compter », a-t-il dit en entrevue.

Une centaine de policiers noirs sur 4000

Selon M. Babineau, le groupe de policiers est aussi préoccupé par l’utilisation du terme « gang de rue » qui perpétue, selon lui, des préjugés contre les personnes issues des minorités visibles. Il fait en outre remarquer que les cadets qui viennent de l’extérieur de Montréal ne connaissent pas toujours la réalité de certains quartiers multiethniques de la métropole, ce qui complique les choses.

Il n’y aurait qu’une centaine de policiers noirs sur les 4000 que compte le SPVM, selon les estimations de M. Babineau.

Le président de la Fraternité, qui n’a pas souhaité nous accorder une entrevue, a répondu aux signataires de la lettre, le 26 juin.

« Nous sommes au fait de la réalité, indépendamment de comment on la nomme », écrit M. Francœur, qui reconnaît, après coup, qu’« il existe malheureusement des individus ayant des attitudes racistes dans la police de Montréal ».

Le chef syndical explique que ses sorties médiatiques « étaient destinées à défendre la majorité de policiers et policières sur laquelle une petite minorité pratiquant le profilage racial jette le discrédit ».

« Je crois que nous devons nous concentrer à bâtir sur ce qui nous unit, conclut M. Francœur. Nos membres souhaitent éliminer du SPVM les attitudes discriminatoires, inconscientes ou non. Il s’agit avant tout d’une question de justice et d’humanité. La culture du silence que vous évoquez n’a pas sa place. C’est notre direction et je crois qu’unis et solidaires, à terme nous y parviendrons. Le plus tôt sera le mieux. En somme, je crois que nous disons essentiellement la même chose. »

Allégations d’attouchements sexuels

L’ex-président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon entreprend des démarches judiciaires

Bien résolu à laver sa réputation, ternie par des allégations d’attouchements sexuels, l’ex-président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon a entrepris une démarche judiciaire destinée à le blanchir totalement, tant au Québec qu’à l’étranger, selon ce qu’a appris La Presse canadienne.

M. Chagnon nie catégoriquement avoir quoi que ce soit à se reprocher et entend prendre tous les moyens à sa disposition pour obtenir justice.

À cette fin, il a retenu récemment les services d’un avocat belge, qui a expédié, en son nom, une mise en demeure à l’ex-députée wallonne à l’origine des allégations, Emily Hoyos, l’intimant de se rétracter.

Cette dernière a cependant refusé d’obtempérer, forçant l’ancien député libéral à examiner la possibilité d’intenter une poursuite contre elle, malgré le fait qu’elle vive à l’étranger.

En parallèle, M. Chagnon veut s’attaquer au géant Google et tenter de faire effacer de son moteur de recherche tous les articles de presse incriminants, qui laissent croire qu’il a eu une conduite déplacée envers l’ancienne députée belge, lors d’une visite au parlement du Québec en 2011.

Pas question d’accepter de passer aux yeux de tous pour « un obsédé, un agresseur sexuel », a affirmé M. Chagnon en entrevue téléphonique, se disant « outré » et « blessé », remué par toute cette histoire, susceptible, selon lui, de lui nuire dans la conduite des divers mandats qu’il assume dans les Parlements étrangers.

« j’ai vraiment été choqué »

En mai 2011, M. Chagnon avait accueilli une délégation de sept parlementaires belges, dont faisait partie la présidente d’alors du Parlement wallon, Emily Hoyos.

Dans une entrevue diffusée neuf ans plus tard, en mai dernier, à la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF), Mme Hoyos a fait référence à cette visite au Québec, en affirmant que le « président » avait eu alors des comportements déplacés envers elle, sous forme d’attouchements, d’abord lors de la prise d’une photo de groupe dans le grand escalier du parlement, puis pendant le repas qui a suivi. Il lui aurait touché les fesses lors de la photo et les cuisses pendant le repas, selon le reportage.

Mme Hoyos n’a cependant jamais porté plainte. Interpellée à la suite de ce reportage par d’autres médias, elle a refusé d’en rajouter ou de se rétracter, disant vouloir « tourner la page ».

Par l’entremise de son avocat, elle aurait tout de même affirmé dernièrement avoir été mal citée, selon M. Chagnon, qui n’avait jamais entendu parler de ces allégations avant la diffusion du reportage de RTBF, en mai dernier.

« J’ai vraiment été choqué » en prenant connaissance du reportage, raconte-t-il, convaincu que les prétentions de l’ex-députée ne tiennent tout simplement pas la route. D’ailleurs, « je n’ai jamais été seul avec elle » durant toute la visite, assure-t-il, ajoutant que ce n’est pas son « genre » d’agir de la sorte avec les femmes.

De plus, en tout temps, plusieurs personnes étaient présentes lors des activités mentionnées et aucun témoin n’a corroboré les allégations de Mme Hoyos, précise l’ancien président, notant au passage que c’est sous sa gouverne, en 2015, que l’Assemblée nationale s’est dotée d’une politique contre le harcèlement, psychologique ou sexuel.

Fresh Express

Rappel de salades possiblement contaminées

Des salades de la marque Fresh Express possiblement contaminées par le parasite microscopique Cyclospora font l’objet d’un rappel à l’échelle nationale, a annoncé dimanche soir l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Les produits visés ne doivent pas être consommés. Ils sont aux parfums suivants : Cheddar au chipotle, L’Américaine, Thai et noix de cajou, Amateur de légumes, Tournesol croquant, Jardin Iceberg, « SHREDS », Verte et croustillante, Asiatique, Sud-Ouest et Chou. Les emballages portent des dates de péremption allant du 8 au 14 juillet. « Les aliments contaminés par Cyclospora ne présentent pas nécessairement d’altération visible ni d’odeur suspecte, mais peuvent quand même vous rendre malade », insiste l’ACIA.

— La Presse canadienne

Contrat de WE Charity

Les conservateurs demandent une enquête

Les conservateurs fédéraux demandent une enquête sur la décision du gouvernement libéral de confier à un organisme de bienfaisance international la gestion d’un programme de 900 millions destiné à aider les étudiants pendant la pandémie de COVID-19. Dans une lettre adressée dimanche à la vérificatrice générale Karen Hogan, les conservateurs affirment que la décision de « sous-traiter » la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant à WE Charity mine la capacité du Parlement à surveiller le programme. Ils notent également les liens antérieurs du premier ministre Justin Trudeau avec l’organisation. M. Trudeau a défendu la semaine dernière la décision d’engager WE Charity pour administrer le programme malgré les liens du groupe avec le premier ministre et sa femme, qui anime l’une des baladodiffusions de l’organisation. — La Presse canadienne

« Les CHSLD de l’hécatombe »

Le texte de la une de La Presse+ du dimanche 28 juin qui présentait la manchette « Les CHSLD de l’hécatombe » comportait une erreur. Nous avons écrit : « Deux points communs aux 10 pires cas recensés : Laval et le privé conventionné ». Or, il aurait fallu lire « privé non conventionné ». L’erreur n’est pas reproduite dans le texte de l’écran 2, pas plus que sur nos autres plateformes. Nos excuses.

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