Un retour aux sources réussi pour Matthew Fitzpatrick

Le Country Club de Brookline, au Massachusetts, occupera à jamais une place de choix dans le cœur de Matthew Fitzpatrick. En 2013, c’est là qu’il avait remporté le Championnat amateur américain. Dimanche, c’est là qu’il a gagné l’Omnium des États-Unis.

C’est en pleurs que l’Anglais a célébré sa première victoire sur le circuit de la PGA avec sa mère et son frère, après un roulé raté de Will Zalatoris qui aurait provoqué une prolongation.

« Je n’ai pas de mots. C’est ce à quoi je rêve depuis si longtemps », a-t-il expliqué après le tournoi.

Fitzpatrick, de nature timide et réservée, passe toujours un peu sous le radar, mais cette victoire lui procurera certainement une réputation à la hauteur de son talent.

À 27 ans, il n’avait jamais triomphé aux États-Unis. Mis à part sa cinquième place il y a quelques semaines au Championnat de la PGA, il n’avait jamais vraiment connu de succès en tournoi majeur. « Avoir un majeur comme première victoire, c’est extraordinaire. »

La progression du 18joueur mondial laissait quand même présager qu’il allait savourer avant longtemps un titre important. La prophétie s’est finalement réalisée. Fitzpatrick a remporté le tournoi avec un pointage de - 6.

Des nerfs d’acier

Fitzpatrick est non seulement un excellent golfeur, mais aussi un étudiant exceptionnel.

Depuis ses débuts dans le monde du golf, il note chacun de ses coups. Que ce soit dans ses rondes d’entraînement ou dans la dernière ronde d’un tournoi majeur. Après chaque frappe, il écrit dans son carnet toutes sortes de données comme le bâton utilisé, la météo, la direction du vent, le type de gazon, la distance, la courbe et la direction de la balle, entre autres. Si bien qu’il est équipé pour faire face à toutes sortes de situations, parce qu’il a étudié méticuleusement toutes sortes de situations.

Même si le parcours de Brookline représente un défi de taille, notamment en raison de l’herbe longue et de la position des fosses de sable, Fitzpatrick a pris avantage de jouer à la maison, d’une certaine manière. Il avait déjà gagné sur ce parcours. Il s’agissait alors de répéter l’exploit.

Il avait amorcé la journée au premier rang, à - 4, à égalité avec Zalatoris, qui était lui aussi en quête de son premier titre.

Fitzpatrick a connu un bon neuf d’aller en remettant une carte de 33 (- 2). Même s’il était en contrôle, le plus difficile pour lui était de faire fi, le plus possible, des joueurs qui bataillaient à ses côtés pour la victoire. D’un côté, son partenaire de jeu, Zalatoris, qui est toujours performant dans les tournois majeurs et qui s’était incliné en prolongation devant Justin Thomas lors du dernier Championnat de la PGA. De l’autre, Scottie Scheffler, meilleur joueur au monde et champion en titre du Tournoi des Maîtres.

Tous ces joueurs ont à un moment ou un autre détenu la tête, grâce à des coups de grande qualité. Fitzpatrick a même eu la frousse au début du neuf de retour alors qu’il a trébuché avec deux bogueys aux 10e et 11e trous. Il a notamment eu besoin de trois roulés pour terminer le 11e.

Alors que la lutte entre « Fitz » et « Willy-Z » était à son comble au 13e, le trou le plus difficile du parcours, Fitzpatrick a fait bondir la foule bostonienne avec un très long roulé de plusieurs dizaines de pieds pour réussir l’oiselet. Rarement expressif, il a levé le poing et crié sa satisfaction. À partir de ce moment, Fitzpatrick était en mission et il n’a plus jamais regardé derrière.

« J’ai eu beaucoup de patience. Je voulais rester concentré et bien faire sur les 18 verts. J’ai bien fait aujourd’hui et c’est ce que ça prenait. »

– Matthew Fitzpatrick

Au 15e, après un coup erratique sur la droite, il a profité du gazon piétiné par les partisans pour placer son deuxième coup sur le vert. En contrepartie, Zalatoris n’a pas eu la même chance. L’Anglais a calé un autre long roulé, cette fois pour prendre les devants par deux.

Alors qu’il se dirigeait vers la victoire, avec un coup d’avance au dernier trou, le futur champion a envoyé son coup de départ dans une fosse de sable sur la gauche. Une position loin d’être idéale, puisqu’il avait les pieds surélevés et un angle d’attaque quasi nul.

« J’ai longtemps pensé à mon départ au 18e et je ne voulais surtout pas aller dans le sable. »

Il a envoyé son coup d’approche directement sur le vert, et le reste fait maintenant partie de l’histoire.

« Finalement, j’ai frappé l’un des plus beaux coups de ma carrière », a-t-il précisé.

Une carrière qui sera à jamais définie comme celle d’un gagnant de tournoi majeur.

Consultez le classement final (en anglais)

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