Marc Tanguay veut « simplifier le message » du PLQ

Lac-Beauport — Marc Tanguay estime que la défaite cinglante subie par le Parti libéral du Québec (PLQ) lors des dernières élections s’explique par la difficulté des libéraux à résumer aisément des propositions politiques complexes. Il promet de « simplifier le message » et de miser plus que tout sur la défense des droits et libertés ainsi que sur les enjeux économiques.

Selon le chef libéral par intérim, qui remplace l’ex-cheffe Dominique Anglade jusqu’au terme d’une future course à la direction, le projet « éco » – du développement économique régional basé sur des investissements dans les énergies renouvelables – était un engagement difficile à expliquer aux Québécois.

« [C’est] un projet phare que nous avons proposé durant la campagne électorale, qui est une vision 2050, sur le long terme. C’était très difficile de pouvoir le traduire en quelques secondes ou en quelques minutes », a-t-il dit en marge du caucus présessionnel du parti à Lac-Beauport, au nord de Québec.

« Il faut simplifier le message sur des questions qui sont très complexes. C’est un élément sur lequel je travaille tous les jours. »

– Marc Tanguay, chef par intérim du PLQ

Au cours des prochains mois, les libéraux retourneront sur le terrain, dans les régions, pour comprendre pourquoi une majorité d’électeurs les ont boudés aux urnes. L’opposition officielle à Québec compte 19 députés, dont un seul à l’extérieur du Grand Montréal (André Fortin, dans la circonscription de Pontiac, en Outaouais). Elle en comptait 21 le 3 octobre dernier, avant la démission de Dominique Anglade et l’exclusion de la députée de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols.

Le PLQ devra également défendre son siège dans la circonscription de Saint-Henri–Sainte-Anne, à Montréal, laissé vacant par le départ de Mme Anglade. « Nous sommes en analyse. Il y a plusieurs candidats [potentiels] », a dit M. Tanguay, alors que son principal vis-à-vis dans cette élection partielle, Québec solidaire (QS), a déjà annoncé que l’avocat en immigration Guillaume Cliche-Rivard portera à nouveau les couleurs du parti de gauche lors de cette future élection.

Un « équilibre » avec la disposition de dérogation

En plus des enjeux économiques et de pénurie de main-d’œuvre, Marc Tanguay a affirmé mardi que la protection des droits et libertés constituait l’ADN du Parti libéral, à un moment charnière pour le parti, alors qu’il doit se rapprocher de la majorité d’électeurs francophones qui lui tournent le dos.

Le chef libéral juge « excessive et déraisonnable » l’utilisation que fait François Legault de la disposition de dérogation dans ses lois sur la laïcité et la langue française. Il soutient que le débat juridique sur la question, qui pourrait atterrir devant la Cour suprême, pourrait baliser le pouvoir des provinces de suspendre des droits prévus par les chartes.

Dans une entrevue publiée samedi dans La Presse, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a affirmé que le fédéral envisageait de soumettre un renvoi à la Cour suprême du Canada pour obtenir son avis sur l’utilisation faite par plusieurs provinces de la disposition de dérogation. Ce mécanisme, prévu dans la Constitution canadienne, permet à un gouvernement de suspendre des articles de la Charte canadienne des droits et libertés pour une période de cinq ans. Il a notamment été appliqué par Québec lors de l’adoption des lois 21 et 96 sur la laïcité et la protection du français.

Marc Tanguay dénonce l’utilisation « préventive » de la disposition de dérogation qui a été faite par le gouvernement Legault ces dernières années.

« De le faire de façon totale et préventive, ça ne tient pas la route », a-t-il dit.

Le chef du PLQ a également ajouté que « l’usage des clauses dérogatoires doit se faire de façon ciblée et de façon raisonnable, pas comme le fait [François Legault] ». Selon lui, le gouvernement caquiste agit de façon « excessive et déraisonnable ».

« C’est sans précédent, le faire de façon préventive pour tous les articles avant même qu’il y ait eu un débat. […] Si le débat [juridique] n’a pas lieu, vous mettez le couvercle sur la marmite et vous dites aux Québécois : vous n’avez plus de droits. C’est un déséquilibre, et moi, je ne veux pas vivre dans un Québec sans charte québécoise [des droits et libertés] », a dit M. Tanguay.

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