Anthony D’Amours

Un hockeyeur au grand cœur

Anthony D’Amours est connu à Rimouski comme Barabbas dans la Passion.

Le jeune homme de 21 ans a participé à la campagne de financement de Leucan. À celle du fonds Cédric-Finn. À celle de la fondation de l’hôpital local. Il rend visite aux enfants malades. Il participe à des Patin-O-Thon pour aider les clubs de hockey de la région. Tout ça en marge de ses études en mécanique industrielle, au cégep de Rimouski, où il est un premier de classe.

Ah oui. J’allais oublier un détail.

Anthony était jusqu’à ce printemps défenseur et adjoint au capitaine de l’Océanic de Rimouski, dans la LHJMQ. Pas surprenant que l’auteur François Bérubé ait fait de lui un des personnages de son roman jeunesse, Un but à la fois*.

Vous aurez compris qu’Anthony D’Amours n’est pas un hockeyeur tout à fait comme les autres. Une impression confirmée par l’entraîneur-chef de l’Océanic, Serge Beausoleil, qui l’a beaucoup côtoyé ces quatre dernières années.

« Anthony, ce n’est pas le gars qui fait de grands discours dans le vestiaire. C’est un jeune homme discret. Réservé. Il a une grande empathie envers les gens. C’est aussi un gars vrai. Authentique.

— Que veux-tu dire ?

— Je vais te raconter une anecdote. Chaque camp d’entraînement, on demande aux gars comment ils se sont entraînés pendant l’été. Ne me réponds pas que tu es allé au gym le matin, au golf l’après-midi et que tu as gamé toute la soirée sur ta console. Si tu veux que je te choisisse, dis-moi que tu travailles. Que tu mets la main à la pâte. Que tu vis la vraie vie. Arrive le tour d’Anthony, avant la saison dernière. Il me dit : “Cet été, mon père avait besoin que je lui coupe 150 cordes de bois. Alors je lui ai livré 150 cordes.” Penses-y : 150 cordes [rires]. C’est du bois, ça, mon homme ! »

Il faut dire qu’Anthony D’Amours connaît très bien la forêt.

« Je viens d’une famille de bois, me raconte-t-il. Mon père est bûcheron. Mes deux grands-pères aussi. C’est le milieu dans lequel j’ai grandi. »

« Mon père possède plusieurs terres à bois à Sainte-Françoise, près de chez nous, à Trois-Pistoles. Tous les étés, lorsque je jouais pour l’Océanic, mon père me disait : “Si tu viens m’aider à bûcher du bois, je vais te laisser faire ton horaire. Tu travailleras jusqu’à l’heure que tu voudras. Après, si tu as des entraînements, je pourrai te libérer, pas de problème.” »

Anthony et son frère ont notamment pris soin de l’érablière familiale. « Il faut abattre les arbres morts. Faire l’entretien du chemin. Préparer le bois de chauffage aussi. Manipuler tout ça, c’est le fun. Le faire avec mon père, c’est encore plus drôle. »

Cet amour pour la nature l’a incité à vouloir en faire plus pour l’environnement. L’été dernier, Anthony a commencé à échanger des idées avec le directeur des communications de l’Océanic, Nicolas Thibeault-Dallaire. Ensemble, ils ont eu un flash.

Un but, un arbre.

C’est quoi ?

Pour chaque but marqué par l’Océanic, l’équipe allait planter un arbre sur le terrain du Colisée de Rimouski.

« Dans le passé, explique Anthony, je m’étais surtout impliqué dans des causes pour la santé et les enfants. Cette année, je voulais faire une différence pour l’environnement. On en parle beaucoup. C’est vraiment important pour notre avenir. Si on peut faire un petit pas pour aider, tant mieux. Je sais que ce n’est pas grand-chose, mais ça reste un geste important à poser. »

L’Océanic vient donc de planter 104 arbres. Des érables rouges. Des épinettes blanches. Des mélèzes. Des bouleaux. Des lilas. Des pins. Des sorbiers. Les environs du Colisée sont maintenant plus verts. Et plus invitants.

Un projet emballant, qui a valu à Anthony le prix de joueur humanitaire de l’année dans la LHJMQ. C’est son amoureuse qui le lui a annoncé, de la façon la plus cuuuuuute possible. Déposez votre café deux minutes. Ça vaut la peine de regarder la vidéo. Surtout les 15 dernières secondes. Et préparez vos mouchoirs. Vous en aurez besoin.

Serge Beausoleil est lui aussi « très fier » du parcours d’Anthony.

« Anthony est vraiment altruiste. Il donne son temps pour les autres. Il est sérieux, déterminé, et il prêche par l’exemple. Ce sont des valeurs fondamentales, qui transcendent le hockey, et qu’on souhaite transmettre à nos plus jeunes joueurs. »

* * *

Anthony D’Amours a maintenant 21 ans. Il est trop vieux pour continuer son stage dans la LHJMQ. Sa carrière de hockeyeur élite est probablement terminée – et il en est conscient. Alors, de quoi sera fait l’avenir ? S’impliquera-t-il dans le milieu communautaire ? En politique ? Il s’esclaffe.

« Ha ! Ha ! Ha ! Sérieux, pour le moment, je n’y pense pas vraiment. J’en ai vraiment plein les bras ! Ce que je sais, par contre, c’est que je vais moins jouer au hockey, alors ça me permettra de m’investir davantage dans mes autres projets.

— Veux-tu devenir bûcheron ?

— Pas vraiment. Je m’enligne plus pour devenir mécanicien industriel. Mais mon frère et moi, c’est sûr qu’on veut reprendre un jour l’érablière familiale. Elle était à mon grand-père. Puis là, à mon père. Je connais les bases, je sais déjà un peu comment ça fonctionne, mais j’aimerais en apprendre davantage dans les prochaines années. »

Et avant de quitter l’Océanic, Anthony a laissé ses coordonnées à la présidente de la Fondation du Centre hospitalier régional. « Comme j’ai l’intention de rester dans le coin de Rimouski, j’aimerais ça continuer de m’impliquer. Si elle a besoin de bénévoles pour un évènement, elle n’a qu’à m’appeler. Elle a mon numéro ! »

* La totalité des fonds amassés par la vente d’Un but à la fois a été remise à la Fondation du Centre hospitalier régional de Rimouski.

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