Le phénomène des Bridgerton vu par leur autrice

Véritable succès sur Netflix, l’adaptation télévisée de La chronique des Bridgerton a su charmer – et faire rougir – des millions d’abonnés. Un an plus tard, avec la deuxième saison qui arrivera d’ici quelques semaines ainsi que la réédition du dernier tome de la série qui vient tout juste d’arriver en librairie, la saga familiale ancrée au XIXe siècle continue de soulever les passions. Retour sur le phénomène avec son autrice, Julia Quinn.

En 2000, alors qu’elle publiait Daphné, le tout premier livre de La chronique des Bridgerton, Julia Quinn était loin d’imaginer sa création adaptée au petit écran pour Netflix ou le succès qu’elle connaîtrait… plus de 20 ans plus tard.

Près d’un an après la sortie des huit épisodes, l’autrice affirme être encore sur un nuage : « J’ai toujours rêvé grand, mais je n’avais jamais rêvé aussi grand. Et ça prend aujourd’hui différentes formes. Par exemple, on a parlé de la série à Saturday Night Live. Jamais je n’aurais cru que quelque chose que j’ai écrit serait tourné en blague à cette émission ! C’est extraordinaire. Vous savez, j’ai encore des moments où je dois me pincer », explique la romancière américaine, un sourire dans la voix.

Bien qu’elle raconte surtout avoir vécu sa plus grande surprise, il y a quelques années, lors du tout premier appel de la productrice Shonda Rimes (Dre Grey, leçons d’anatomie, Scandale), Julia Quinn a accueilli avec beaucoup de joie la diffusion de la série l’hiver dernier. Elle se dit d’ailleurs très heureuse du travail accompli par l’équipe de production qui s’est éloignée à quelques reprises du roman tout en conservant son essence.

« C’est merveilleux d’avoir soudainement autant de personnes qui aiment quelque chose que tu as créé, qui en parlent ou le partagent. »

– Julia Quinn, autrice de La chronique des Bridgerton

La chronique des Bridgerton invite le public à voyager en Angleterre, au XIXe siècle. Grâce à une mystérieuse narratrice du nom de Lady Whistledown, on découvrira les secrets les plus intimes de cette riche et fictive société londonienne. Les huit premiers tomes de la série portent respectivement sur les huit enfants de la famille Bridgerton, soit Daphné, Anthony, Benedict, Colin, Éloïse, Francesca, Hyacinthe et Gregory. Des années plus tard, le neuvième et dernier ouvrage, dont la réédition vient d’arriver en librairie, rassemble de son côté les dénouements de leurs destins respectifs.

Une adaptation arrivée à point

Au petit écran, la première saison de Bridgerton, basée sur le livre Daphné, aborde quant à elle plus précisément l’entrée de Daphnée Bridgerton (Phoebe Dynevor) dans le monde des adultes. Bien qu’en quête d’un amour sincère, l’aînée de la famille sera rapidement poussée à prendre mari, comme toutes les femmes de son âge. Or, sur son chemin, elle attirera l’attention du mystérieux Simon Basset (Regé-Jean Page), duc de Hastings, celui que toutes les filles s’arrachent.

Si l’humour piquant des dialogues, les nombreuses scènes intimes et la sensibilité des personnages ont su populariser l’émission, Julia Quinn souligne que l’adaptation télévisée tout comme les rééditions de ses livres sont arrivées à un moment clé de la pandémie. Alors que bien des gens étaient confinés chez eux devant leur écran… seuls.

« La série est sortie pendant une période où nous avions tous besoin de connexions humaines. Et c’est une histoire qui célèbre ça ! », explique celle dont les romans sont traduits en plus de 35 langues.

Bien que le phénomène ne soit pas nouveau, l’autrice le reconnaît : l’adaptation a permis à un plus grand auditoire de découvrir ses écrits. « Vous savez, par exemple, mes romans sont offerts en français depuis longtemps, mais pas au Canada. Grâce à la série, [Flammarion Québec] a eu envie de développer sa propre édition. Mes livres sont ainsi offerts dans de nouveaux pays, mais le nombre de mes traductions aussi a augmenté. »

À la défense de la romance

Julia Quinn, qui a fait paraître son tout premier ouvrage à 24 ans, compte aujourd’hui plus d’une quarantaine d’œuvres. Au fil des ans, elle s’est spécialisée dans les romans d’amour historiques. Un genre qu’elle défend devant ceux qui ne le considéreraient pas comme digne d’être « littéraire ».

« Si vous mettez ensemble les huit épisodes [de Bridgerton], ça forme un roman d’amour historique. Bien des gens, avant de voir la série, n’avaient que des idées préconçues de ce en quoi consiste ce genre. […] Ces histoires sont populaires en général, mais il y a beaucoup de personnes qui les regardent de haut. »

Pour l’autrice, le phénomène Bridgerton sur Netflix a ainsi permis à bon nombre de personnes de plonger dans ses livres sans appréhension, en étant déjà attachées à l’univers et au ton.

« C’est un type de roman qui rejoint beaucoup de monde, souligne l’écrivaine. La plupart des gens veulent tomber amoureux. Ça fait partie de nous. Tout le monde peut connecter avec le genre d’histoires qui se terminent bien. […] Ça me fait rire quand on parle de Roméo et Juliette comme d’une grande histoire d’amour. Ils meurent à la fin ! C’est une tragédie ! Moi, je veux mettre en valeur des romans qui finissent bien. »

La deuxième saison de La chronique des Bridgerton sera sur Netflix à partir du 25 mars.


La chronique des Bridgerton, tome 9 — Des années plus tard

Julia Quinn

Flammarion Québec, 312 pages



Les Rokesby, tome 1 : À cause de Mlle Bridgerton

Julia Quinn

Flammarion Québec, 384 pages

« Antépisode » de La chronique des Bridgerton, en librairie le 3 février


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