Un mini-album surprise de Justin Bieber

Justin Bieber a surpris son public dimanche soir en dévoilant un mini-album de six chansons intitulé Freedom. Il fait suite à son album Justice, sorti le 26 mars dernier. Freedom se distingue par son caractère spirituel et ses influences gospel. On y retrouve des collaborations avec Brandon Love, Tori Kelly, Judah Smith et Pink Sweats. Rappelons que Justin Bieber a été un adepte de l’église chrétienne évangélique Hillsong Church. Or, en janvier dernier, il a dit faire partie de Churchome. La foi est très importante dans sa vie, qu’il partage avec sa femme, Hailey Bieber. — Émilie Côté, La Presse

Garçon chiffon

Nathalie Baye et Nicolas Maury : pour l’amour du cinéma

Révélé au grand public grâce à la série Appelez mon agent, Nicolas Maury propose aujourd’hui un premier long métrage à titre de réalisateur. Dans cette comédie dramatique, où il tient aussi le rôle principal, Nathalie Baye lui donne la réplique. Entretien.

Ils se sont rencontrés sur le plateau d’Appelez mon agent (Dix pour cent est le titre en France), cette série ayant pour cadre une agence artistique, dans laquelle Nicolas Maury incarne l’attachant personnage d’Hervé. Toujours intéressée par les projets que peuvent lui proposer de jeunes cinéastes, Nathalie Baye a d’abord été émue et touchée à la lecture du scénario que lui avait fait parvenir le comédien. Pour l’actrice, la qualité d’un script fait d’abord foi de tout.

« Même s’il peut être terriblement émouvant, touchant et intéressant de rencontrer un cinéaste qui en est à son premier film, je ne peux pas donner mon accord si le scénario n’est pas à la hauteur, a-t-elle indiqué au cours d’un entretien en visioconférence réalisé dans le cadre des Rendez-vous du cinéma français d’Unifrance. En revanche, s’il me plaît, on en parle, bien sûr. Quand je me rends compte que le projet est vraiment intéressant et que je peux être à la hauteur de ce qu’on me propose, il n’y a alors aucune raison de ne pas y aller, même si le cinéaste a très peu d’expérience. Rien n’est plus merveilleux que d’accorder sa confiance à quelqu’un. On peut parfois se tromper, mais ça fait partie du jeu. »

Jalousie, quand tu nous tiens…

Dans Garçon chiffon, long métrage retenu dans la sélection officielle du Festival de Cannes l’an dernier, Nathalie Baye incarne la mère de Jérémie, comédien dont la carrière a du mal à prendre son envol, interprété par Nicolas Maury lui-même. Ce dernier trouve refuge chez elle, dans le Limousin, après que le couple qu’il formait avec Albert (Arnaud Valois) a éclaté à cause de ses nombreuses crises de jalousie.

« Le film de Nicolas, je l’ai vu plusieurs fois maintenant, est encore plus fort que ce que j’espérais. Il ne ressemble à aucun autre. Il est à la fois très particulier, très tendre et attachant. »

— Nathalie Baye

Étonné – et ravi – par les réactions suscitées par le personnage qu’il interprète dans Appelez mon agent, Nicolas Maury voit presque un acte politique dans le fait de proposer dans son long métrage un héros affichant un modèle de masculinité différent de celui qu’on retrouve habituellement au cinéma. Un peu comme si Hervé, qui est maintenant connu partout dans le monde grâce au rayonnement qu’a assuré Netflix à la série, avait ouvert la voie à Jérémie.

« On change un peu du vocabulaire habituel du héros communément représenté, fait remarquer le cinéaste. Je l’ai fait parce que j’aurais aimé voir un film comme ça quand j’avais 14 ans dans mon petit village du Limousin. Je reçois des messages de garçons du monde entier qui me remercient parce que Hervé les aide à se faire accepter tels qu’ils sont par leur père à table. Sans être grandiloquent, je crois qu’à titre d’acteur, on peut empêcher certains malheurs. Il y a trop de suicides. »

Une pulsion d’amour

Sans être autobiographique, même si le cadre est le même que celui dans lequel Nicolas Maury a vécu son enfance, Garçon chiffon est d’évidence nourri par le regard que pose aussi le cinéaste sur le parcours d’un acteur. Il évoque notamment les difficultés qui se dressent devant lui, quitte à égratigner le milieu du cinéma au passage, même s’il se dégage de l’ensemble un amour incommensurable pour son art.

« Ça part du plus loin que me reviennent mes amours anciennes ! explique-t-il. L’idée est née de mon amour du cinéma. J’ai toujours aimé regarder les grandes actrices, comme Nathalie, les grands acteurs, les grands metteurs en scène. Ce film est né d’une pulsion d’amour. Après, c’est bien beau d’aimer, mais il faut s’engager, aller au charbon. Peut-être parce que je viens du théâtre, j’adore les dialogues, l’art de la conversation, et les cinéastes qui les mettent en valeur. De Jean Renoir à Sacha Guitry, et puis Éric Rohmer, évidemment. Et aussi Jacques Rivette, Woody Allen, Judd Apatow… Comme si la libido du dialogue s’entremêlait au silence, ce qui peut paraître contradictoire. »

« J’ai voulu filmer Nathalie dans ce que j’imagine qu’elle me donne de sa nudité, de sa crudité. Ces envies peuvent paraître bien abstraites, mais elles sont très concrètes pour moi ! »

— Nicolas Maury, réalisateur

Si le personnage que joue Nicolas Maury dans son long métrage peut laisser entrevoir une certaine fragilité, Nathalie Baye a été de son côté impressionnée par l’assurance et la volonté du cinéaste pendant le tournage.

« Nicolas est quelqu’un d’extrêmement fort, confie-t-elle. C’est un homme d’une très grande sensibilité, d’une très grande délicatesse, mais on s’aperçoit qu’en définitive, c’est un colosse. Sur le plateau, quelqu’un a un jour passé une remarque à propos du scénario et Nicolas l’a arrêté tout de suite, au point qu’on aurait pu entendre une mouche voler. Il a eu la poigne nécessaire pour ne pas se laisser déstabiliser et il a eu entièrement raison. Il a été solide et j’ai trouvé ça magnifique. »

Une chambre à soi

Nicolas Maury fait partie de ces cinéastes dont la personnalité nourrira toujours les projets auxquels il s’attaquera, peu importe la nature.

« Comment ne pas mettre de soi quand on écrit ? Je ne pourrais pas y arriver autrement. Mais peu importe ce qu’on pourrait me demander de filmer, je le ferais à travers mon point de vue, ma caméra. C’est une chambre à soi qu’on offre au monde. Ce film est un conte contemporain construit autour de l’histoire d’une réparation et d’une mutation. Et puis, il y a toujours des surprises chez les êtres de sa famille dont on croit tout connaître. J’avais envie de parler de ça. »

Garçon chiffon prendra l’affiche en salle le 9 avril.

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