Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez

Du cinéma québécois dans les Alpes

Un an après avoir fait le voyage pour présenter trois films dans lesquels il jouait au Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez, Antoine Bertrand est de retour en France à titre de juré pour l’évènement. Le film 23 décembre, présenté en compétition officielle, y a reçu un accueil chaleureux.

Antoine Bertrand sortait tout juste de la première projection de 23 décembre au Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez lorsque La Presse l’a eu au bout du fil, jeudi. « Il y a eu une bonne claque après », assurait-il, en faisant référence aux applaudissements qui ont retenti dans la salle. India Desjardins, scénariste du film réalisé par Miryam Bouchard, confirme elle aussi que « l’accueil a été chaleureux ».

« On était assez impressionnés. Guylaine [Tremblay] est universelle : elle fait rire partout ! », se réjouit la scénariste, qui a fait le voyage en France avec l’équipe du film. Elle a ressenti de la fierté en entendant des sifflets joyeux parmi les applaudissements. Et aussi beaucoup de soulagement.

L’équipe et elle n’abordaient pas cette première projection hors Québec avec une confiance en béton, malgré le succès remporté par 23 décembre au Québec. Le film, rappelons-le, s’est vite hissé en tête du box-office québécois de 2022 et a franchi la barre des 2 millions de recette. « On repartait à zéro », illustre toutefois la scénariste.

India Desjardins avoue même avoir eu une poussée d’anxiété avant la projection. Elle se demandait notamment si le public français comprendrait bien le film. « Il y a beaucoup de blagues qui ont des références typiquement québécoises », souligne-t-elle. 23 décembre est aussi truffé d’expression d’ici qui ne sont pas forcément familières aux Français. Les rires et les commentaires des spectateurs l’ont rassurée. La scénariste a par ailleurs constaté avec bonheur que, même si l’histoire qu’elle a tricotée est campée dans le temps des Fêtes, « le film se regarde bien hors Noël », comme elle dit.

La présentation de 23 décembre en France constitue un premier pas pour faire vivre le film hors Québec.

« On voudrait exporter le film. Une projection comme ici peut attirer l’attention. »

— Patrick Roy, distributeur, Immina Films

23 décembre suscite de l’intérêt en France depuis sa sélection au festival alpin, assure le distributeur Patrick Roy, d’Immina Films, et des discussions auraient même déjà lieu, tant en vue d’une distribution en France qu’au sujet d’éventuelles nouvelles versions du film dans l’Hexagone ou ailleurs.

Le spectateur idéal

L’enthousiasme provoqué par 23 décembre a aussi suscité une certaine fierté chez Antoine Bertrand, qui voyait le film pour la première fois. Sur ce plan, il se trouve donc sur un pied d’égalité avec les autres membres du jury présidé par l’actrice Karin Viard, une amie à lui. « Quand je suis à Paris, je reste chez elle, indique-t-il. Elle m’appelle son ado québécois parce qu’elle trouve que je me lève tard… »

Le comédien juge par ailleurs que sa distance avec le milieu du cinéma français lui donne du recul et le place dans une position favorable dans le jury. « Je trouve que je suis le spectateur idéal, observe-t-il. Je ne connais pas les acteurs ni les réalisateurs personnellement. Je n’ai aucun a priori. » Il avoue du même souffle être « bon public », que ce soit pour du drame ou de la comédie. « Comme je sais tout l’ouvrage qu’il y a dans les comédies, ajoute-t-il, j’ai un très grand respect pour les gens qui en font. »

« On juge avec notre cœur, dit-il encore. Il n’y a pas de politique là-dedans. Karin [Viard], c’est la personne la plus no bullshit que je connais à Paris. » Et à ses yeux, les autres membres du jury sont eux aussi « des gens de cœur ».

Le Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez se tient jusqu’à dimanche.

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