Une soirée pour célébrer Bruce Roberts

Jeudi, des personnalités du milieu artistique sont attendues au Victoria Hall de Westmount pour célébrer la vie et l’œuvre du dessinateur montréalais Bruce Roberts, disparu le 29 août dernier à l’âge de 76 ans.

Illustrateur au style flamboyant, Bruce Roberts a collaboré à plusieurs journaux au cours de sa prolifique carrière, en plus de poser sa griffe sur de nombreuses couvertures de romans et d’albums jeunesse. Il a aussi travaillé sur des projets publicitaires, dont des affiches, et on a pu voir son travail sur des emballages de produits. Il est notamment reconnu pour ses nombreux dessins de chevaux.

« Bruce était un illustrateur très prolifique, raconte sa compagne Anna Gedalof. Il a collaboré à différents journaux pendant 30 ans et a aussi enseigné à l’UQAM pendant des années. »

Alors qu’il agissait à titre de directeur artistique à La Presse, Julien Chung a souvent fait appel au talent particulier du dessinateur originaire de Grande-Bretagne, mais qui a passé la majeure partie de sa jeunesse en Ontario et aux États-Unis.

« Bruce était comme ses dessins, exubérant. Il était aussi fou que ses lignes étaient folles. C’était quelqu’un de très vivant, de très spontané. Un personnage hors norme avec une façon de penser déjantée. Ses personnages et ses animaux étaient très originaux. »

– Julien Chung, qui a travaillé auprès de Bruce Roberts

En 2004, Bruce Roberts a d’ailleurs remporté le SI New House Award of Excellence pour son travail dans le cahier Vacances/Voyage de La Presse en décembre 2003. « C’est un prix prestigieux qui est décerné aux meilleures illustrations publiées dans les journaux du monde entier », explique Julien Chung.

Ses illustrations pour l’album pour enfants Les fidèles éléphants (éditions 400 coups) ont aussi été récompensées par le Prix du gouverneur général en 2001.

« Ses dessins parlaient à tout le monde, estime Anna Gedalof. Avec un minimum de lignes, il arrivait à dire beaucoup de choses. Son trait de crayon était très libre. Bruce était aussi très fier, lorsqu’il représentait des gens issus des différentes communautés, de ne jamais tomber dans les stéréotypes.

« Dans les années 1980, il dessinait souvent pendant les pièces de théâtre et allait dans les coulisses après le spectacle vendre son travail aux comédiens, se souvient Mme Gedalof. Les comédiens n’étaient pas bien riches, mais plusieurs d’entre eux ont acheté ses dessins. Il a profondément touché le milieu culturel québécois. Et jeudi soir, on va fêter sa mémoire. »

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