COMMERCE DE DÉTAIL

Frank And Oak se place à l’abri de ses créanciers

Le détaillant de vêtements Frank And Oak se place à l’abri de ses créanciers et entend recentrer ses efforts sur le commerce en ligne. Ses dettes s’élèvent à 19 millions de dollars, selon Le Journal de Québec. L’entreprise québécoise fondée en 2012 se concentrait à l’origine sur les vêtements pour hommes, avant d’entrer dans le marché féminin en 2017. Selon le registre des entreprises, Frank And Oak, reconnue pour la vente de vêtements en ligne, compte de « 100 à 249 employés » au Québec. Joint par La Presse, le cofondateur et chef de l’exploitation, Hicham Ratnani, a indiqué que « comme beaucoup de marques et de détaillants, Frank And Oak a été durement affecté par la pandémie de COVID-19 et a donc dû prendre la décision difficile de déposer un avis d’intention […]. La société entend restructurer ses activités et canaliser ses efforts sur le renforcement de ses opérations en croissance continue de commerce en ligne, qui ont toujours été au cœur de la marque depuis le début. » Frank And Oak a été fondée par Hicham Ratnani et Ethan Song. Ce dernier a quitté l’entreprise en mars dernier. — Isabelle Massé, La Presse

BLACK OPPORTUNITY FUND

Un fonds pour soutenir les communautés noires

Une cinquantaine de Canadiens noirs du milieu des affaires au pays, notamment au Québec, lancent un fonds destiné aux communautés noires du pays. La création du Black Opportunity Fund arrive dans la foulée de souhaits croissants émis envers les entreprises et les gouvernements pour faire des gestes concrets afin d’amoindrir les inégalités et enrayer le racisme systémique.

Les fonds soutiendront des initiatives dans les domaines de l’entrepreneuriat, de la technologie, de l’éducation, de la santé, de la jeunesse, des femmes, de la justice sociale, de l’immigration et de la politique. Les investissements cibleront des entreprises et organismes dirigés par des Noirs.

Le Black Opportunity Fund s’est associé à la Toronto Foundation pour soutenir ses activités de subvention et d’investissement. On souhaite des engagements à long terme des éventuels investisseurs. « On veut créer de la durabilité. Les problèmes ne sont pas ponctuels ou nouveaux, signale Ray Williams, directeur général et vice-président du conseil de la Financière Banque Nationale, qui appuie le fonds. On souhaite avoir des capitaux tant du secteur privé, que de philanthropes et du gouvernement fédéral. »

« Nos ambitions sont très grandes »

L’annonce de la création du fonds a lieu alors que le projet n’en est qu’à ses balbutiements et que tout est à faire. On ne dévoile pas encore quel niveau de capital on espère attirer. « Mais les acteurs derrière sont solides, affirme Didier Boucard, ancien vice-président, gouvernance des données, de Morgan Stanley. Notre association avec la Toronto Foundation, qui a une expertise pour structurer le fonds, me rend optimiste. Ça aidera à accélérer le tout. Et il y a le timing aussi qui ne peut pas être meilleur. On prête maintenant attention à certaines choses. »

« Nos ambitions sont très grandes, ajoute Ray Williams. On annonce la création du fonds maintenant à cause de ce qui s’est passé il y a quatre semaines [à la suite du meurtre de George Floyd]. On se demande comment aider. Les problèmes ont besoin d’être revus et corrigés. Prenons la COVID-19, par exemple. Notre communauté a été frappée plus durement. Il y a aussi beaucoup de biais systémiques. »

« Accéder à des fonds est ainsi plus difficile pour les petites entreprises détenues par des Noirs. Il y a peut-être des fonds accessibles aux entrepreneurs, mais ça ne fonctionne pas pour tous. Il faut attaquer le problème par la racine. »

— Ray Williams, directeur général et vice-président du conseil de la Financière Banque Nationale

Cela dit, les instigateurs du Black Opportunity Fund veulent attirer l’attention de tous. Pas seulement en faire une initiative par des Noirs. « Tout le monde doit venir à la rescousse et régler les problèmes », dit Ray Williams.

« Quand une société est capable d’avoir une vision inclusive, ça réduit les frustrations et conséquemment les crimes et les problèmes sociaux, souligne Didier Boucard. Investir en amont permet d’avoir à investir moins en aval pour régler des problèmes plus grands. »

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