En un mot

Tous aux abris

La langue française évolue à une vitesse folle. Chaque semaine, notre conseillère linguistique décortique les mots et les expressions qui font les manchettes ou qui nous donnent du fil à retordre.

Les ours hibernent-ils ? Non, selon les spécialistes, contrairement à ce que l’on croit habituellement. Ils hivernent seulement.

La définition du nom hibernation, dans le Grand Robert de la langue française, nous explique qu’il s’agit d’un « état d’engourdissement où tombent certains mammifères, pendant l’hiver, et qui est caractérisé par une interruption de la régulation thermique et par un ralentissement très marqué des activités ». La marmotte hiberne.

Mais cette définition ne s’applique pas aux ours, qui entrent en fait « dans un sommeil très profond, mais pas dans un état de léthargie ».

Le verbe hiverner signifie aussi passer l’hiver dans un endroit abrité, tempéré. Hiverner (les bateaux) dans un port. Les hirondelles hivernent en Afrique. Des troupeaux qui hivernent dans la plaine. De plus, « hiverner les bestiaux », c’est les mettre à l’étable pendant l’hiver. Et « hiverner les plantes », les mettre à l’abri de la gelée.

Les gens qui fuient le froid hivernent également, par exemple en Floride. On les appelle le plus souvent les snowbirds, mais on pourrait aussi dire que ce sont des hivernants, des voyageurs hivernants ou des touristes hivernants, selon le sens plus large que donnent aujourd’hui le Larousse et le Robert au verbe hiverner et à l’adjectif et au nom hivernant, soit simplement « passer l’hiver en quelque lieu » ou « personne qui séjourne dans un lieu pendant l’hiver ».

Quand il est question d’une voiture, on peut dire qu’on la prépare pour l’hiver. Si on ne compte pas l’utiliser, on la remisera ou on l’entreposera. On peut également aménager des lieux pour l’hiver. On voit parfois les verbes « hiverniser » ou « hivériser » en ce sens, pour traduire l’anglais winterize, mais ils restent critiqués.

Courrier

Feu, feue...

« Pourquoi le mot feu, dans les avis de décès, est-il toujours au masculin ? Peut-il être au féminin et au pluriel ? »

Réponse

Cela dépend de la phrase. L’adjectif feu, employé à propos d’une personne morte depuis peu, reste invariable quand on écrit par exemple feu Mathilde Loisel, feu ma grand-mère, feu mes tantes, feu mes oncles.

Mais feu s’accorde s’il est placé entre le déterminant (un article comme la ou un possessif comme ma) et le nom. On écrit donc ma feue grand-mère, mes feues tantes, leurs feus grands-parents. Cette femme est une fille de la feue Blanche Leroi.

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