Un nouveau fonds s’intéresse à l’eau

Les investisseurs de risque de Cycle Capital font un pari : celui que l’eau devienne bientôt un sujet d’actualité aussi brûlant que l’est actuellement le gaz carbonique. BleuImpact, son nouveau fonds, se concentrera à trouver des entreprises innovantes reliées à l’eau.

Celui qui dirigera ce fonds, Simon Olivier, a longtemps œuvré dans la haute direction de GE au Canada. Il était notamment impliqué dans les débuts de l’industrie éolienne au Québec, en Gaspésie.

« À cette époque, la molécule de CO2 était au centre de toutes les discussions, se souvient-il. Là, on voit le même engouement pour la molécule d’eau. »

Il en veut notamment pour preuve l’annonce, dans le dernier discours du Trône, de la création prochaine de l’Agence canadienne de l’eau.

Historiquement, dit-il, il a toutefois été difficile de faire de l’argent avec l’eau, et donc d’attirer l’intérêt des investisseurs. C’est en voie de changer, croit-il, et c’est pourquoi il a convaincu le fonds d’investissement montréalais spécialisé dans les technologies propres Cycle Capital de lui faire une petite place sous son parapluie.

« L’eau était un sujet qu’on ne touchait pas parce qu’on n’avait pas le bon angle d’approche et qu’il n’y avait pas eu beaucoup de “sorties” intéressantes », explique la fondatrice de Cycle, Andrée-Lise Méthot. Par « sortie », les investisseurs font référence à la vente de leur participation dans une entreprise, avec profits.

Le Québec a amplement profité de ses richesses en eau d’un point de vue énergétique, constate M. Olivier, il doit maintenant le faire d’un point de vue d’affaires.

« On a des grappes industrielles au Québec, en aérospatiale, en pharmaceutique, dans les jeux vidéo… Pourquoi on n’en aurait pas une dans le domaine de l’eau ? »

— Simon Olivier, dirigeant du fonds BleuImpact

Quatre piliers

Concrètement, BleuImpact cherchera à investir dans des entreprises qui commercialisent déjà leurs solutions, qu’elles soient déjà rentables ou non. Elle ciblera les rondes d’amorçage ou la « série A » d’un projet, ce qui signifie que ses investissements ne devraient généralement pas dépasser de beaucoup le seuil du million de dollars. On n’exclut toutefois pas de se joindre à d’autres investisseurs pour des apports plus grands.

Quatre secteurs intéressent particulièrement M. Olivier. D’abord, l’agriculture et le domaine industriel, où, dans les deux cas, on sera intéressé à des technologies permettant de réduire la consommation d’eau. Suivent le traitement des eaux et le volet numérique, comme les capteurs ou les applications d’intelligence artificielle liées à l’eau.

BleuImpact est présentement à la recherche d’investisseurs et espère pouvoir compléter sa cagnotte au début de l’année prochaine. On ne semble pas s’inquiéter de trouver assez facilement.

« Il y a des investisseurs qui attendent des projets comme ça », observe Mme Méthot.

Les gestionnaires de fortunes familiales, pour qui les notions d’héritage et de long terme sont souvent primordiales, et même les gestionnaires plus traditionnels à long terme, dont les investissements à impact environnemental positif « protègent » les autres investissements dans le futur, figurent parmi les plus intéressés, note M. Olivier.

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