Accusé d’agression sexuelle

Harold LeBel va plaider non coupable

Québec — Près d’un mois après son arrestation pour agression sexuelle et l’onde de choc qui a ébranlé la scène politique à Québec, le député Harold LeBel a comparu lundi matin au palais de justice de Rimouski.

L’homme de 58 ans entend plaider non coupable « au moment opportun », a indiqué au tribunal son avocat, MMaxime Roy.

La preuve de la poursuite a été divulguée à la défense. Elle contient notamment trois enregistrements audio et vidéo, selon ce qu’a indiqué au tribunal la procureure de la Couronne, MManon Gaudreault.

Harold LeBel a comparu par visioconférence au palais de justice de Rimouski. Celui qui siège désormais comme député indépendant n’a fait aucun autre commentaire. Son dossier doit être de retour devant la cour le 16 février.

M. LeBel avait été arrêté le 15 décembre dernier par la Sûreté du Québec, puis interrogé par ses enquêteurs. Sa présumée victime est une femme qui travaille dans le milieu politique. Son identité est protégée par une ordonnance de non-publication. Les faits reprochés se seraient produits en octobre 2017.

En discussion

La défense et la poursuite sont par ailleurs en discussion quant à un possible élargissement de certaines conditions imposées à l’accusé. L’une d’elles lui interdit de se retrouver dans le même lieu que la présumée victime.

« Ça concerne surtout sa capacité d’exercer sa fonction législative de député. On attend de voir ce qui va se passer avec l’horaire de l’Assemblée nationale et la reprise des travaux », a expliqué au téléphone l’avocat du député, Maxime Roy, qui a notamment représenté Nathalie Normandeau.

Dans une déclaration envoyée aux médias dans les jours ayant suivi son arrestation, le député de Rimouski avait dit vouloir « démontrer [qu’il n’a] rien à se reprocher ».

Harold LeBel a été élu pour la première fois en 2014 sous la bannière du Parti québécois, puis réélu facilement en 2018. Le PQ l’a exclu de son caucus pour toute la durée du processus judiciaire.

L’homme avait été sacré en 2020 « meilleur représentant de sa circonscription » dans un sondage de La Presse réalisé auprès des députés de l’Assemblée nationale.

Une femme violentée accusée d’avoir tué son conjoint

Une jeune femme hébergée dans une maison pour femmes violentées. Une relation de couple « toxique » et « dévastatrice ». Un épisode de violence sans appel au 911. Ce cocktail explosif a culminé par la mort de Philip Lloyd Celian, poignardé par sa conjointe Sabrina Rose Dufour, il y a deux ans, à Montréal.

« Je suis victime de violence conjugale. C’est moi qui l’ai poignardée. Le couteau est à l’intérieur de l’appartement », a avoué la Montréalaise de 28 ans à un policier en se présentant elle-même devant la scène de crime. Une heure plus tôt, elle avait quitté l’appartement par la sortie de secours à l’arrière, montrent des traces de pas dans la neige.

C’est du moins la théorie de la Couronne présentée au jury lundi matin par la procureure MJasmine Guillaume. Sabrina Rose Dufour est accusée de l’homicide involontaire de son conjoint Philip Lloyd Celian, 24 ans, le 6 février 2019, près de la station de métro Cadillac, dans l’est de la métropole. Son procès s’est ouvert lundi au palais de justice de Montréal.

« Le présent dossier traite de violence conjugale. » MGuillaume a mis la table sur cet élément incontournable du procès dès le début de sa déclaration d’ouverture. Sabrina Rose Dufour et Philip Lloyd Celian entretenaient en effet une relation « complexe » et « toxique » depuis 2017, selon la Couronne. Au moment des faits, Sabrina Rose Dufour résidait dans une maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.

Leur relation était toutefois « loin d’être simple », ajoute MGuillaume. Malgré leur relation « empreinte de jalousie et de violence », leur séparation et l’implication d’intervenants en violence conjugale, Sabrina Rose Dufour et Philip Lloyd Celian gardaient contact et poursuivaient « de façon épisodique leur relation dévastatrice ».

Récit du drame

La veille du drame, Sabrina Rose Dufour quitte le centre d’hébergement, malgré l’intervention d’une intervenante psychosociale, pour se rendre chez son conjoint vers minuit, selon la Couronne. Pendant la nuit, la mère de Philip Lloyd Celian – qui réside avec lui – est alors témoin de coups portés par son fils à l’accusée. « Mme [Sandra] Martin veut appeler le 911, mais Mme Dufour s’y oppose », a expliqué au jury MGuillaume.

Au petit matin, l’accusée et la victime sont vues dans un dépanneur, avant qu’elles retournent à l’appartement de la victime, sur l’avenue Faribault. Plus tard, Mme Martin discute avec son fils et convient de le conduire à son rendez-vous en thérapie à son retour. Elle laisse son fils se préparer dans le logement alors que l’accusée dort toujours.

Toujours selon la poursuite, Philip Lloyd Celian sort de l’immeuble vers 14 h 30, blessé, et demande de l’aide à un passant, puis à un voisin. Il meurt à l’hôpital une heure et demie plus tard. C’est entre-temps que Sabrina Rose Dufour se présente devant le cordon de sécurité et se fait arrêter. Que s’est-il produit dans l’appartement au moment fatidique ? L’exposé d’ouverture reste silencieux à ce sujet.

« Il s’agit d’un dossier empreint d’émotions sur un sujet difficile qui touche des valeurs fondamentales de notre société. Vous devrez malgré tout ne pas vous fier aux apparences, écarter ses émotions et évaluer la preuve dans son ensemble pour rendre votre verdict », a déclaré MGuillaume aux 14 jurés.

Le premier témoin de la poursuite a essentiellement présenté au jury des photos de scène de crime. Le procès présidé par la juge Hélène Di Salvo se poursuit mardi. MFrançois Taddeo défend l’accusée.

Piégé par une annonce fictive d'escorte mineure

Le procès d'un client de prostitution juvénile s'ouvre à Laval

Pour s’attaquer à la prostitution juvénile à Laval, les policiers ont mis sur pied un ingénieux stratagème pour coincer les clients grâce à des annonces fictives d’escortes mineures, une agente d’infiltration et deux chambres d’hôtel. Le procès de Vincent-Alexandre Brodeur a plongé le jury au cœur d’une opération policière minutieusement rodée, lundi, au palais de justice de Laval.

« On avait une problématique à Laval au niveau de la prostitution de mineures [en 2018]. On mettait beaucoup d’emphase sur les jeunes filles, mais jamais le client n’avait été travaillé », a expliqué Luc Savard au jury. Le policier d’expérience du Service de police de Laval (SPL) a élaboré l’opération d’infiltration qui a mené à l’arrestation de Vincent-Alexandre Brodeur en juin 2018.

Le résidant de Terrebonne est accusé d’obtention de services sexuels d’une personne âgée de moins de 18 ans moyennant rétribution. Selon la théorie de la Couronne, l’homme de 45 ans était prêt à sortir son portefeuille pour avoir une relation sexuelle avec une adolescente de 16 ans. Il savait d’ailleurs pertinemment l’âge de l’escorte, puisqu’une agente d’infiltration le lui a rappelé à plusieurs reprises.

« La poursuite entend vous démontrer que l’accusé a appelé au numéro de téléphone lié aux fausses annonces publiées par la police de Laval. Qu’il a ensuite, en toute connaissance de cause, pris un rendez-vous avec l’agente d’infiltration (AI) pour se procurer les services sexuels d’une escorte, qu’il savait mineure. […] Il a rencontré l’AI, qui a confirmé encore qu’il se procurait les services sexuels d’une mineure », a indiqué le procureur de la Couronne MSimon Blais dans son exposé d’ouverture.

« Il était effondré »

Après avoir rencontré l’AI dans une chambre d’hôtel, Vincent-Alexandre Brodeur s’est ainsi rendu dans une autre chambre d’hôtel dans le but d’obtenir les services sexuels d’une mineure, ajoute MBlais. Or, ce sont plutôt des policiers qui l’ont accueilli. « M. Brodeur était en larmes. Il était effondré comme s’il venait d’apprendre la mort de sa mère », a résumé le policier Luc Savard, qui a assisté à son arrestation.

L’enquêteur a expliqué au jury la genèse de l’opération. Ainsi, il a créé de toutes pièces des annonces d’escortes crédibles sur plusieurs sites populaires en utilisant les photos de femmes majeures, mais d’apparence très jeune. Les photos n’étaient jamais explicites ou vulgaires. Le titre des annonces commençait souvent ainsi : « jeune débutante te reçoit à Laval ». L’escorte proposait aussi des services de « girlfriend experience ».

Les annonces étaient publiées le matin. Pendant ce temps, l’agente d’infiltration attendait les appels des clients dans une chambre d’hôtel. Elle devait préciser aux clients que l’escorte avait 16 ans et était consentante. Les intéressés devaient se présenter à l’hôtel pour le rendez-vous. « On demandait aux personnes qui nous appelaient ce qu’elles voulaient faire, s’il y avait des extras », a souligné Luc Savard.

Le contre-interrogatoire du policier se poursuit mardi. L’agente d’infiltration viendra témoigner plus tard dans le procès. Le procureur MSimon Blais fait équipe avec MKarine Dalphond, alors que MJoseph Elfassy défend l’accusé. Le procès est présidé par le juge Michel Pennou.

COVID-19

La traque de la COVID-19 dans les eaux usées s’intensifie

La traque de la COVID-19 dans les eaux usées de Montréal, de Laval et de Québec est en cours.

Le coronavirus y est présent, et la concentration observée est en croissance depuis le début de l’automne. Aussi, les scientifiques étendront bientôt leur territoire de chasse aux égouts de plus petites municipalités des régions de la Mauricie–Centre-du-Québec et du Bas-Saint-Laurent–Gaspésie.

En plus, la capitale sera le théâtre d’un projet pilote visant à tester les rejets directement dans les canalisations des CHSLD afin d’y détecter l’apparition de l’ennemi dès le premier cas de contamination, afin d’isoler le malade sans délai.

« On voit des cas, il n’y a aucun doute là-dessus. On sait que le virus de la COVID-19 se trouve dans l’eau usée », affirme le directeur du CentrEau de l’Université Laval, Peter Vanrolleghem. « On en trouve tout le temps. »

Professeur au département de génie civil et de génie des eaux de l’Université Laval, M. Vanrolleghem fait partie du trio de chercheurs qui militent depuis le printemps pour que les autorités publiques financent leur chasse.

Finalement, l’argent est arrivé. Depuis la fin de novembre et le début de décembre, ses collègues Dominic Frigon, de l'Université McGill, et Sarah Dorner, de Polytechnique Montréal, ont pu entreprendre l’analyse des échantillons qui s’accumulaient dans les congélateurs. Les villes de Québec et de Montréal avaient commencé les prélèvements tôt dans l’année pour éviter que les données soient perdues à jamais.

Les résultats confirment ce que les chercheurs attendaient. « Quand on voit l’augmentation dans les égouts, ça correspond avec l’augmentation que l’on voit dans la population », indique M. Vanrolleghem. « La diminution qu’on a eue aussi. On voit la tendance entre la diminution de l’été et l’augmentation à partir de septembre. »

Première au Québec

Le suivi d’un virus dans les égouts existe ailleurs dans le monde où, par exemple, la grippe et la polio sont surveillées. Pas au Québec. « Ça n’a jamais été fait. »

Mais les travaux de M. Vanrolleghem et de ses « associés » avancent rondement. Avec pour objectif de créer rapidement un modèle prédictif qui permettra à la Santé publique et aux élus d’être avertis du retour en force du coronavirus SARS-CoV-2 ou de son éventuel essoufflement – et même de savoir si le confinement et le couvre-feu portent leurs fruits.

Car les flambées et les décrues dans la contamination de la population seraient perceptibles de deux à cinq jours à l’avance dans les canalisations.

M. Vanrolleghem pense qu’il sera en mesure de livrer sous peu un outil fiable pour donner des « préavis » aux autorités. « On parle de quelques semaines. Ça avance rapidement. »

Une fois la structure de test et d’analyse bien rodée, elle pourra servir d’ici la fin de l’actuelle pandémie, notamment en suivant l’efficacité de la vaccination. Puis elle sera utile pour les autres maladies qui viendront chambouler notre quotidien. « Pour la prochaine pandémie, on va être prêts. »

« Siège » à Lévis

Le complotiste déclaré non criminellement responsable

Un opposant aux mesures sanitaires, Bruno Roy, a été déclaré non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux lundi au palais de justice de Québec. Armé, le complotiste de 44 ans s’était barricadé chez lui en décembre et avait menacé sur Facebook les policiers qui auraient voulu interrompre un éventuel party. Il était détenu depuis son arrestation le 4 décembre. Après avoir fait plusieurs vidéos dénonçant les mesures gouvernementales pour lutter contre la COVID-19, M. Roy avait enregistré une vidéo où, fusil en main, il menaçait les policiers qui entreraient chez lui, à Pintendre. Il s’était finalement rendu de manière pacifique. M. Roy a subi un examen psychiatrique, qui conclut que son état mental au moment des infractions vient annuler sa responsabilité. C’est la Commission d’examen des troubles mentaux du Tribunal administratif du Québec qui décidera de son suivi médical et de son encadrement. En attendant, il a été remis en liberté après avoir accepté de respecter plusieurs conditions, notamment de ne plus accéder à tout réseau social. — Isabelle Mathieu, Le Soleil

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