COVID-19

Se faire tester pour voyager ?

Certains pays ou transporteurs l’exigent, mais faire la preuve qu’on ne voyage pas avec le coronavirus peut s’avérer ardu, malgré la multiplication des offres pour des tests, souvent assez chers. Petit guide pour ne pas perdre la raison avant de prendre l’avion.

Test PCR à domicile pour 290 $, test sérologique à 70 $ en clinique ou test antigénique gratuit à l’aéroport ? À faire dans les 72 heures qui précèdent le départ, au moment de monter à bord d’un avion ou même à l’arrivée dans un pays étranger ? Face à l’abondance de propositions de tests de dépistage de la COVID-19 pour les voyageurs, il y a de quoi perdre le nord. Mais avant d’aller plus loin, une question s’impose : faut-il se faire tester quand on prévoit de voyager ?

« Honnêtement, la seule raison de se faire tester, c’est si le pays qu’on visite le demande », répond d’emblée la Dre Caroline Quach, épidémiologiste à l’hôpital Sainte-Justine.

Inutile, donc, de chercher à montrer patte blanche à tout prix. Payer 200 $ ou plus pour un test de COVID-19 ne vous ouvrira pas toutes les portes. La démarche risque même d’être absolument inutile, car les exigences évoluent de jour en jour, et partout. Certains transporteurs aériens commencent à tester tous leurs passagers. Certains pays se contentent d’un formulaire à remplir à la douane. D’autres ne reconnaissent plus les attestations médicales délivrées à l’extérieur de leurs frontières ou exigent qu’un second test soit effectué quelques jours après l’arrivée…

En France, pour ne citer qu’un seul exemple, les étrangers qui ont encore le droit d’entrer au pays (ce n’est pas le cas des Canadiens), mais qui ne sont pas en mesure de prouver qu’ils ont passé un test dans les cinq jours précédents, sont testés à l’aéroport, sans frais, depuis le début du mois de novembre. Tout simplement. Or, la fiabilité du test rapide utilisé là-bas est remise en question. La procédure pourrait donc encore changer.

Implacable quarantaine

La durée et les conditions de quarantaine varient aussi énormément d’un pays à l’autre. Et un test négatif effectué avant le départ n’y changera probablement rien. « Chaque pays gère son risque à sa manière, ce n’est pas aux individus de le faire de leur propre chef, explique la Dre Caroline Quach. L’été dernier, la Grèce disait : vous avez un test négatif, faites ce que vous voulez. Mais ça a changé depuis, car il y a eu beaucoup de transmission. »

S’informer adéquatement avant de voler devient donc primordial. L’Association internationale du transport aérien (IATA) met constamment à jour sur son site web une carte des restrictions en vigueur partout dans le monde. Les agents de voyages sont aussi de bonnes sources d’information. « Ça reste rare comme question, parce que peu de gens voyagent, dit Pierre-Olivier Fortin, de CAA-Québec (qui possède une agence de voyages). Mais on va bien sûr assister les clients qui tentent de se conformer aux exigences d’un pays ou d’un transporteur et faire les recherches pour eux. Les agents savent où faire des vérifications fiables. »

En attendant le vaccin

Personne ne prévoit que la multiplication des tests, même rapides, puisse relancer l’industrie du voyage. C’est l’arrivée d’un vaccin efficace pour prévenir la COVID-19 que la plupart de gens attendent avant de recommencer à voyager, concluait l’été dernier un sondage de CAA-Québec. Or, les dernières nouvelles sur ce front sont encourageantes et certains scientifiques espèrent avoir les premières doses au début de 2021. Bien sûr, tous n’y auront pas accès dans les premiers mois. Il y a toutefois fort à parier que des voyageurs avides d’aventures voudront être immunisés et s’arracheront les certificats de vaccination qui leur permettraient de parcourir le monde. Dans la foulée du début de la vaccination, la logistique pour déterminer qui peut ou non voyager s’annonce complexe. « Même s’il est encore tôt, on y pense, reconnaît Pierre-Olivier Fortin. Mais ce sera certainement un problème moins triste à gérer que ces histoires de tests ! »

Les principaux tests

Le test PCR

De l’avis des scientifiques, c’est le test le plus fiable (entre 80 % et 90 %). Et celui qui est le plus largement utilisé au Québec pour le dépistage. Ce test détecte dans les sécrétions buccales ou nasales les traces de l’ARN du coronavirus qui sont amplifiées par une réaction en chaîne, d’où son nom PCR, pour Polymerase Chain Reaction, ou, en français, test d’amplification des acides nucléiques. Son défaut : il faut attendre entre 24 et 48 heures pour obtenir un résultat. Au privé, ce test coûte jusqu’à 300 $.

Le test sérologique

Ce test, généralement moins cher que le PCR, recherche la présence d’anticorps dans le sang d’une personne. Or, une personne peut être infectée – et contagieuse – sans avoir encore développé d’anticorps. Le risque de faux négatif est donc assez élevé. Dans la première semaine qui suit la contamination, à peine 30 % des cas sont détectés, révèle une revue d’une cinquantaine d’études. Ce taux grimpe à 70 % après deux semaines. L’analyse sanguine demande aussi un certain délai avant de livrer un résultat. Certaines cliniques proposent ce test à 70 $.

Le test antigénique

Il s’agit d’un test à action rapide qui détecte, en un peu plus d’un quart d’heure, la présence de protéines (ou antigènes) associées au coronavirus dans les sécrétions buccales ou nasales. Certaines compagnies aériennes, dont l’allemande Lufthansa, ont commencé à l’utiliser avant l’embarquement. Le problème avec le test antigénique, c’est sa fiabilité, surtout en cas de faible charge virale. Selon les analyses les plus critiques, elle ne serait que de 60 %, mais en France, on estime qu’il est efficace à 80 %. On ne propose généralement pas ce test en clinique privée au Canada.

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