actions anticonfinement à montréal et à québec

« La vie, ce n’est pas un risque zéro »

Plus d’une soixantaine de personnes ont participé dimanche matin à Montréal à une « action pacifique » pour dénoncer les mesures de confinement liées à la COVID-19, qui, selon elles, briment leurs droits et libertés. Elles se sont rendues jusqu’au parlement à Québec en après-midi pour se faire entendre.

Elles craignent la vaccination massive de la population, soutiennent que le gouvernement manipule les statistiques liées à la COVID-19 et remettent en question le bien-fondé du confinement.

Vers 9 h, dimanche, ils étaient des dizaines à se tenir à bonne distance les uns des autres dans le stationnement du Centre Rockland, point de départ du convoi de 70 véhicules. Sous le bruit des klaxons, ils se sont dirigés vers la Vieille Capitale, chacun dans sa voiture, véhicules sur lesquels trônaient de nombreux drapeaux du Québec.

Leur but ? Dénoncer « la dictature de l’OMS [Organisation mondiale de la santé] » et « la manipulation des statistiques reliées à la pandémie à des fins de justification du confinement et à l’obligation vaccinale potentielle ». Ils arboraient tous un drapeau blanc, décrit comme un « symbole de trêve et d’approche pacifique axée sur le dialogue ».

« Il y a beaucoup de confusion, beaucoup d’informations incohérentes. Une hystérie collective s’est installée dans la population. »

— Un membre du convoi

Le confinement brime les droits et les libertés des Québécois, pense ce participant qui a voulu rester anonyme. « Ce n’est pas bien d’emprisonner adultes et enfants à cause de la peur. C’est la première fois dans l’histoire qu’on le fait, pourtant, il y a eu d’autres maladies : la rougeole, la varicelle, le sida. La vie, ce n’est pas un risque zéro. »

« Appel à la liberté »

L’appel a été lancé plus tôt cette semaine sur les réseaux sociaux par l’entremise du groupe « Appel à la liberté », qui compte environ 4400 membres.

« Le confinement n’est pas la solution pour le bien-être de toute la population », plaide la description du groupe Facebook, plateforme d’échange virtuel où les adhérents discutent des antennes 5G et diffusent des capsules vidéo de la comédienne Lucie Laurier.

« La deuxième vague est un mensonge qu’on nous fait avaler une bouchée à la fois. »

— Antoine Tremblay, modérateur du groupe

Frédéric Pitre, Joël Hamel et Sandra Quesnel, trois des organisateurs du mouvement, ont insisté dimanche matin auprès des participants pour que tout se déroule dans le respect des règlements de la Santé publique.

Les quelques policiers sur place ne sont pas intervenus puisqu’aucune des consignes sanitaires n’a été enfreinte, confirme l’agent Jean-Pierre Brabant, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal. La Sûreté du Québec était sur place lors du trajet jusqu’à Québec pour s’assurer que tout se déroulait dans l’ordre.

Vaccination

« On veut retrouver nos droits et libertés. L’état d’urgence est de moins en moins justifié et justifiable », explique à La Presse Joël Hamel.

Il doute des données officielles sur les morts liées à la COVID-19, qui seraient bien moins élevées qu’on le laisse entendre. 

« Le gouvernement reçoit ses directives de l’OMS, et on remet en question leur légitimité. Le Dr Arruda n’est pas un élu. »

— Joël Hamel

À ces questionnements s’ajoute la crainte d’une vaccination massive et obligatoire financée par Bill Gates. « Personne ne va me rentrer une aiguille dans le bras de force », tranche M. Hamel.

Ce n’est pas une manifestation qui a eu lieu dimanche matin, mais plutôt un mouvement populaire, ont dit les organisateurs. « Nous sommes ce que vous appelez des “covidiots” et des complotistes. Je trouve que nous désigner ainsi introduit un phénomène d’intimidation envers nous. Moi, je dénonce “Big Brother” et “Big Pharma”. On sait que ça se passe au niveau mondial avec Bill et Melinda Gates, les principaux donateurs », explique calmement Sandra Quesnel.

Les données transmises sur le coronavirus sont gonflées, croit-elle. Cette « fraude statistique est utilisée pour engendrer une propagande de peur par l’entremise des médias », dit-elle, préoccupée.

Les théories du complot remettant en cause l’Organisation mondiale de la santé prolifèrent sur l’internet depuis le début de la pandémie. Dans un dossier publié au début d’avril, La Presse a fait état d’un nombre croissant de fausses nouvelles relayées sur le web depuis le début de la pandémie.

Bien qu’il existe au Québec, le mouvement anticonfinement a pris davantage d’ampleur aux États-Unis.

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