L’autre vaccin

C’est l’année internationale des fruits et légumes, mais plusieurs l’ont oublié. Bien que notre nouveau guide alimentaire nous demande de manger plus de fruits et légumes, un récent rapport nous révèle que moins du tiers des Canadiens suivent les recommandations de Santé Canada. Dommage, puisqu’une saine alimentation est en quelque sorte un autre vaccin dont nous avons tous besoin.

En 2021, avec la pandémie et les élections, nous avons tous oublié l’année internationale des fruits et légumes. En cette période de rentrée automnale qui nous gâte avec l’abondance de ses récoltes, il importe de se souvenir du rôle prépondérant de ces aliments frais dans nos vies.

Il y a plus de deux ans, Santé Canada nous présentait le nouveau Guide alimentaire canadien qui recommande qu’à chaque repas, la moitié de notre assiette soit remplie par des fruits et légumes. Mais selon un récent rapport préparé par Vasantha Rupasinghe de l’Université Dalhousie, la grande majorité des Canadiens n’en mange pas suffisamment.

Selon la fréquence, 43,1 % des Canadiens achètent suffisamment de fruits et légumes pour correspondre à la quantité recommandée par ce guide alimentaire, quelques jours par semaine, et 29,3 % achètent la quantité recommandée tous les jours. Le taux le plus élevé d’achats quotidiens se retrouve en Colombie-Britannique (31,4 %), qui est suivi par l’Ontario (31 %). Le Québec arrive au troisième rang, à 30,7 %. Le taux le plus faible au pays appartient à l’Île-du-Prince-Édouard (11,6 %), qui est suivi par Terre-Neuve-et-Labrador (19,7 %).

Il existe plusieurs obstacles à l’achat de ces produits. La première raison pour laquelle les Canadiens n’achètent pas de fruits et légumes plus souvent réside dans le prix. Au total, 39,5 % des Canadiens pensent que le prix constitue l’obstacle principal. Cependant, cette année ces aliments sont 7,5 % moins chers que l’an dernier, mais la volatilité des prix dans cette section du supermarché effraie toujours. Il n’est pas rare de voir le prix de certains produits augmenter de 25 % en un mois ; il suffit de penser au fameux chou-fleur, aux tomates ou à la laitue.

Le fait que les fruits et légumes demandent trop de travail lors de la préparation représente aussi un autre obstacle. Près de 31 % des Canadiens le voient ainsi. Le goût (10,5 %), le fait de ne pas savoir comment les préparer (8,1 %) et le manque de clarté des avantages pour la santé (6,3 %) représentent d’autres raisons populaires.

Au contraire, les avantages pour la santé semblent vraiment motiver les Canadiens à acheter de ces aliments frais. Au total, 74,6 % des Canadiens considèrent qu’il s’agit d’une raison importante.

Les aliments surgelés prennent de plus en plus de place à l’épicerie, mais les consommateurs préfèrent toujours les produits frais, selon le même rapport. Au total, 64,9 % des Canadiens n’achètent que des fruits et légumes frais et 18,7 % préfèrent les produits surgelés. Il s’agit d’une différence importante. Mais les prix dans la section des produits surgelés demeurent plus stables.

De surcroît, les fruits et légumes vont de pair avec une saine alimentation. De nombreux produits peuvent agir à titre de bioactifs et peuvent réellement aider les Canadiens dans leur quête d’une meilleure qualité de vie. L’enquête comprenait également des questions relatives aux aliments bioactifs, aux risques de cancer et au microbiome. Seuls 21,4 % des Canadiens pensent aux propriétés bioactives lorsqu’ils achètent un fruit ou un légume. En ce qui concerne les risques de cancer, 42,6 % des Canadiens y pensent au moment de l’achat et 47,6 % en consomment pour réduire les risques de cancer. Au total, 66 % des Canadiens considèrent les fruits et légumes comme des superaliments. En tout, 66,8 % des Canadiens mangent de ces aliments pour perdre du poids et 71,3 % en consomment pour leur microbiome et leur santé intestinale.

L’automne est le moment opportun de profiter de ce que l’agriculture nous offre en produits maraîchers, que ce soit en magasin, dans les marchés publics ou ailleurs. De plus, pour la première fois en quelques années, la section des fruits et légumes au supermarché n’a pas été frappée par un rappel alimentaire majeur, comme les oignons l’an passé ou la laitue romaine il a deux ans. Le maraîcher vit une belle période ces temps-ci. Il en va de même pour tous ceux d’entre nous qui s’inquiètent toujours des problèmes de salubrité et d’innocuité alimentaires. Il faut donc en profiter.

Et n’oubliez pas qu’une bonne alimentation constitue le meilleur vaccin pour aider notre système immunitaire, peu importe le virus ou la maladie chronique.

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