Financement des festivals

« Mettre des logos partout, ça ne marche plus »

Les temps changent, et la commandite aussi. L’époque où l’on se contentait de tapisser les logos des commanditaires un peu partout sur le site d’un festival est révolue. Il y a encore du travail à faire dans l’industrie, estiment les intervenants consultés par La Presse.

« Il y a encore des gens qui misent sur des forfaits bronze, argent et or, envoient cela en se disant : “j’espère qu’on va me donner 50 000 $” », lance Nathalie Courville, présidente chez ArtExpert et professeure associée à la Chaire de gestion des arts de HEC Montréal. « Mettre des logos partout pour 50 000 $, ça ne marche plus. »

Selon l’experte, cela n’est « pas toujours bien compris ». On s’adapte, mais dans certaines organisations, il y a encore de la « pensée magique » lorsque vient le temps d’aller convaincre des commanditaires, ajoute Mme Courville, sans aller jusqu’à nommer des évènements en particulier.

Au Regroupement des évènements majeurs internationaux (REMI), le président Martin Roy croit aussi que « certaines organisations » doivent donner un coup de barre, en prenant soin de préciser que cela peut être plus facile à dire qu’à faire.

« Ce n’est pas facile pour une organisation qui fait 150 affaires. Le secteur des commandites peut parfois être négligé. Mais il faut que certaines organisations se professionnalisent et comprennent que la logique des commanditaires dépend d’une activation intéressante. »

— Martin Roy, président du REMI

L’activation est la façon dont se décline la commandite.

« On parle de quelque chose qui peut être participatif et ludique et qui peut se multiplier, en termes de rayonnement, sur les réseaux sociaux », illustre M. Roy.

Les exemples sont nombreux : des kiosques « participatifs » où les festivaliers peuvent s’occuper pendant un temps mort jusqu’à la cabine photographique aux couleurs d’un commanditaire.

« Les gens aiment ça, se voir, souligne le président du REMI. Tout ce qui gravite autour de l’échantillonnage [de produits] fonctionne bien aussi. »

Dit autrement, de plus en plus, la commandite se fait « sur mesure », surtout depuis l’émergence des réseaux sociaux, affirme Mme Courville. On vend de « l’interaction avec les cibles ».

« C’est beaucoup de travail, précise l’experte. Beaucoup de personnes prennent encore cela à la légère en se disant : “je vais envoyer des dossiers et je vais attendre que l’on m’envoie de l’argent”. Ça ne fonctionne pas. Les deux parties doivent se parler. »

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