Le chemin de compostage d’un cœur de pomme

Saviez-vous qu’environ 57 % des déchets résidentiels peuvent être compostés ? Pas plus compliqué que le recyclage, le compostage est en réalité une pratique très simple à intégrer à la routine quotidienne ; un petit geste citoyen à grande portée environnementale. Il suffit d’un bac brun, d’un peu de volonté et d’un brin d’information et ça y est, vous êtes prêt !

Jeter ou composter, qui dit mieux ?

Pour bien comprendre l’importance du compostage, il faut d’abord savoir identifier vos « matières organiques ». Il s’agit tout simplement de vos résidus verts (feuilles, gazon et retailles de jardinage) et des résidus alimentaires (restes de table, pelures de fruits et légumes, etc.). Un cœur de pomme jeté dans le bac brun ou au composteur domestique, par exemple, profitera de conditions de biodégradation idéales afin d’être transformé en compost et de retourner à la terre pour une seconde vie.

À l’opposé, ce même cœur de pomme qui se retrouve dans un site d’enfouissement se décomposera sans oxygène et produira du biogaz constitué en majorité de méthane, un puissant gaz à effet de serre, dont une partie (ou la totalité) s’échappera dans l’atmosphère, contribuant aux changements climatiques.

Le chemin de compostage

Mais qu’arrive-t-il donc au cœur de pomme une fois qu’il est dans le bac brun ?

D’abord, le camion de collecte acheminera le contenu qui se trouve dans le bac vers le site de compostage. Sur place, les résidus organiques seront combinés à des copeaux de bois ou à d’autres matières riches en carbone, afin de favoriser le travail essentiel des micro-organismes qui s’en nourriront ; c’est le processus de biodégradation en accéléré qui commence dès lors. Cette activité fera naturellement augmenter la température, et après plusieurs semaines ou plusieurs mois (selon les procédés), les matières seront transformées en compost. Et voilà ! Après quelques étapes d’affinage, le compost sera dirigé vers des marchés comme celui de l’horticulture ornementale ou de l’agriculture, ou alors il sera redistribué aux citoyens.

Mythes et réalités du compostage

« C’est dégueu ! »

Pour éviter que votre bac brun développe son propre parfum ou que certains insectes (indésirables, certes, mais inoffensifs) fassent leur apparition, il suffit d’en saupoudrer le fond de bicarbonate de soude et de placer chaque semaine votre bac au chemin. Les matières organiques potentiellement malodorantes peuvent quant à elles être recouvertes de feuilles mortes si la saison le permet ou même être congelées jusqu’au jour de la collecte. Au besoin, nettoyez votre bac à grande eau avec un peu de vinaigre ou du savon.

« Il y a trop d’options de sacs ! »

Aucun problème, puisqu’il est préférable de ne pas en utiliser ! Toutefois, si vous souhaitez absolument utiliser un sac, privilégiez le réemploi d’un sac en papier ou utilisez en dernier recours des sacs en plastique certifiés avec mention « compostables », si ces derniers sont acceptés par votre collecte. Attention : les sacs oxobiodégradables ou dits dégradables ne sont pas compostables. Pour éviter la confusion, optez pour le vrac.

« C’est compliqué ! »

Nous avons tous appris à recycler ; nous pouvons également maîtriser le compostage tout aussi facilement ! Tout d’abord, planifiez vos repas à l’avance, afin de réduire au maximum le gaspillage alimentaire. Ensuite, règle générale, si ça se mange (ou si c’est une partie de quelque chose qui se mange), si c’est en papier ou en carton (souillé et sans plastique) ou si c’est un résidu de jardin (sauf les grosses branches), c’est compostable. En cas de doute, vous pouvez télécharger l’application mobile Ça va où ? pour savoir ce qui va dans le bac brun, au recyclage ou à la poubelle.

Bon pour le portefeuille

Composter, c’est contribuer à réduire les coûts de gestion des déchets de votre municipalité. Certaines d’entre elles distribuent même du compost tout à fait gratuitement à leurs résidents, juste à temps pour l’arrivée des beaux jours du printemps. L’économie circulaire au service de l’environnement… et des plantes luxuriantes !

Saviez-vous que…

… composter les matières organiques de tous les ménages du Québec sur un an plutôt que les enfouir (avec captage partiel de biogaz), c’est l’équivalent d’environ 300 000 voitures en moins sur la route ?

… la Stratégie de valorisation de la matière organique du Québec vise d’ici 2025 à instaurer la gestion de la matière organique sur 100 % du territoire municipal et à obliger les industries, les commerces et les institutions à emboîter le pas ?

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