ANALYSE

N’y a-t-il plus rien pour les arrêter ?

Le Canadien est maintenant à une seule victoire de bien des choses, mais en premier, il est à une seule victoire de ceci : surprendre la planète hockey au grand complet.

Parce que ce qui se passe en ce moment, c’est une grosse surprise.

Après tout, il est ici question d’un club qui a conclu la saison avec 59 points, le plus petit total de points parmi les clubs qualifiés pour les séries de la LNH. Il est ici question d’un club qui accusait un retard de 1-3 dans sa série du tour précédent, contre les Maple Leafs de Toronto. Il est aussi question d’un club dont le joueur le plus important, Carey Price, avait conclu sa saison de misère sur la liste des blessés.

Ce gâteau-là n’allait pas lever, n’est-ce pas ? Eh bien oui, pourtant. En fait, la vie est tellement fabuleuse par ici que le DJ du Centre Bell s’est permis de faire tourner Nothing’s Gonna Stop Us Now en fin de soirée. Il s’agit d’une chanson que l’on garde normalement pour les moments importants…

« Il y avait 2500 fans ici et ce sont 2500 fans qui ont fait beaucoup de bruit, a expliqué Brendan Gallagher. Ça nous a donné beaucoup d’énergie. »

Alors oui, il se passe des choses étranges dans l’univers du Canadien ces jours-ci.

On peut commencer par les vieux, dont Eric Staal, que l’on croyait bon pour la maison de retraite. Mais le voici au deuxième rang des marqueurs de l’équipe en séries, avec 7 points, juste derrière Tyler Toffoli. Artturi Lehkonen, que plusieurs auraient voulu échanger en retour d’un choix de 15e ronde (ça n’existe pas, mais bon), a conclu le match de dimanche soir au Centre Bell avec un but et sept tirs, un sommet parmi les joueurs des deux équipes. Joel Armia, un autre oublié, a ajouté deux buts et une aide.

Price ? C’est comme s’il avait décidé que la saison ne voulait rien dire, mais que là, ça allait lui tenter.

« Il représente tout pour nous. Carey est incroyable chaque jour, et il nous apporte un autre genre de confiance. C’est autre chose quand tu sais que tu peux te fier au gars qui est installé devant le filet. »

— Joel Armia

Voilà, c’est un peu tout ça qui a été mis bien en évidence dimanche soir, dans le cadre de cette victoire combien convaincante de 5-1.

Le Canadien mène maintenant cette série 3-0, et dans l’histoire de la LNH, seulement quatre équipes ont comblé de tels retards, notamment les Flyers de Philadelphie et les Kings de Los Angeles il n’y a pas si longtemps. Un tel retour, ça reste assez rare, on va se le dire.

Alors revenons un instant à Nothing’s Gonna Stop Us Now… Il s’agit d’une chanson qui avait été dépoussiérée par Jacques Demers en 1993. Ce printemps-là, il s’était passé toutes sortes de choses qui avaient été favorables au Canadien, et ma foi, c’est un peu ce qui est en train de se passer en ce moment même.

Il est peut-être encore un peu tôt pour demander à la mairesse si le défilé va emprunter le chemin habituel, mais si jamais le Canadien devait balayer les Jets lundi soir ? Et si jamais le club devait amorcer son tour suivant avec un Carey Price en état de grâce ? Et si jamais les vieux Staal et Perry continuaient ainsi ?

Soudainement, tout devient possible. Et puis peut-être aussi n’y aura-t-il plus rien pour les arrêter.

Prochain match : Jets c. Canadien, ce lundi à 20 h au Centre Bell

LNh
Exemption de la quarantaine à la frontière

Les équipes de la LNH pourront traverser la frontière canado-américaine sans devoir s’isoler pour une quarantaine de 14 jours. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Immigration, Marco Mendicino, dimanche, sur Twitter. Le gouvernement fédéral approuve donc une exemption de quarantaine pour au moins le troisième tour éliminatoire. En revanche, il exige des joueurs et membres du personnel des équipes de suivre des mesures sanitaires encore plus strictes. La décision a été prise en collaboration avec la Santé publique du Canada et celle de toutes les provinces, dont l’Ontario, le Québec, le Manitoba et l’Alberta, indique M. Mendicino.

— La Presse

Ils ont dit

« On ne pense pas aux jours de congé »

« On ne pense pas aux jours de congé qui pourraient survenir si on devait finir la série lundi soir. Ça fait assez longtemps que je suis dans cette ligue pour savoir que le match le plus difficile à gagner dans une série, c’est toujours le dernier. On sait que les Jets ne vont pas partir sans nous offrir une bonne bagarre. »

— Brendan Gallagher

« C’est quelque chose que l’on sait en tant qu’équipe : nous savons tous que nous devons jouer à notre mieux, et nous savons que nous devrons être aussi bons lundi soir qu’on l’a été [dimanche soir]. Il n’y a aucune raison pour que ça n’arrive pas. »

— Joel Armia

« C’est toujours plus agréable de venir à l’aréna quand on gagne… on a seulement besoin d’une autre victoire dans cette série. »

— Nick Suzuki

« On a fait un bon travail [dimanche soir] en ne débordant pas de confiance. On sait ce que c’est que d’avoir le dos au mur ; c’est ce qui nous est arrivé lors de notre série de premier tour contre Toronto. On a appris de cette expérience et il faut que ça paraisse encore lors du match de lundi. »

— Dominique Ducharme

Propos recueillis par Richard Labbé, La Presse

Dans le détail

Retour difficile pour Stastny

Le retour de Paul Stastny était attendu chez les Jets, surtout en l’absence de Mark Scheifele. Même s’il a connu quelques bonnes séquences, il n’a pas eu l’effet escompté au bout du compte. Le vétéran a fait mal à son équipe en deuxième période. C’était alors 2-0 Canadien, les Jets venaient d’obtenir leur premier avantage numérique du match, mais Stastny a tenté une passe du revers interceptée par Joel Armia, qui est parti à deux contre un et a marqué. Question de bien couper les jambes à son équipe, Stastny a écopé d’une pénalité pour double échec sur Armia au moment où ce dernier tirait. Le neveu d’Anton Stastny écopera plus tard d’une pénalité pour bâton élevé pendant laquelle le Tricolore s’est redonné une avance de trois buts grâce au but de Nick Suzuki. On ignore toujours quelle était la nature de la blessure qui lui a fait rater deux matchs. Une blessure à une main était soupçonnée, en raison de sa réticence à tirer, mais il a tout de même pris neuf mises en jeu dimanche, avec un taux de succès de 54 %.

Mystère autour de Petry

Jeff Petry a quitté le match après s’être blessé en toute fin de deuxième période. Le défenseur a semblé s’être coincé la main droite (ou un doigt) dans une des ouvertures réservées aux photographes dans la baie vitrée. « On aura plus de nouvelles [lundi] matin. Il sera encore examiné », a dit Dominique Ducharme au sujet du numéro 26. La blessure était un bête accident, mais elle pourrait être lourde de conséquences pour le Tricolore. Petry ne connaît pas nécessairement de grandes séries, et est sans doute le moins dominant du principal quatuor d’arrières du CH. Mais en son absence, Shea Weber serait l’unique droitier en défense, au sein d’un groupe qui compte quelques arrières gauchers que l’équipe ne souhaite pas voir à droite (Brett Kulak, Alexander Romanov). D’ailleurs, sans Petry en troisième période, Shea Weber a passé 9 min 23 s sur la patinoire, et ce, même si le Canadien s’est doté d’une avance de trois buts à mi-chemin en troisième période.

Caufield a compris !

« Je vais me contenter de dire que je n’étais pas le seul qui voulait que je tire davantage ! » C’est avec le sourire d’un gamin que Cole Caufield a laissé tomber cette réponse au confrère Arpon Basu, dimanche matin, à propos de sa propension à tirer. C’est qu’entre le quatrième match de la série contre Toronto et le premier contre Winnipeg, Caufield s’est limité à six tirs en cinq matchs. Mais voilà qu’il en a obtenu cinq vendredi, et six autres dimanche ! Il a notamment servi à Connor Hellebuyck un de ses fameux tirs du côté droit, de près, avec un angle relativement mince, le genre de jeu sur lequel il a marqué sa part de buts à l’université, mais qui ne fonctionne pas aussi bien dans la LNH. Ça lui a au moins permis de déranger Hellebuyck en brisant une des sangles de son masque !

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.