GreeNovel

Prix international et nouvelle usine

La société, spécialisée dans le recyclage, a développé de nouvelles technologies qui lui permettent de réduire ses coûts et d’extraire d’importantes quantités de matériaux nocifs de plastiques contaminés.

Les bonnes nouvelles s’accumulent pour GreeNovel, spécialisées dans le recyclage des plastiques contaminés et non recyclables. Après avoir remporté plutôt cet automne à Londres le prix ICIS Innovations Awards 2022 de l’industrie chimique, la jeune pousse fondée en 2019 vient d’annoncer la construction en 2023 d’une usine pilote à Granby.

Actuellement établie dans les locaux du Centre d’innovation et de technologies industrielles de Granby (CITIG), GreeNovel est la création de Mai Attia et Sherif Farag. Pendant plus de 20 ans, les deux doctorants en génie chimique ont travaillé en recherche et développement, accumulant des centaines de communications scientifiques. Ils ont aussi à leur actif une douzaine de brevets orientés vers l’électrification des procédés de recyclage, son extraction et sa purification.

L’actuel GreeNovel est toutefois loin de leur idée d’origine. « Ce qu’ils voulaient faire, c’était d’exporter le plastique recyclé du Canada vers le Moyen-Orient. La rentabilité n’était pas au rendez-vous parce que le coût de revient du recyclage était pratiquement le même que celui du plastique vierge en raison du prix du pétrole à cette période », explique Émir Tsabet, expert sénior en recherche et développement pour GreeNovel.

Répondre aux enjeux actuels

Ne voulant pas laisser tomber l’aspect recyclage, les deux doctorants se sont alors tournés vers des solutions pour réduire son coût de traitement. Sherif Farag explique pourquoi cet enjeu leur tenait tant à cœur : « Le plastique est un enjeu majeur pour la planète, il y en a partout. C’est une source de pollution énorme qui épuise des ressources naturelles. On pense au bien des générations futures. C’est un travail pour l’humanité, sinon, on va leur laisser quoi comme planète ? »

En collaboration avec le Conseil national de recherches Canada, les deux chercheurs sont arrivés à atteindre leur but en utilisant un système de chauffage par micro-ondes qui consomme beaucoup moins d’énergie. Cette innovation devrait être commercialisée en 2023.

Les deux scientifiques avaient aussi un autre objectif : éliminer les contaminants présents dans de nombreux déchets électroniques. « Plusieurs des produits que l’on retrouve dans ce type de déchets sont très dommageables pour la santé humaine et l’environnement. Ils nécessitent des étapes de traitement très coûteuses.

« Nous sommes arrivés à mettre au point une technologie qui permet d’éliminer plus de 150 éléments, dont plusieurs sont nocifs, en utilisant un agent chimique qui peut entièrement se régénérer. En plus, on arrive à extraire différents métaux qui y sont mélangés comme l’or, l’argent, le cuivre, le platine, etc. »

— Mai Attia, PDG de GreeNovel

Des technologies qui attirent les regards

Les deux chercheurs estiment que leurs inventions permettraient d’éliminer annuellement au Canada 780 000 tonnes de matériaux nocifs pour la santé et l’environnement, de détourner 232 000 tonnes de plastique destinées aux décharges ou à l’enfouissement, de donner une seconde vie à 542 000 tonnes de métaux.

Ces innovations n’ont pas tardé à attirer de nombreux regards. Les deux entrepreneurs ont signé plusieurs contrats avec d’autres acteurs industriels pour la réalisation de projets d’étude et de faisabilité. La décision de construire une usine pilote fait suite à l’obtention d’un contrat avec le gouvernement fédéral, qui devra fermer plusieurs de ses centres de données.

« On va se retrouver avec des tonnes de machines et de serveurs qu’il faudra recycler. Le contrat avec le fédéral est un bon départ. Au début, on va être à 25 % de notre capacité, soit 25 tonnes de déchets de plastique par jour. On prévoit, dès 2025, d’atteindre 50 % de notre capacité », affirme Sherif Farag.

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