Slalom géant

« Ce n’est pas fou de viser le podium »

Valérie Grenier a obtenu samedi, en Slovénie, le meilleur résultat de sa carrière

« Je commence à avoir encore plus confiance en moi et à croire que je fais partie des meilleures. » Valérie Grenier avait le sourire dans la voix au bout du fil, quelques heures après la meilleure performance de sa carrière en slalom géant.

La Franco-Ontarienne est allée chercher une magnifique quatrième place à la Coupe du monde de Kranjska Gora, en Slovénie, samedi. Elle n’était qu’à 7 centièmes d’un podium.

« C’est mon meilleur slalom géant à vie, s’enthousiasme-t-elle de sa chambre d’hôtel. Je suis extrêmement contente. Je me dis que le podium s’en vient sûrement bientôt. En tout cas, j’espère ! »

Grenier a enregistré un temps cumulé de 2 minutes 17,18 secondes, à 1,39 s de la Suédoise Sara Hector en première place. La Française Tessa Worley (+ 0,96 s) a pris le deuxième rang.

Mais c’est en regardant le chrono de l’Italienne Marta Bassino (2 min 17,11 s, + 1,32 s) qu’elle voit à quel point elle était près d’une médaille.

« C’est certain que j’aurais aimé un podium, étant si proche. On dirait que c’est un petit peu décevant, mais je ne peux pas être déçue. C’est tellement un bon résultat pour moi. »

– Valérie Grenier

La performance de Valérie Grenier est d’autant plus satisfaisante qu’elle revenait de blessure. La skieuse de 25 ans avait été victime de deux « fractures mineures » aux plateaux tibiaux à l’entraînement en décembre.

« Je dis que c’était entre une contusion et une fracture parce que c’était vraiment de petites fractures », explique-t-elle.

Toujours est-il qu’elle avait été à l’écart pendant un certain temps.

« Ça n’a pas été facile parce que c’était vraiment un bloc durant lequel j’aurais aimé m’entraîner et consolider mon ski. Aussitôt que c’est arrivé, j’ai accepté le fait que ça s’était passé et j’ai continué de faire les bonnes choses pour guérir le plus vite possible. 

« C’est certain que je suis déçue d’avoir manqué de temps, mais au moins, ça m’a démontré que je n’ai pas besoin de beaucoup d’entraînement. […] Je commence à voir que tant que je fais des entraînements de qualité, je n’ai pas besoin de millions de jours pour m’entraîner. »

« Je me parlais intérieurement »

Valérie Grenier avoue avoir « commencé [sa] journée avec un peu de doutes » liés à sa blessure. Mais elle s’est rapidement rendu compte que ce ne serait « pas un problème ».

« J’avais quand même assez confiance. La piste était assez difficile, la neige était spéciale. C’était à moitié glacé, à moitié des bosses un peu partout.

« J’ai comme oublié que c’était difficile et j’y suis vraiment allée à fond », renchérit-elle.

La piste était longue, et se terminait par une partie à pic. « C’est là que tu commences à sentir tes jambes », illustre-t-elle.

« C’est à ce moment-là que je me parlais intérieurement et je me disais que ça ne me dérangeait pas, que je n’avais pas mal, que j’étais capable de me rendre jusqu’en bas. Ça a vraiment porté ses fruits, d’être forte mentalement. »

La dureté du mental, donc. Bob des Boys serait comblé.

« On dirait que je me dis souvent que peu importe ce qui se passe avant une course, ou pendant, je suis quand même capable de trouver une façon de passer par-dessus et de bien faire malgré tout. J’étais fière de voir que ça avait fonctionné encore une fois. C’est vraiment encourageant. »

– Valérie Grenier

Elle semble aussi avoir trouvé une mentalité qui lui sied bien pendant les compétitions.

« Pendant un bout, je voulais bien faire, mais je ne sentais pas toujours que c’était possible d’espérer un podium ou un top 10. On dirait que je voulais toujours un peu baisser mes attentes. Mais là, récemment, je commence à me dire que ce n’est pas fou de viser le podium, que je suis rendue là et que je fais partie des meilleures. 

« Ça se voit dans mon ski. Juste en pensant à mon ski, je n’ai pas besoin d’essayer quelque chose de différent. […] Ça a l’air de fonctionner, alors c’est super encourageant. »

« Hâte » aux JO

C’est aussi une bonne nouvelle en vue des Jeux olympiques de Pékin, qui commencent dans moins d’un mois.

Valérie Grenier revient à la maison ce dimanche pour une semaine, puis repartira pour Kronplatz, en Italie, où aura lieu la dernière Coupe du monde avant les Jeux, le 25 janvier.

« J’ai vraiment hâte, c’est certain, parce que ça fait longtemps que j’y pense », souligne-t-elle.

Elle sait aussi que la pandémie mondiale fera de ces Jeux une drôle d’expérience.

« Ce sera très différent de mes premiers Jeux, convient-elle. On va tous être dans le même bateau. Je suis prête à voir comment ce sera et à accepter la situation. »

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