Patinage de vitesse

« Ce n’est pas un désastre »

Laurent Dubreuil remet en perspective sa 12e place au 1000 m à la Coupe du monde de Stavanger

Après être monté sur le podium à 15 de ses 19 courses précédentes, Laurent Dubreuil a connu une rare déconvenue au 1000 m de la Coupe du monde de Stavanger, en Norvège, vendredi.

Son résultat ? Douzième. Pas de quoi se flageller. « Il y a quelques années, j’aurais rêvé d’être déçu d’une 12place ! », a souri le patineur de 29 ans quelques heures plus tard. « Ça ne fait pas si longtemps que je gagne des médailles ou que je finis dans le top 10 ou le top 5 au 1000 m. »

Spécialiste du 500 m, Dubreuil a élargi sa palette depuis deux ans, remportant le bronze au 1000 m aux deux dernières présentations des Championnats du monde.

Son style est sans compromis. Il décolle comme une bombe et « survit » sur les 200 derniers mètres. Après avoir réalisé une marque mondiale sur 600 m la semaine dernière en Pologne, où il a conclu au 5rang, le Québécois a de nouveau joué son va-tout vendredi. Encore premier après 600 m, il a perdu sa belle allure dans l’ultime demi-tour pour finir sur les vapeurs d’essence.

De son propre aveu, il n’avait pas les jambes qui l’ont conduit deux fois sur le podium au 500 m la semaine dernière.

« Je ne mentirai pas, ce n’était pas ma meilleure course. Je n’ai pas été capable d’exécuter exactement ce que je voulais faire. Je ne me sentais pas aussi bien physiquement. Je me sentais un peu à plat. J’espère que ce n’était qu’une mauvaise journée et que l’énergie va revenir. »

— Laurent Dubreuil

Sans pouvoir s’expliquer cette baisse de régime depuis son arrivée en Norvège, il conservait sa belle humeur.

« Si je veux essayer de rester positif, c’est une mauvaise course pour trois bonnes. Ce n’est pas stressant. Je ne suis qu’à 56 centièmes de la victoire. Même si j’ai fini 12e, je suis très proche des meilleurs. […] Ce n’est pas un désastre, même si c’est évident que ce n’est pas ma meilleure course. »

Antoine Gélinas-Beaulieu et Vincent De Haître, les deux autres Canadiens en lice, ont conclu au 15e et au 18rang.

« Ils ne sont pas imbattables »

Les Néerlandais ont monopolisé le podium comme la semaine dernière. À l’issue d’une course très serrée, Thomas Krol s’est imposé dans la dernière paire, devançant Kai Verbij et Kjeld Nuis par respectivement deux et huit centièmes.

« Ils sont vraiment bons, mais ils ne sont pas imbattables », a analysé Dubreuil, qui pointe maintenant au neuvième rang du classement sur la distance. « Il y a des années où Krol et Nuis – parfois avec [Pavel] Kulizhnikov [17vendredi] – sont nettement une coche au-dessus. Ils étaient souvent une seconde devant le quatrième ou le cinquième. Là, ils gagnent, mais par la peau des fesses. Je suis à cinq dixièmes avec une course qui ne me satisfait pas du tout. Ils sont de toute évidence les meilleurs au monde en ce moment, mais ils sont à portée de main. »

Toutes compétitions confondues, Dubreuil n’avait pas été exclu du top 10 depuis sa 15place au deuxième 500 m de la Coupe du monde d’Heerenveen, en janvier. Il s’était classé neuvième quelques heures plus tard au 1000 m.

« Au 1000 m, j’ai besoin d’une bonne course dans une bonne fin de semaine pour gagner des médailles. Ce n’est pas inquiétant. Ce n’est pas une super course, mais je ne suis pas loin. Je sais que les jambes vont revenir et que je vais être capable d’en gagner cette année aussi. »

— Laurent Dubreuil

Dubreuil s’alignera sur le premier de deux 500 m samedi. Jumelé au Russe Viktor Mushtakov dans la huitième paire, il aura le couloir extérieur, ce qui devrait le favoriser.

Du côté féminin, Valérie Maltais a pris le 20e et dernier rang au 1000 m. La championne canadienne a fini à 3,84 secondes de la médaillée d’or, l’Américaine Brittany Bowe.

« J’avais un peu les jambes chargées par le 5000 mètres que j’avais fait une heure et demie avant, a relevé la Québécoise. J’ai fait le maximum que je pouvais pour bien me remettre entre les courses. […] Je me sentais bien, mais aussitôt que j’ai fait le départ, je sentais qu’il me manquait un peu d’explosivité. »

Toujours en phase d’entraînement en vue des Coupes du monde 3 et 4 à Salt Lake City et Calgary, Maltais se réjouissait surtout de sa troisième position dans le groupe B au 5000 m. Son chrono lui aurait valu le neuvième rang dans le groupe A. Elle a ajouté cette épreuve à son programme à la dernière minute puisqu’il compte au classement combiné avec le 3000 m.

« Mon seul objectif était de ne pas partir trop vite. J’ai réussi à le faire et même à accélérer à la fin de la course. J’ai certainement des choses à aller chercher dans le 5000 qui vont m’aider au 3000. »

En congé samedi, Maltais prendra le départ du 1500 m dimanche.

L’argent pour Weidemann

Isabelle Weidemann, avec qui Maltais a gagné l’or à la poursuite par équipes la semaine dernière, a continué son excellent début de saison en décrochant l’argent au 5000 m.

Pendant toute l’épreuve, elle a tenu tête à la future gagnante, la Néerlandaise Irene Schouten, qui s’est détachée dans le dernier tour. Cette dernière a établi un record de piste à Stavanger. Transportée par son public, la Norvégienne Ragne Wiklund a complété le podium.

« Je suis contente de la façon dont mes courses se sont déroulées aujourd’hui, même si j’ai commis des erreurs à l’occasion des changements de couloir », a dit la patineuse d’Ottawa.

« C’est rassurant de voir que je réduis l’écart avec Schouten, qui est une adversaire très forte. Je dois revenir à la base et m’assurer de bien travailler sur les aspects tactiques de ma course pour ne pas commettre encore les mêmes erreurs. Je me concentre sur ce qui s’en vient et j’essaie de ne pas trop m’attarder pour l’instant aux résultats que j’obtiens.

« La saison est tellement longue, et j’ai appris durant le dernier cycle olympique qu’il vaut mieux avoir un peu de retenue pour m’assurer de ne pas brûler mon niveau d’énergie trop vite. J’espère qu’il m’en reste encore beaucoup pour la suite ! »

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