Réunion bilatérale

Une première rencontre, virtuelle, entre Trudeau et Biden prévue mardi

Le premier ministre Justin Trudeau s’entretiendra mardi avec le nouveau président des États-Unis, Joe Biden, dans le cadre de leur toute première « réunion bilatérale ». Celle-ci se tiendra toutefois virtuellement, pandémie oblige.

D’après un communiqué diffusé par le cabinet du chef libéral, en début d’après-midi samedi, les deux dirigeants discuteront de leurs « priorités communes » pour « mettre fin à la pandémie mondiale de COVID-19 ».

Parmi les autres thèmes qui devraient être abordés lors de cette rencontre, on note évidemment la relance économique ainsi que « le maintien de chaînes d’approvisionnement efficaces », mais aussi les changements climatiques, l’énergie, la défense et la sécurité, puis la diversité et l’inclusion.

Pour Joe Biden, il s’agira également d’un premier sommet bilatéral avec un dirigeant d’un autre pays. Plus tôt cette semaine, son administration avait déjà indiqué que le président ne rencontrerait aucun leader étranger en personne, dans la foulée de la crise de la COVID-19.

La Maison-Blanche a, de son côté, avancé que la réunion entre Joe Biden et Justin Trudeau « sera l’occasion pour les deux dirigeants de revoir les efforts communs dans des domaines d’intérêt mutuel, tels que la réponse à la COVID-19, les changements climatiques et les liens économiques, qui lient [leurs] pays ».

Sources de désaccord

Fin janvier, à l’issue d’un appel téléphonique « chaleureux », le premier ministre Trudeau avait reconnu que le Canada éprouvait une certaine « déception » face à la décision du gouvernement américain sur le permis de construction de l’oléoduc Keystone XL, que M. Biden a déjà choisi d’invalider. Le projet devait permettre de transporter 830 000 barils de pétrole brut par jour, entre l’Alberta et le golfe du Mexique.

« Ce ne sera pas toujours un alignement parfait avec les États-Unis. C’est le cas avec n’importe quel président », avait déclaré M. Trudeau en janvier dernier. Il s’était toutefois abstenu de parler de possibles mesures de rétorsion ou de sanctions contre Washington pour le moment.

L’automne dernier, le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne, qui a depuis été remplacé par Marc Garneau, avait soutenu que l’oléoduc était « une priorité à l’ordre du jour ». « Nous allons faire valoir notre point de vue en affirmant que le Canada est le fournisseur d’énergie le plus fiable des États-Unis », avait-il martelé.

Mais la décision des autorités américaines n’a pas tardé, comme prévu. Il y a cinq ans, en 2015, Joe Biden était vice-président quand Barack Obama a annoncé la suspension du permis de l’oléoduc Keystone XL. Il avait par la suite été autorisé à nouveau par Donald Trump.

Rappelons qu’Ottawa est également préoccupé par le plan « Buy American » des autorités américaines, visant à faire en sorte que les travailleurs et les fabricants des États-Unis soient les principaux bénéficiaires de sa stratégie de reprise économique. Le plan en question comprend aussi des décrets pour appliquer, élargir et resserrer davantage les dispositions, stratégie pour rendre les produits américains plus compétitifs et élargir la liste des « matériaux critiques » qui doivent être fabriqués aux États-Unis.

– Avec La Presse Canadienne

COVID-19

Des mesures « inéquitables envers les communautés de foi »

À partir du 26 février, une salle de cinéma pourra accueillir 250 personnes. Mais les lieux de culte restent limités à 10 fidèles. Les leaders religieux s’insurgent contre cette « discrimination ». L’archevêque de Québec, Gérald Cyprien Lacroix, demande à ses ouailles de joindre leur député et la Santé publique pour s’en plaindre.

Pression populaire

Vendredi, Mgr Lacroix a publié un message dans lequel il dénonce la « discrimination » des « décisions deux poids deux mesures » au sujet des cinémas et des lieux de culte. « Aujourd’hui, il m’est plus difficile d’exprimer ma solidarité avec les décisions annoncées, car elles m’apparaissent déraisonnables et inéquitables envers les communautés de foi », écrit Mgr Lacroix, qui n’a pas voulu donner d’entrevues. « Nous ne pouvons pas demeurer silencieux devant les décisions prises par les autorités. » S’il veut continuer le « dialogue » avec le gouvernement, Mgr Lacroix invite ses ouailles à « exprimer [leur] point de vue » aux députés et aux responsables régionaux de la Santé publique. La Table interreligieuse de concertation, qui négocie depuis le printemps dernier avec le gouvernement pour que les lieux de culte bénéficient aussi des relâchements des mesures de confinement, n’est pas d’accord avec le maintien de la limite de 10 fidèles, indique l’imam Hassan Guillet, représentant musulman à la Table. « Nous avons décidé, vendredi, d’intensifier nos contacts avec le gouvernement pour demander que les lieux de culte soient traités d’une façon équitable en comparaison avec d’autres secteurs comparables », dit l’imam Guillet.

Pétition pour Pâques

L’archevêque de Montréal, Christian Lépine, n’a pas suivi l’exemple de Mgr Lacroix, mais indique que l’infolettre de son diocèse mentionnera une pétition intitulée « Sauvons Pâques » sur le site Avaaz. « Je ne veux pas dire aux gens quoi faire, mais je constate le désarroi des gens, dit Mgr Lépine. Cette pétition vient de la base. On dit qu’il faut s’occuper de la santé psychologique en plus de la santé physique, mais il ne faut pas oublier la santé spirituelle. » Lancée par des fidèles de la paroisse Saint-Bonaventure, à Montréal, la pétition réclame que les lieux de culte puissent accueillir un nombre variable de fidèles en fonction de leur capacité normale, comme cela se fait en Ontario et en France, et comme on le fait pour les commerces et les autres lieux publics de rassemblement. La pétition a été relayée sur les réseaux sociaux par d’autres paroisses et dépasse maintenant 6000 signatures, notamment grâce à l’appui de groupes chrétiens orthodoxes et évangéliques, selon Élisabeth Boily, de la paroisse Saint-Bonaventure. « Je ne peux m’expliquer le silence de la Table et des évêques sur la pétition, dit Mme Boily. Il me semble que nous devrions marcher ensemble pour cette cause, mais on sent comme une gêne de leur part à prendre clairement position. Comme catholique, j’aurais besoin de me sentir plus soutenue par nos responsables. »

Des cendres par la poste

En Ontario, plusieurs régions ont pu rouvrir leurs lieux de culte à la mi-février jusqu’à 30 % de leur capacité normale. Étant donné l’incertitude, le diocèse de Sault-Sainte-Marie, dirigé depuis décembre par un ancien évêque auxiliaire de Montréal, a envoyé 6000 trousses du mercredi des Cendres, avec un peu de cendres bénies par l’évêque Thomas Dowd. « Deux des trois régions de mon diocèse sont rouvertes, mais pas la troisième, dit Mgr Dowd. Dans ce cas-là, on reste avec une limite de 10 personnes par messe. Alors on préfère garder les églises fermées. » Que pense Mgr Dowd du fait qu’au Québec, les autorités ne veulent pas permettre un nombre de fidèles proportionnel à la capacité normale des lieux de culte ? « Les autorités ont sûrement leurs raisons », dit Mgr Dowd.

Chants et prières

Les chants par les fidèles dans les lieux de culte sont proscrits par la Santé publique. Mais un flou subsiste quant aux prières à voix haute par l’ensemble des fidèles, qui, dans certaines communautés, durent plusieurs minutes. « Il est clair que c’est la même chose que le chant, estime l’imam Guillet. Les fidèles ne doivent pas prier à voix haute. Dans les mosquées, ça ne pose pas problème, parce que seul l’imam doit prier à voix haute. Si un fidèle prie à voix haute, ça annule sa prière. » Mgr Lépine, de son côté, croit que les fidèles peuvent répondre à voix haute « et avec votre esprit » quand le prêtre dit « le Seigneur soit avec vous ».

Coupable d’avoir maltraité des enfants, il rigole au procès

Un garçon battu à répétition et violemment empoigné par les testicules, une fillette « punie » par une agression sexuelle. Malgré la gravité de ses crimes, Yvon Gariépy n’a pourtant pas cessé de rigoler pendant son procès. Trente ans après avoir fait vivre un enfer à deux enfants, il vient d’être reconnu coupable sur toute la ligne.

« L’accusé adopte une attitude débonnaire pendant son témoignage, sur le ton de la conversation. Il rit fréquemment. Il s’amuse et recourt à l’humour. Son comportement général est inapproprié », gronde la juge Geneviève Graton dans sa décision.

Dans cette triste histoire de maltraitance d’enfants, Yvon Gariépy a été reconnu coupable de six chefs d’accusation d’agression sexuelle et de voies de fait mardi dernier au palais de justice de Montréal. La juge a complètement répudié la version « déraisonnable » de l’homme de 60 ans. Elle a plutôt été convaincue par le témoignage « sincère et honnête » des enfants, marqués au fer rouge par leur bourreau.

Yvon Gariépy a sévi de 1986 à 1988 dans le quartier Saint-Michel, alors que les deux enfants avaient de 7 à 11 ans. Alors dans la fin vingtaine, l’accusé avait à cette époque une certaine autorité sur les victimes, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication. Il leur donnait des ordres comme un « sergent de l’armée », selon ses dires.

Dans les faits, Yvon Gariépy avait pris pour « habitude » de violenter le garçon. « Il lui donne des claques, il le frappe de ses poings et de ses pieds sur toutes les parties de son corps », résume la juge. Le bourreau utilisait parfois une ceinture pour maltraiter le jeune enfant.

Dans un épisode particulièrement traumatisant, Yvon Gariépy cloue le garçon au mur, une main sous sa gorge, et le roue de coups. Il empoigne alors « fermement » l’enfant par les testicules pour le relever et continue de le frapper. Il le projette dans l’escalier comme un « sac de pommes de terre ». Ses testicules deviennent bleus et enflés.

Même si l’accusé n’avait alors aucune intention sexuelle, il s’agit néanmoins d’une agression sexuelle, affirme la juge.

Yvon Gariépy s’en est également pris à une fillette âgée de 5 à 7 ans, notamment en lui donnant la fessée. Il lui a déjà introduit un doigt dans le vagin pour la punir lors d’un bain. Il pouvait aussi la soulever d’un geste brusque.

« Un problème de crédibilité »

Au procès, Yvon Gariépy s’est défendu d’avoir frappé les enfants, disant être « trop gêné » et que « ce n’est pas son genre ». Les enfants le traitaient de « trou de cul », ajoute-t-il. Or, étonnamment, il a affirmé ne pas connaître cette expression. « Il vient de la campagne et il s’imagine que cela veut simplement dire “un battant”, quelqu’un qui travaille fort », souligne la juge.

Alors qu’il était question de son âge au moment des faits, Yvon Gariépy a « poussé l’audace » jusqu’à dire qu’il était « encore plus sexy » à 26 ans, déplore la juge.

« L’accusé souffre d’un problème de crédibilité et ses explications sont déraisonnables. Il se contredit souvent. Son témoignage baigne dans la confusion », conclut-elle.

Les observations sur la peine auront lieu en mars prochain. MLouise Blais représente le ministère public, alors que MOlivier Cusson défend l’accusé.

Le personnel de soutien en milieu scolaire vote un mandat de grève

Le personnel de soutien affilié au Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB-Québec, FTQ), dont la convention collective est échue depuis le 31 mars 2020, a voté en faveur d’un mandat de grève, samedi soir. C’est dans une proportion moyenne de 91 % que les membres du syndicat, qui représente autant des secrétaires que des interprètes et des éducateurs en service de garde de cinq centres de service, ont voté pour ce mandat de grève. Aucune date n’a encore été annoncée pour le débrayage d’une durée de cinq jours. Selon la présidente du Conseil national du soutien scolaire du SEPB-Québec, Marie-Claude Éthier, le manque de reconnaissance et d’écoute de Québec fait partie des sources de frustration. Elle soulève aussi la précarité dans ce secteur, où 66 % des emplois sont soit temporaires, soit à temps partiel. « Nos membres en ont assez et ils ont décidé de se tenir debout face à un gouvernement méprisant et intraitable », a déclaré pour sa part Pierrick Choinière-Lapointe, directeur exécutif du SEPB-Québec.

— Léa Carrier, La Presse

Ouïghours

L’ambassadeur de Chine met en garde les députés canadiens

L’ambassadeur de Chine au Canada demande aux élus canadiens de ne pas se mêler des affaires intérieures de son pays alors que le Parlement doit se prononcer sur une déclaration qui reconnaît qu’un génocide contre les Ouïghours musulmans est en cours dans la province du Xinjiang. La motion déposée par les conservateurs pourrait faire l’objet d’un vote non contraignant dès lundi. Cong Peiwu a réitéré le point de vue de son gouvernement selon lequel les Ouïghours ne sont pas maltraités en Chine. Il dénonce également le Canada pour avoir été à l’origine d’une déclaration signée par 58 pays contre les détentions arbitraires. L’initiative canadienne intervient alors que les Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor sont incarcérés en Chine depuis plus de 800 jours. Selon Cong Peiwu, si le Canada voulait être à la hauteur de l’esprit de cette déclaration, il devrait libérer la dirigeante de Huawei Meng Wanzhou, que la GRC a arrêtée en vertu d’un mandat d’extradition américain et qui, selon les autorités chinoises, est également détenue arbitrairement. — La Presse Canadienne

Rectificatif

Texas

Dans le texte « Les Texans toujours sans eau ni électricité » paru dans notre numéro de samedi, nous avons écrit que le Texas compte 13 millions d’habitants. La population de cet État est plutôt de 29 millions de personnes. Nos excuses.

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