Transports en communs

La france laisse tomber le masque, mais pas le québec

Alors que la France annonce que le port du masque ne sera plus obligatoire dans les transports publics, Québec préfère être patient

À quelques jours de la fin du port du masque dans la majorité des lieux fermés, Québec hésite toujours à imiter la France, où cette obligation sera levée pour les transports publics lundi. La propagation de la COVID-19 se résorbant, la Santé publique prévoit toutefois présenter ses recommandations quant aux mesures à maintenir dans les autobus et le métro au gouvernement Legault dans les prochains jours.

« Les décès, les hospitalisations, les absences des travailleurs de la santé ne cessent de décroître, et [cela] montre que nous avons eu raison d’amorcer graduellement un retour à la normale de manière prudente », a déclaré mercredi le directeur national de santé publique, le DLuc Boileau, en conférence de presse, à Montréal.

Compte tenu de ce contexte favorable, ce dernier a également annoncé qu’il réduira ses rendez-vous avec les médias, tout en ayant un œil sur la situation pandémique dans la province et ailleurs dans le monde.

À compter du 14 mai, la seule mesure restrictive pour lutter contre la pandémie au Québec sera donc l’obligation du port du masque dans les transports publics, dans les établissements de santé, à l’exception des unités de santé mentale, et dans les édifices du gouvernement fédéral.

« Une belle civilité »

« [Le masque] va toutefois continuer à être recommandé pour les personnes qui en ont besoin, les personnes les plus vulnérables aux infections », a rappelé le DBoileau en soulignant que ces personnes pourraient devoir fréquenter des gens infectés sans le savoir dans ces milieux.

La Santé publique préfère attendre de voir l’impact sur la situation pandémique de la levée du masque ailleurs avant de prendre une décision pour ce qui est des autobus et du métro. Même s’il a bon espoir que « le retrait du port du masque pendant le week-end n’affectera pas la courbe descendante » des cas, la Santé publique « voudrait être plus [armée] de données pour aller vers » la levée dans les transports publics.

C’est que leurs usagers « n’ont pas le choix [d’y] d’aller, pour gagner leur vie », d’être exposés à d’autres individus, a indiqué la conseillère médicale stratégique au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), la Dre Marie-France Raynault. Attendre une diminution significative de la transmission communautaire reste donc la meilleure option, selon elle. C’est d’ailleurs pourquoi le port du masque dans les transports publics restera « une belle civilité » à l’égard des autres, selon la Dre Raynault.

La France passe à autre chose

Le ministre français de la Santé, Olivier Véran, a annoncé mercredi que le port du masque ne sera plus obligatoire dans les transports collectifs à partir de lundi prochain. Cette annonce signe ainsi la fin de l’une des dernières mesures en vigueur dans l’Hexagone pour lutter contre la COVID-19.

Si « le port du masque reste recommandé, mais n’est plus obligatoire », a-t-il dit, c’est que cette contrainte n’est « plus adaptée », alors que la vague actuelle de COVID-19 connaît un fort repli dans le pays.

Encore en baisse dans le réseau

Dans le réseau de santé québécois, on a observé mercredi une baisse de 54 hospitalisations. À ce jour, 1847 patients demeurent donc hospitalisés, dont 62 se trouvent toujours aux soins intensifs (- 4).

Les 1847 personnes hospitalisées représentent une baisse de 15 % sur une semaine. Aux soins intensifs, les 62 patients montrent une baisse de 21 %. Le nombre de personnes hospitalisées devrait continuer à diminuer au cours des prochains jours, le nombre de sorties continuant à surpasser les admissions. On recense en moyenne 47 patients de moins chaque jour.

Dans de nouvelles projections diffusées mercredi, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) prévoit « une diminution du nombre de nouvelles hospitalisations à environ 55 par jour », avec un intervalle entre 37 et 81. L’organisme anticipe également « une diminution des lits réguliers occupés par des patients COVID », pour atteindre les niveaux 2 et 3 définis par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), soit environ 1068 lits avec un intervalle entre 974 et 1171. Aux soins intensifs, on prévoit atteindre « environ 20 % des lits du niveau 1 défini par le MSSS », l’équivalent de 35 lits avec un intervalle entre 32 et 39.

Québec a également signalé mercredi 1101 nouveaux cas de COVID-19, ce qui porte la moyenne quotidienne à 1007. La tendance est ainsi en baisse de 28 %. Les 23 nouveaux décès rapportés, eux, portent la moyenne quotidienne calculée sur 7 jours à 19. La tendance est stable sur une période d’une semaine.

Côté vaccination, un peu plus de 18 785 doses supplémentaires ont été administrées mardi, auxquelles s’ajoutent environ 465 vaccins donnés avant le 10 mai qui n’avaient pas encore été comptabilisés. La province a maintenant surpassé le cap des 20 millions de doses administrées depuis le début de la pandémie.

— Avec l’Agence France-Presse

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.