Iran

La citation du jour

« La limite d’enrichissement de l’Iran ne sera pas de 20 %. Nous agirons selon nos besoins […]. Nous pourrions augmenter l’enrichissement à 60 %. »

— L’ayatollah iranien Ali Khamenei a averti lundi que son pays pourrait enrichir l’uranium à 60 % si nécessaire, un geste de défi à l’égard de l’Occident en pleins échanges diplomatiques pour tenter de sauver un accord censé encadrer le programme nucléaire iranien. (AFP)

Birmanie

Des centaines de milliers de manifestants malgré les menaces

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté lundi en Birmanie pour dénoncer de nouveau le coup d’État militaire, bravant la junte qui a averti les contestataires qu’ils risquaient de « périr ».

Le pouvoir avait brandi dimanche cette menace de recourir à la force létale pour en finir avec « l’anarchie », au terme d’un week-end endeuillé par la mort de trois manifestants.

Malgré cela, trois semaines après le putsch du 1er février et l’arrestation de l’ancienne cheffe du gouvernement civil, Aung San Suu Kyi, la mobilisation en faveur de la démocratie ne faiblit pas.

Des manifestations quotidiennes sont organisées alors qu’une campagne de désobéissance civile perturbe le fonctionnement de l’État et de l’économie.

À l’international, l’ONU a appelé lundi l’armée birmane à « immédiatement arrêter la répression », tandis que l’Union européenne « se tient prête » à imposer des sanctions aux militaires responsables du coup d’État.

« Les manifestants sont en train d’inciter les gens, notamment les adolescents et les jeunes exaltés, à se lancer sur la voie de la confrontation où ils périront », ont mis en garde dimanche soir les autorités dans un communiqué lu sur la chaîne de télévision publique MRTV.

« Avertissement à la junte : contrairement à 1988, les agissements des forces de sécurité sont enregistrés et vous devrez rendre des comptes », leur a répliqué sur Twitter le rapporteur spécial de l’ONU pour les droits de l’Homme en Birmanie, Tom Andrews.

— Agence France-Presse

COVID-19

Début de la campagne de vaccination à Gaza

La campagne de vaccination contre la COVID-19 a débuté lundi dans la bande de Gaza, après la livraison de milliers de doses en provenance des Émirats arabes unis et de l’Autorité palestinienne établie en Cisjordanie, selon des journalistes de l’AFP. « La priorité est donnée au personnel médical, en première ligne de la pandémie, puis aux personnes âgées malades », a indiqué lors d’une conférence de presse le DMedhat Muheisen, responsable du ministère de la Santé du Hamas, mouvement islamiste au pouvoir à Gaza. Dimanche, quelque 20 000 doses du vaccin russe Spoutnik V sont arrivées en provenance des Émirats, et par la frontière égyptienne, dans l’enclave palestinienne sous blocus israélien. Un premier lot de 2000 doses du vaccin russe avait été envoyé mercredi dernier par l’Autorité palestinienne vers le territoire paupérisé de 2 millions d’habitants. L’Autorité palestinienne avait accusé Israël d’avoir refusé l’entrée de vaccins dans l’enclave et le Hamas avait dénoncé une « violation » du droit international. Selon des sources sécuritaires israéliennes, la demande d’entrée de vaccins était alors « en cours d’examen et attendait une décision politique ». À Gaza, les autorités ont recensé près de 54 460 cas de personnes contaminées, dont 545 morts. En Cisjordanie occupée, autre territoire palestinien, plus de 120 500 malades ont été détectés, dont 1440 morts.

— Agence France-Presse

Vaccins contre la COVID-19

L’OMS s’en prend aux pays riches

Le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a accusé lundi certains pays riches de « saper » le dispositif de distribution de vaccins anti-COVID-19 Covax, destiné notamment aux pays défavorisés, en persistant à joindre directement les fabricants pour avoir accès à davantage de doses. « Le nombre de doses allouées à Covax a été réduit à cause de cela », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse par visioconférence avec le président allemand, Frank-Walter Steinmeier. Le système Covax a été mis en place pour éviter que les pays riches n’accaparent l’ensemble des doses de vaccins qui sont encore fabriquées en quantités trop réduites pour répondre à la demande mondiale et comprend notamment un mécanisme de financement qui doit permettre à 92 économies à faible et moyen revenu d’avoir accès aux vaccins. Mais la pénurie de vaccins fait que les premières distributions aux pays démunis ne devraient pas avoir lieu avant la fin du mois, alors que, dans beaucoup de pays riches, les campagnes de vaccination ont commencé à la fin de 2020. « Nous pouvons seulement livrer des vaccins aux pays membres de Covax si les pays riches coopèrent en respectant les contrats passés par Covax », a-t-il insisté. Frank-Walter Steinmeier a lui aussi plaidé pour que les vaccins soient plus largement distribués, pour des raisons morales, mais aussi parce que c’est dans l’intérêt de tous d’éradiquer le virus rapidement.

— Agence France-Presse

Lutte anticorruption en Afrique du Sud

La commission réclame deux ans de prison pour Zuma

La commission chargée d’enquêter sur la corruption d’État généralisée lorsque Jacob Zuma était au pouvoir a réclamé lundi, auprès de la plus haute juridiction du pays, deux ans de prison à l’encontre de l’ex-président d’Afrique du Sud pour son refus de témoigner. Depuis la création de la commission en 2018, M. Zuma, déjà mis en cause par une quarantaine de témoignages, multiplie les manœuvres pour éviter d’avoir à s’expliquer, empilant les recours ou faisant valoir son droit au silence. Après des mois à jouer au chat et à la souris, la commission du juge Raymond Zondo a mis ses menaces à exécution en déposant un recours urgent auprès de la Cour constitutionnelle pour que l’ancien chef de l’État soit puni d’avoir « intentionnellement et illégalement » refusé de faire avancer l’enquête. Le lundi 15 février, Jacob Zuma avait une énième fois snobé la commission anticorruption devant laquelle il était convoqué toute la semaine. Mais cette fois-ci, il avait en même temps fait fi d’une décision rendue en janvier par la Cour constitutionnelle, l’obligeant à comparaître et le privant du droit à garder le silence. La commission demande désormais à la juridiction suprême qu’elle tranche si ce dernier affront de M. Zuma constitue un « outrage à la justice » et, le cas échéant, qu’il soit envoyé derrière des barreaux.

— Agence France-Presse

Ouganda

Bobi Wine abandonne son recours contre l’élection présidentielle

Le leader de l’opposition, Bobi Wine, a annoncé lundi qu’il retirait le recours déposé devant la Cour suprême ougandaise pour contester les résultats de l’élection présidentielle du mois dernier, accusant l’institution de manquer d’impartialité. Le président, Yoweri Museveni, 76 ans, a remporté le scrutin pour la sixième fois de suite le 14 janvier, avec 58 % des voix, face à M. Wine, un ancien chanteur de 39 ans, qui a obtenu 35 % des suffrages et a dénoncé une « mascarade ». M. Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, avait déposé le 1er février un recours devant la Cour suprême, affirmant disposer de nombreuses preuves d’irrégularités, comme l'intimidation d’électeurs, des enlèvements au sein de son parti et des fraudes massives. Mais l’ancien candidat a déclaré lundi avoir demandé à ses avocats de retirer ce recours, accusant les juges chargés du dossier de « biais » et de « manque d’indépendance ». « Nous refusons de prendre part à cette parodie de justice. Le peuple d’Ouganda aura le mot final sur sa destinée. Ayant retiré notre recours devant l’injuste Cour suprême d’Ouganda, nous mettons toutes les options légales, non violentes sur la table », a déclaré l'opposant. Le cadre légal pour contester les élections est ouvertement critiqué en Ouganda, car les juges de la Cour suprême examinent seulement les évènements survenus le jour de l’élection et le jour de la déclaration des résultats, sans prendre en compte la campagne électorale dans son ensemble.

— Agence France-Presse

Royaume-Uni

La désinformation nuit à la vaccination des minorités

Les vaccins contre le coronavirus ne contiennent pas de porc et ne rendent pas stérile : au Royaume-Uni, des célébrités démontent des rumeurs pour convaincre certaines minorités ethniques, plus réticentes que le reste de la population, de se faire vacciner contre la COVID-19.  

Cette méfiance jette une ombre sur le succès de la campagne de vaccination britannique. Or, l’enjeu de ces campagnes est de taille : ces minorités sont plus endeuillées que la moyenne par la pandémie.

Lors d’une récente réunion, Nikita Kanani, l’un des responsables du service public de santé (NHS), a évoqué des communautés entières traumatisées, par des « expériences inappropriées » menées sur leurs représentants dans le passé.

Le gouvernement travaille avec des responsables religieux et communautaires, et a mis en place des centres de vaccination dans des mosquées ou des temples hindous.  

Les musulmans et les juifs ont été rassurés sur le fait que les vaccins ne contiennent pas de porc ou de cellules souches fœtales. Des imams ont souligné que recevoir une dose de vaccin n’enfreindra pas le jeûne du ramadan, qui commence à la mi-avril.  

Pas de puce dans le vaccin

Une campagne télévisée s’appuie aussi sur des célébrités noires et sud-asiatiques.

 « Il n’y a pas de puce ou de pisteur dans le vaccin pour regarder où vous allez », y déclare le comédien et présentateur de télévision Romesh Ranganathan, en référence à l’une des rumeurs véhiculées. « Votre téléphone portable est bien plus efficace pour ça ».

Les chiffres d’OpenSAFELY, une base de données gérée par la London School of Hygiene and Tropical Medicine et l’Université d’Oxford, ont montré que le taux de vaccination au début de février dans les communautés bangladaises et pakistanaises n’était que de 59 %. Parmi les personnes d’origine africaine, il était inférieur à 49 %.

— Agence France-Presse

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