L’ouragan Fiona souffle sur les  Caraïbes

L’ouragan Fiona a frappé lundi la République dominicaine après avoir causé des inondations et des dégâts « catastrophiques » à Porto Rico, son voisin des Caraïbes, où il a privé les habitants d’électricité et continue de provoquer de fortes précipitations.

De nombreuses routes ont été inondées ou bloquées par des chutes d’arbres ou de poteaux électriques dans les alentours de la station balnéaire de Punta Cana, dans l’est de la République dominicaine, où l’alimentation en électricité a été interrompue, selon des journalistes de l’AFP sur place.

Depuis lundi matin, 789 personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers pour aller vers des « zones sûres », a déclaré à la presse le général Juan Méndez García, directeur du Centre des opérations d’urgence.

Les vents soufflaient jusqu’à 150 km/h et Fiona devrait encore se renforcer « au cours des deux prochains jours » pour devenir un ouragan de catégorie 3 mardi (sur l’échelle de Saffir-Simpson, qui va jusqu’à 5), selon le Centre national des ouragans, basé à Miami.

Fiona se dirigeait lundi soir vers les îles Turques-et-Caïques.

L’ouragan, qui a touché terre en République dominicaine tôt lundi, « est passé à toute vitesse », a dit Vicente Lopez, qui s’occupe de la plage de Bibijagua à Punta Cana, en déplorant les commerces détruits.

De forts vents balayaient également la ville de Nagua, dans le nord du pays, a constaté l’AFP.

Des vidéos publiées dans la presse locale montraient des habitants de la ville côtière de Higüey, dans l’Est, de l’eau jusqu’à la taille, tentant de mettre des effets personnels à l’abri.

État d’urgence

À Porto Rico, où l’ouragan est d’abord passé et où une alerte à la tempête tropicale reste en vigueur, « les dégâts pour l’infrastructure […] et les maisons ont été catastrophiques », a dit le gouverneur de Porto Rico, Pedro Pierluisi, lors d’une conférence de presse.

Fiona a provoqué des glissements de terrain, fait tomber des arbres et des lignes électriques, rendu des routes impraticables et emporté un pont dans la ville d’Utuado.

Un homme est mort « calciné » en mettant du carburant dans un générateur allumé, selon les autorités.

« Malheureusement, nous attendons davantage de pluie sur toute l’île aujourd’hui et demain », a dit le gouverneur de Porto Rico, en exhortant la population à ne pas s’aventurer dans les rues.

« Dans beaucoup de régions, qui n’avaient jamais eu d’inondations, il y a eu une accumulation d’eau sans précédent […]. Plus que ce que nous avons vu pendant l’ouragan Maria. »

— Pedro Pierluisi, gouverneur de Porto Rico

Plus de 800 000 personnes se sont également retrouvées sans service d’eau potable, selon les autorités. « Nous sommes sans électricité et sans eau », a déclaré à l’AFP Elena Santiago, anesthésiste à l’hôpital d’Aibonito, dans le centre de l’île.

Le passage de Fiona « a été violent », a-t-elle expliqué. « L’hôpital fonctionne grâce à un générateur, nous ne traitons que les urgences. »

Coupures de courant

Ancienne colonie espagnole, Porto Rico, qui est devenu territoire américain à la fin du XIXe siècle avant d’acquérir un statut spécial d’« État libre associé » dans les années 1950, connaît de graves problèmes d’infrastructures depuis plusieurs années.

L’île avait été dévastée en 2017 par les ouragans Irma et Maria, qui avaient sérieusement endommagé son réseau électrique. Celui-ci a ensuite été privatisé en juin 2021 avec pour but affiché de résoudre le problème des coupures de courant. L’île a cependant connu une panne générale en avril 2022.

L’ensemble du territoire de Porto Rico, qui compte plus de 3 millions d’habitants, a été privé d’électricité à l’approche de l’ouragan. Lundi, le courant avait été rétabli pour 100 000 personnes, selon le gouverneur.

Dimanche, Fiona était passé du statut de tempête tropicale à celui d’ouragan de catégorie 1, au bas de l’échelle de Saffir-Simpson, et s’était abattu sur la côte sud-ouest de Porto Rico.

Le président des États-Unis, Joe Biden, a déclaré l’état d’urgence. Il s’est entretenu lundi avec le gouverneur de l’île et a indiqué que le nombre de membres du personnel fédéral aidant déjà le territoire et s’élevant à plus de 300 allait augmenter « de manière conséquente ».

Avec le réchauffement de la surface des océans, la fréquence des ouragans les plus intenses, avec des vents plus violents et des précipitations plus importantes, augmente. Ils font notamment courir un risque de plus en plus important aux communautés côtières.

Fiona avait déjà causé de sérieux dégâts lors de son passage en Guadeloupe dans la nuit de vendredi à samedi. Par endroits, l’eau était montée de plus de 1,5 mètre. Un homme y était mort, emporté avec sa maison par les flots d’une rivière en crue.

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