Gourmand

À la carte

La scène gastronomique montréalaise se réinvente sans cesse. Ouverture de restaurants, nouveaux menus, évènements… Nous vous présentons chaque semaine ce qu’il ne faut pas manquer pour bien boire et bien manger.

En vedette

Place Carmin : enfin !

Elle a été longue, la route pour ouvrir enfin ce magnifique restaurant du Vieux-Montréal joliment nommé Place Carmin. Fruit du chef François Nadon et de la maître d’hôtel Mélanie Blanchette, duo qui nous a donné les excellents Bouillon Bilk et Le Cadet, ce nouveau restaurant devait ouvrir en novembre 2019 dans l’ancien Le Local, qui a été à une époque un établissement fort couru. Quelques retards de construction et une pandémie plus tard, l’endroit a enfin ouvert le 1er juillet. L’écrin, réalisation de la firme de design Clairoux, est de toute beauté, et met en valeur la lumière naturelle de ce grand espace – et ses puits de lumière – avec ses murs crème, ses banquettes caramel et ses luminaires ronds.

Le nom, Place Carmin, est inspiré des pommiers qui poussent autour de la grande terrasse donnant sur la rue William, qui devrait être aménagée au courant de l’été. La carminée est une réduction de jus de pomme, alors que le mot « carmin » désigne une couleur d’un rouge profond, dont on retrouve les touches sur les tables de la salle à manger. Le concept de l’endroit ne se veut pas une imitation de ce qu’on trouve au Bouillon Bilk ou au Cadet, avertit Mélanie Blanchette. Il s’agit réellement d’une nouvelle identité culinaire que le duo, de pair avec son nouvel associé, Émile Collette, qui a officié comme sous-chef cinq ans au Bouillon Bilk, a imaginée. « Notre idée, c’est de faire une brasserie française, en travaillant avec de bons producteurs et de beaux produits, dans un cadre intéressant », résume la maître d’hôtel. La carte, qui demeure raffinée, est relativement accessible, avec des plats roboratifs comme des pièces de bœuf sur le gril, servies avec frites et sauce, une poitrine de canard poêlée avec sa sauce au foie gras, ou encore l’étonnant ris de veau en croûte, un délice. Pour dessert, on se fait plaisir avec la tour de « trous » de beigne avec sauces chocolat et caramel. La carte des vins, équilibrée, est répertoriée par région avec des appellations connues, de beaux classiques et quelques vins orange.

Au départ, l’idée est venue d’un désir des propriétaires de répondre à une demande grandissante pour les évènements privés. Le grand local, divisé en plusieurs sections, pourra effectivement répondre aux besoins de plusieurs types de groupes (dans le respect des mesures sanitaires en place, évidemment). À la salle principale, subdivisée en salle à manger avant conviviale, bar et autre espace plus feutré offrant la vue sur la cuisine ouverte, s’ajoutent une autre salle lumineuse accueillante et une seconde, à l’étage, qui reste à aménager, et qui pourra accueillir réunions de travail, réceptions de mariage ou partys de Noël de bureau.

740, rue William

Sur la route

Nouvel emplacement dans l’île d’Orléans pour le Panache Mobile

Ouvert depuis plus de 10 ans dans l’île d’Orléans, près de Québec, le Panache Mobile, affilié à l’Auberge Saint-Antoine et à son restaurant Chez Muffy, est de retour cette saison dans un tout nouvel emplacement. Après le Vignoble Ste-Pétronille, voilà que le restaurant saisonnier s’installe pour tout l’été au Parc maritime de Saint-Laurent. Du jeudi au dimanche, on s’y rend profiter de la vue sur le fleuve, tout en dégustant un menu axé sur la fraîcheur qu’on se procure au camion de cuisine Panache Mobile. Les producteurs de l’île et de la région sont à l’honneur : soupe froide aux asperges avec fromage Louis d’Or, salade de canard fumé, bol de saumon et nouilles soba... Quelques plats plus costauds, comme une poutine au porc effiloché ou un burger, sont aussi au menu. Réservation recommandée. —  Iris Gagnon-Paradis, La Presse

120, chemin de la Chalouperie, Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans

Actualités

Du nouveau au Reine Elizabeth

C’est sous le signe de la nouveauté que Fairmont Le Reine Elizabeth a rouvert ses restaurants et lieux gastronomiques, à la fin de juin, dont la très courue terrasse du bar à cocktails Nacarat, qui propose des cocktails impeccables et un menu barbecue pour la saison chaude. Mais il y a plus : un nouveau chef, Edgar Trudeau-Ferrin, est désormais à la barre du Rosélys, restaurant principal du chic hôtel du centre-ville, succédant à Maxime Delmont, qui officiait à la tête du restaurant depuis son ouverture, il y a quatre ans. Formé auprès du chef Alain Ducasse au Plaza Athéna, en France, et détenant 20 ans d’expérience dans le domaine, Edgar Trudeau-Ferrin connaît bien les alentours : il travaillait dans les cuisines du restaurant depuis 2017 et a occupé les postes de sous-chef, puis de chef du service traiteur de l’hôtel, RE Le Traiteur, désormais sous l’égide du chef Yohan Courby. Le nouveau chef a notamment développé une offre de brunch à la carte, fort délicieuse, qui est servie tous les dimanches. Au menu, plusieurs plats bien équilibrés et beaucoup de fraîcheur, comme un saumon confit dans son eau de concombre au citron vert avec racines de taro croquantes, pancake à la coréenne servi avec crevettes et œuf poché, surmonté d’une salade croquante d’endives et de poires asiatiques, ou encore un scotch egg accompagné de pousses d’épinards et de radis. Quant au Marché des artisans, dont l’espace est actuellement fermé, il continue de proposer repas pique-nique et coffrets repas à emporter. —  Iris Gagnon-Paradis, La Presse

900, boulevard René-Lévesque Ouest

Ouverture

Café et beignes d’exception

Le café 49th Parallel a ouvert cette semaine, à l’angle des rues McGill et Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal. C’est le premier établissement de l’entreprise à voir le jour à l’extérieur de Vancouver, où il existe déjà trois (bientôt quatre) cafés mettant en valeur les grains d’un des premiers torréfacteurs de spécialité canadiens. Dans le moulin à espresso, les baristas alterneront entre les mélanges Old School et Epic, selon ce que leurs papilles leur conseilleront chaque matin. Notre piccolo (petit latte) à base d’Epic était excellent. En filtre, les origines uniques varieront en fonction des arrivages. Pour commencer, un grain colombien de torréfaction légère à moyenne, bien pâtissier, baptisé Vieux Montréal. Ce café hommage sera également en vedette sur la côte Ouest, pour marquer la nouvelle présence de 49th en sol québécois. Les Montréalais ont aussi droit aux beignes Lucky’s, sous-division de l’entreprise. Quelques recettes ont été créées pour le nouveau marché, dont un surprenant mais délicieux beigne salé farci au fromage à la crème et saupoudré de sésame, de pavot, d’oignon et d’ail, rappelant le « everything bagel ». Il y a aussi un beigne au chocolat dont le glaçage est aromatisé à la stout au café, une collaboration entre la brasserie Vox Populi et 49th Parallel. Plusieurs options véganes sont proposées et, à terme, on pourra bruncher dans l’élégant local que vient tonifier une œuvre murale de l’artiste montréalaise Stikki Peaches. Vivement le retour des travailleurs dans les bureaux du Vieux-Montréal, pour (re)donner vie aux beaux locaux comme celui de l’ancien Déli Plaza McGill. —  Ève Dumas, La Presse

488, rue McGill

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