Listes d’attente en imagerie médicale

Payer un technicien 100 $ par patient, la solution d’un syndicat

Quelque 30 000 personnes dans la seule région des Laurentides attendent une imagerie médicale (scan, mammographie, etc.) L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dit avoir une solution pour vider les listes d’attente faites de dizaines de milliers de noms à travers le Québec : verser 100 $ par patient aux technologues.

Dans un document émanant du CISSS des Laurentides et daté de juin 2021, les délais pour avoir une échographie dans l’un ou l’autre des six hôpitaux de ce territoire variaient de 21 à 33 mois.

En entrevue avec La Presse, Robert Comeau, président de l’APTS, assure qu’avec les seules ressources du secteur public, il serait possible de régler le problème de toutes les listes d’attente en imagerie du Québec en y allant d’un blitz.

Il souligne qu’il y a un précédent, du temps où le gouvernement Bouchard en avait été réduit à envoyer des patients atteints de cancer se faire soigner dans des hôpitaux américains tant il y avait débordement ici en radio-oncologie.

À l’époque, souligne M. Comeau, on avait demandé aux technologues de faire plus d’heures.

« Ils avaient 100 $ par patient traité. Les gens ont embarqué dans le projet. Il faut nous parler, nous demander notre avis. »

— Robert Comeau, président de l’APTS

Mais pourquoi ne pas procéder par des heures supplémentaires, tout simplement ?

À cela M. Comeau répond que ses membres en font déjà, mais que « le gouvernement choisit davantage la voie d’envoyer [les patients] au privé ».

En juillet, parce que 160 000 Québécois attendaient une tomodensitométrie (scan) ou un examen d’imagerie par résonance magnétique (IRM), le gouvernement Legault a donné 10 contrats à des établissements de santé et des laboratoires d’imagerie médicale privés.

Difficile d’identifier la source du problème

Manque-t-on de technologues pour faire les tests ?

M. Comeau répond qu’il y a 2000 technologues de plus qu’il y a 10 ans au Québec.

Où est le problème, alors ? D’une part, comme l’ont déjà reconnu des ordres professionnels appelant à une prise de conscience, les médecins multiplient trop souvent les requêtes de tests diagnostiques, entre autres par peur d’échapper des cas et d’être poursuivis, dit M. Comeau. Il fait remarquer aussi que les infirmières ont maintenant également le droit de prescrire certains types de radiographies.

Mais il y a plus. Les nouvelles technologies et les plus nombreux appareils ont multiplié les possibilités de tests. « Il se fait maintenant de la résonance magnétique partout au Québec », fait par exemple remarquer M. Comeau.

Encore faut-il que les examens soient analysés par des médecins.

En Gaspésie, il a fallu l’indignation d’une résidante, qui a écrit à la commissaire aux plaintes et à la qualité des services du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie et qui a envoyé sa plainte à Radio-Canada, pour que les choses bougent. (En août, elle n’avait toujours pas reçu les résultats de sa mammographie faite en mai et qui était pour elle source d’angoisse.)

Le retard étant généralisé, un radiologiste a finalement été dépêché pour faire un blitz de lectures d’examens, a écrit Radio-Canada. Selon l’APTS, cela irait mieux dans ce coin de pays depuis.

Le CISSS de la Gaspésie n’a pas rappelé La Presse malgré nos demandes répétées.

Dans les Laurentides, une unité mobile a été déployée pour les personnes en attente d’une mammographie. Un nouvel appareil de résonance magnétique a été ajouté récemment à Saint-Jérôme. Il n’est pas exclu qu’il y ait certains dédoublements sur les listes d’attente, certaines personnes essayant d’avoir le même test dans plus d’un hôpital, a pour sa part fait valoir le CISSS des Laurentides.

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