Les sceptiques seront confondus-dus-dus

Les partisans, les analystes, les joueurs, les entraîneurs, les dirigeants : tout le monde a des préjugés en regardant une partie de hockey. Parfois positifs. Parfois négatifs.

Nous sommes influencés par la taille d’un joueur. Par sa réputation. Par son statut dans l’organisation. Par un but mémorable. Par son apparence physique, même.

Maintenant, amusons-nous. Retirons les étiquettes, comme dans une dégustation de vins. Fions-nous seulement aux statistiques de la dernière saison du Canadien.

Qui mérite de jouer en supériorité numérique ? Quel centre pourrait passer à l’aile ? Qui est sous-estimé ?

Les sceptiques seront confondus-dus-dus !

Qui jouera au centre ?

Joueur A : 32,8 % aux mises en jeu / 0,37 point par match / - 18

Joueur B : 53,2 % aux mises en jeu / 0,35 point par match / - 15

Le Canadien compte cinq centres dans son alignement : Nick Suzuki, Christian Dvorak, Kirby Dach, Sean Monahan et Jake Evans. S’ils sont tous en santé, qui sera transféré à l’aile ? Un élément à considérer, c’est le taux de succès aux mises en jeu. Un de ces joueurs n’a remporté que 32 % de ses confrontations la saison dernière. C’est très peu. Difficile de créer de l’attaque quand, sept fois sur dix, l’adversaire amorce la séquence avec la rondelle. Et ce n’était pas qu’une mauvaise saison ou un manque de collaboration de ses ailiers. Son taux de réussite en carrière est de 34,6 % – le pire parmi les centres titulaires de la LNH depuis cinq ans.

Le joueur A est Kirby Dach. Le joueur B est Sean Monahan.

Qui jouera en supériorité numérique ?

Joueur A : 180 minutes en SN / 4,31 points par 60 minutes

Joueur B : 146 minutes en SN / 1,23 point par 60 minutes

Lorsque le Canadien profitait d’une supériorité numérique, la saison dernière, ça ne paraissait pas toujours. Le club n’a marqué que 34 buts en surnombre, et il en a accordé… 12. Résultat : de loin le pire bilan de sa division.

Différentiel en supériorité numérique

Maple Leafs de Toronto + 59

Lightning de Tampa Bay + 57

Panthers de la Floride + 56

Bruins de Boston + 44

Sénateurs d’Ottawa + 43

Sabres de Buffalo + 41

Red Wings de Detroit + 27

Canadien de Montréal + 22

Attendez-vous à ce que Martin St-Louis rebrasse ses cartes cet automne. Nick Suzuki et Cole Caufield resteront assurément dans le premier quintette. Un défenseur pourrait les rejoindre. Ça laisserait de la place pour deux attaquants, parmi Josh Anderson, Kirby Dach, Jonathan Drouin, Christian Dvorak, Brendan Gallagher, Mike Hoffman, Rem Pitlick et Juraj Slafkovsky. Du groupe, Mike Hoffman fut le plus efficace l’an dernier. Les moins efficaces ? Rem Pitlick et Josh Anderson.

Le joueur A est Mike Hoffman. Le joueur B est Josh Anderson.

Quel attaquant est sous-estimé ?

Joueur A : 55 % de mises en jeu en zone offensive / 0,92 ppm / - 9 *

Joueur B : 44 % de mises en jeu en zone offensive / 0,77 ppm / - 2 *

* Depuis l’arrivée de Martin St-Louis

Après l’arrivée de Martin St-Louis, plusieurs attaquants ont vu leurs statistiques offensives exploser – et leur différentiel de buts continuer de crouler. Parmi les exceptions : le joueur B. Cet attaquant, souvent employé dans des missions défensives, a réussi 17 points en 22 parties. Tous ses points — sauf un — furent inscrits à forces égales. Avec plus de mises en jeu en zone offensive, et plus de succès en supériorité numérique, ce joueur pourrait étonner l’hiver prochain.

Le joueur A est Nick Suzuki. Le joueur B est Christian Dvorak.

Quelles sont les paires d’attaquants les plus efficaces ?

Paire A : 35 buts pour / 47 buts contre **

Paire B : 19 buts pour / 11 buts contre **

** Ensemble sur la glace, à forces égales

La paire A est facile à deviner. Nick Suzuki et Cole Caufield ont passé plus de 600 minutes ensemble. Ils ont formé la paire la plus productive du club, ainsi que celle affichant le pire différentiel à forces égales. Notez que le différentiel de Suzuki a été plombé par ses nombreuses présences sur la glace lorsque le Canadien a accordé un but dans un filet désert. Ça explique en partie sa fiche négative avec tous les attaquants actuels du club – sauf un.

Différentiel avec Suzuki à forces égales

Cole Caufield : 35 buts pour / 47 buts contre

Josh Anderson : 17 / 23

Mike Hoffman : 17 / 25

Brendan Gallagher : 12 / 11

Rem Pitlick : 8 / 15

Lorsqu’on mâchouille les données, on réalise que presque toutes les paires d’attaquants du Canadien sont en territoire négatif. Il y a toutefois un duo qui se démarque du lot, avec un différentiel positif de + 8. Et ce ne sont pas les deux premiers joueurs auxquels vous auriez pensé.

La paire A : Nick Suzuki et Cole Caufield La paire B : Jake Evans et Rem Pitlick

Et les gardiens ?

Joueur A : 3 buts sauvés Joueur B : - 12,6 buts sauvés Joueur C : - 14,5 buts sauvés

Le Canadien est l’équipe ayant accordé le plus de buts, la saison dernière, dans la LNH. Évidemment, les statistiques des gardiens en ont souffert. Mais lorsqu’on décortique la provenance et les circonstances des tirs, il y a un gardien qui se distingue. Selon le site spécialisé Evolving Hockey, le gardien A a même « sauvé » trois buts de plus que prévu, alors que B et C en ont accordé davantage qu’ils auraient dû.

Qui est-il ?

Non, ce n’est pas Carey Price (- 2,4).

Gardien A : Jake Allen Gardien B : Cayden Primeau Gardien C : Samuel Montembeault

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