Festival d’été de Québec

Le triomphe d’Alexandra Stréliski

Alexandra Stréliski avait donné la permission aux festivaliers de faire du bruit pendant son spectacle, mais très peu se sont prévalus de ce droit. L’immense foule venue découvrir le spectacle qu’elle avait préparé grâce à la carte blanche que le Festival d’été de Québec (FEQ) lui avait confiée a été captivée par ses mélodies du début à la fin de cette soirée historique.

La soirée de lundi a été un pari réussi pour tout le monde : pour le FEQ, qui a eu l’audace d’inviter une pianiste comme tête d’affiche de cette soirée sur les plaines d’Abraham, et pour Alexandra Stréliski, qui n’a pas dénaturé sa musique pour l’évènement qui recevait pour la première fois une artiste de musique instrumentale.

Habillée d’un ensemble rose, la pianiste est apparue dos au public, installée à un piano surélevé sur une scène peuplée de 26 musiciens d’Europe et d’ici. Les deux familles de la compositrice, qui partage sa vie entre le Québec et les Pays-Bas, étaient réunies pour l’occasion.

Un message est apparu sur les écrans de chaque côté de la scène alors qu’elle enchaînait The Middle of the World et Prélude : « Parce qu’il faut continuer de rêver, garder espoir et aimer ».

« Bienvenue à la plus grande messe d’hypersensibles du Québec ! », a lancé Alexandra Stréliski.

Du début à la fin, le public a été captivé par sa musique et la superbe mise en scène de Marcella Grimaux.

La Montréalaise s’est installée à un second piano placé sur le devant de la scène pour interpréter Lumières. Accompagnée de l’excellente violoncelliste Julia Kotarba, elle a enchaîné avec The First Kiss, autre pièce de son récent album Néo-Romance (2023), sacré album instrumental de l’année au dernier Gala de l’ADISQ.

Alors que l’orchestre se joignait au duo, un cadre de verdure luxuriant a germé sur les écrans géants et sur scène.

En plus de Pianoscope et de Néo-Romance, Alexandra Stréliski nous fait monter à bord de l’« Inscape express » avec Par la fenêtre de Théo. Sur les écrans, des paysages et des extraits vidéo défilaient dans les fenêtres d’un autobus jaune.

Des invités

Habilement, elle nous a amenés Dans les bois où on a découvert une tête de statue grecque géante, échouée au milieu des sapins. C’est à ce moment que Loud a fait son entrée sur scène.

Sobre, il n’a pas volé la vedette à la mélodie qui s’échappait du piano et n’a pas prolongé son passage sur scène outre mesure. Comme pour Sarahmée plus tard, son intervention de style spoken word a été très brève.

Les deux rappeurs avaient composé des paroles spécialement pour l’occasion. La rappeuse, qui est apparue sur scène pendant Changing Winds, a dédié ses mots à son défunt frère, Karim Ouellet.

Devant une foule aussi grande, Alexandra Stréliski devait se sentir comme une rock star.

« Est-ce que c’est maintenant le moment où je me pitche dans foule pour faire du bodysurfing ? », a demandé la pianiste en rigolant.

Contre toute attente, elle a effectivement eu droit à une séance de surf dans la foule.

À la fin du spectacle, les musiciens sautaient de joie sur scène alors qu’un générique de film défilait sur l’écran au fond de la scène.

Malheureusement, cette soirée a été un peu moins magique pour les festivaliers plus éloignés de la scène. À partir d’une certaine distance, la musique provenant du parc de la Francophonie gâchait cette merveilleuse expérience.

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