Bombardier avait rapatrié une partie de sa production avant la crise à Taiwan

Bombardier a rapatrié une bonne partie de sa production en Amérique du Nord, ce qui permet d’atténuer les risques liés aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement et aux tensions géopolitiques en Ukraine et, plus récemment, à Taiwan, croit son président et chef de la direction, Éric Martel, qui a réitéré ses prévisions favorables quant au marché du jet d’affaires.

En 2020, Bombardier a rapatrié une partie de sa production afin de réduire les perturbations de la chaîne d’approvisionnement. « On a rapatrié la fabrication de pièces, qui pouvaient provenir de certaines régions, entre autres de la Chine », a dit M. Martel jeudi en conférence de presse, dans le cadre du dévoilement des résultats du deuxième trimestre. « La très, très grande majorité de nos fournisseurs sont soit nord-américains, soit européens. »

L’entreprise ne vit pas en vase clos par rapport aux évènements qui se déroulent à Taiwan, mais la direction se concentre sur ce qu’elle peut contrôler.

« Évidemment, il y a des choses qui sont hors de notre contrôle. S’il y a un blocage complet, par exemple sur la production de Taiwan, nous, on aura des défis, mais il y a plein de monde qui va en avoir aussi. Ce sont des choses sur lesquelles on ne peut pas [supputer]. »

– Éric Martel, président et chef de la direction de Bombardier

La perturbation de la chaîne d’approvisionnement reste un défi pour Bombardier. L’entreprise estime toutefois que la situation est maîtrisée. Elle a continué à profiter de la forte demande de jets d’affaires au deuxième trimestre, ce qui lui a permis de bonifier ses prévisions financières, jeudi.

Le rapatriement de la production a nécessité le recrutement de près de 500 personnes, dont la majorité travaillent dans les installations de l’avionneur à Saint-Laurent, dans l’île de Montréal, qui comptent près de 1400 employés.

M. Martel a précisé que les installations de Saint-Laurent ne roulaient pas à plein rendement et qu’il serait possible d’y rapatrier davantage de travail si nécessaire, en équilibrant les objectifs de sécuriser la chaîne d’approvisionnement et celui d’afficher des coûts de production concurrentiels.

La demande demeure résiliente

Tandis que le marché américain reste vigoureux, M. Martel constate une amélioration en Europe, malgré les tensions géopolitiques en Ukraine, et en Asie-Pacifique, où le resserrement des restrictions sanitaires dans plusieurs pays a ralenti l’activité.

Le dirigeant a qualifié la demande des exploitants de flotte de jets privés d’« extrêmement forte », lors d’un appel avec les analystes financiers. « Il y a beaucoup de gens qui voyageaient en première classe qui voyagent maintenant en jet d’affaires. Ils n’en achètent pas tous, mais plusieurs d’entre eux vont vers les opérateurs de jets d’affaires. »

Plus d’argent dans les coffres

Dans ce contexte, la société montréalaise estime qu’elle générera plus de 515 millions US en flux de trésorerie au cours de l’exercice 2022. Avant la publication des résultats, sa cible était de plus de 50 millions US. Les analystes anticipaient une bonification de la prévision, mais celle-ci a été plus importante que les 196 millions US qu’ils entrevoyaient en moyenne, souligne Benoit Poirier, de Desjardins Marché des capitaux.

En raison des pressions sur la chaîne d’approvisionnement, la société n’a pas touché à ses objectifs de cadence de production sur l’horizon 2025.

Le fait que les prévisions de production demeurent inchangées envoie un message positif sur l’état du marché, selon l’analyste Tim James, de Valeurs mobilières TD. « Nous pensons que cela veut dire que la demande est supérieure au plan de production de Bombardier, un signe positif pour les prix et les livraisons potentielles au-delà du court et du moyen terme. »

Au deuxième trimestre, Bombardier a enregistré une perte nette de 109 millions US, comparativement à un bénéfice de 139 millions US à la même période l’an dernier.

La perte nette diluée par action atteint 48 cents US par rapport à une perte de 1,49 $ US. Les revenus, pour leur part, s’établissent à 1,56 milliard US, une augmentation de 2 %.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient une perte de 49 cents US par action et des revenus de 1,6 milliard US, selon la firme de donnée Refinitiv.

Le carnet de commandes de Bombardier a augmenté de 37 % par rapport à l’an dernier pour s’établir à 14,7 milliards US. Au 30 mars dernier, il s’établissait à 13,5 milliards US.

Les flux de trésorerie ont atteint 341 millions US, par rapport à 250 millions US à la même période l’an dernier.

L’action de Bombardier a gagné 2,44 $, ou 10,41 %, à 25,87 $ à la Bourse de Toronto.

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