Au tour de l’étain de battre un record

Londres — Le cours de l’étain, prisé pour les circuits électroniques, les composants automobiles et les batteries, a battu vendredi son record historique vieux de 10 ans, porté par les menaces qui pèsent sur l’approvisionnement, notamment de Birmanie, la vigueur de la demande et l’étroitesse de son marché.

La tonne d’étain pour livraison dans trois mois a clôturé à 33 600 $US sur le London Metal Exchange (LME) vendredi après avoir atteint 33 800 $US plus tôt dans la journée, une première dans l’histoire.

« La hausse de l’étain se poursuit sous l’effet des problèmes logistiques et des pressions de l’offre en provenance de Birmanie », explique Alastair Munro, analyste de Marex Spectron.

Le pays, en proie au chaos depuis que les militaires ont renversé le gouvernement d’Aung San Suu Kyi en début d’année, abrite l’une des plus grandes mines d’étain au monde.

Il a été montré du doigt vendredi par le Comité des droits de l’enfant à l’ONU, remettant les violences sur le devant de la scène.

Pour ne rien arranger, la COVID-19 progresse : plus de 4000 cas ont été enregistrés jeudi en Birmanie, contre moins de 50 par jour début mai, de quoi menacer encore davantage l’offre future en cas de mise en place de nouvelles restrictions sanitaires.

Le métal blanc grisâtre, utile pour les soudures de composants d’appareils électroniques comme les téléphones intelligents ou les tablettes, évolue depuis début mai autour de la barre des 30 000 $US la tonne, porté comme tout métal de base par la bonne santé de l’économie chinoise.

La petite taille de son marché joue également dans l’amplification des mouvements de son prix.

Les prix des matières premières connaissent une flambée depuis le début de l’année, tirés par la forte demande notamment en Chine où l’activité repart après la pandémie.

Le cours du cuivre a par exemple franchi le 7 mai un record historique, atteignant à son maximum trois jours plus tard 10 747,50 $US la tonne.

Fortement utilisé dans l’industrie, notamment pour la confection de circuits électriques, le cuivre est également connu pour refléter l’état de santé de l’économie mondiale, d’où son surnom de Docteur Cuivre (DCopper).

Des secousses pour l’or cette semaine

L’once d’or a grimpé jeudi à son sommet en un mois, à 1834,12 $US, profitant de la combinaison d’une inflation américaine en hausse et d’une Réserve fédérale américaine (Fed) qui ne s’en inquiète que modérément.

Les investisseurs considèrent en effet l’or comme une valeur refuge contre l’inflation, à privilégier surtout quand la Fed garde une politique monétaire souple, qui rend le dollar et les obligations d’État moins attractives.

Jerome Powell, le président de la Fed, a maintenu que l’institution estimait que l’inflation ne resterait pas à des niveaux élevés longtemps, lors de son audition au Congrès américain mercredi et jeudi.

En revanche, deux autres responsables de la Fed se sont montrés plus inquiets de l’inflation, « ce qui a mis l’or sous pression » et explique que les prix ont renoué avec leur niveau du début de la semaine, estime Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.

« La Fed va rentrer dans sa période de silence avant sa réunion du 28 juillet, donc le cours de l’or risque de tanguer un peu », a prévenu Edward Moya, de Oanda.

En milieu d’après-midi vendredi, l’once d’or coûtait 1813,20 $US (- 0,86 %), contre 1808,32 $US en fin de séance sept jours plus tôt.

Revue boursière

Les prises de bénéfices plombent les marchés

Les Bourses de New York et de Toronto ont terminé en baisse vendredi, achevant la semaine sur de nouvelles prises de bénéfices et une note morose liée à l’inflation aux États-Unis. De nombreuses valeurs ont été malmenées vendredi, notamment les pétrolières. — Agence France-Presse

Rappel et dégringolade en Bourse pour Ford

Le constructeur automobile américain Ford a annoncé vendredi le rappel d’environ 775 000 VUS Explorer 2013-2017 pouvant présenter un problème de direction qui a déjà fait six blessés en Amérique du Nord. Sont concernés environ 676 152 véhicules en Amérique du Nord, 59 935 en Chine, 13 162 en Europe, 190 en Amérique du Sud et 25 257 dans le reste du monde, détaille le groupe. Ils ont été construits entre septembre 2012 et septembre 2017 dans une usine de Chicago, aux États-Unis, et entre janvier 2013 et juillet 2017 dans une usine à Elabuga, en Russie. Le titre de Ford a connu une séance difficile vendredi, reculant de 2,86 % pour clôturer à 13,61 $US. Depuis le début du mois de juillet, le titre de Ford a reculé de plus de 8 % à New York. — Agence France-Presse

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