Cinéma

Le festival Hot Docs en virtuel

Évènement majeur dans le monde du cinéma documentaire, le festival Hot Docs de Toronto, lancé jeudi, se poursuit jusqu’au 9 mai, avec accès dans tout le Canada. Voici quelques suggestions de films à voir, en majorité du Québec et du Canada.

A.rtificial I.mmortality

Envie d’immortalité ? Intéressé par les plus récentes avancées en robotique et en intelligence artificielle ? Le film d’ouverture du festival, A.rtificial I.mmortality d’Ann Shin, est à voir. La réalisatrice a parcouru le monde et nous fait découvrir comment des chercheurs donnent pratiquement vie à leurs avatars en les nourrissant de leurs propres souvenirs (photos, lettres, etc.). L’ensemble est fascinant. Et un peu effrayant. Mais d’autres chercheurs estiment que l’apocalypse robotique n’est pas pour demain.

Archipel

Le long métrage Archipel de Félix Dufour-Laperrière constitue le fer de lance de la présence québécoise à Hot Docs. Le cinéaste qui a précédemment signé les œuvres Transatlantique et Ville Neuve poursuit sa réflexion sur le Saint-Laurent, la poésie et la langue. En parallèle, on note que son cinéma est toujours en transformation, ce qui est très bien. Avec pour résultat qu’Archipel, forme de collage multimédia, est une œuvre dense qui force la réflexion.

Zo Reken

L’intérieur d’un véhicule automobile est un lieu très cinématographique, comme l’ont démontré de nombreuses œuvres. C’est aussi le cas de ce documentaire du Québécois Emanuel Licha. Par l’entremise de passagers grimpant à bord de son véhicule sillonnant Port-au-Prince, celui-ci remet en question les bienfaits de l’aide internationale en Haïti. Les commentaires sont entrecoupés d’images saisissantes prises dans un centre de distribution de Médecins sans frontières.

Apenas El Sol

Ce long métrage documentaire fait la preuve de la valeur de toutes les quêtes personnelles, si petites soient-elles, pour la préservation de la mémoire. Ainsi va Mateo Sobode Chiqueno, un vieil homme au visage buriné qui, pour documenter la disparition de son peuple, les Aroyeo du Paraguay, enregistre les témoignages de victimes sur des cassettes à quatre pistes. Ce fut lent et aride, et aussi très émouvant !

Mary Two-Axe Earley : I Am Indian Again

À l’aide d’archives visuelles et sonores, la cinéaste mohawk Courtney Montour nous amène à la rencontre de Mary Two-Axe Earley, une membre de sa communauté qui, morte il y a 25 ans, s’est longuement battue pour faire reconnaître les droits des femmes autochtones mariées à des hommes ne l’étant pas. À une autre époque, les femmes autochtones perdaient tous leurs droits, y compris celui de se baigner dans la piscine de la communauté, lorsqu’elles épousaient un Blanc. Dans ce film de 34 minutes, vous verrez la militante se démener pour sensibiliser des gens de la classe politique. Elle va réussir à atteindre son objectif. Un parcours admirable.

Hell or Clean Water

Ce documentaire, c’est David contre Goliath. David, c’est Shawn Bath, un Terre-Neuvien vivant dans le village de Twillingate, qui s’est mis en tête de nettoyer les fonds marins autour du port de tous les déchets (pneus, batteries d’auto, bouteilles, filets de pêche) s’y trouvant. Goliath, c’est… l’ampleur de la tâche, la machine gouvernementale bornée et les habitants en colère lorsqu’ils constatent que Bath s’est associé à un groupe environnementaliste détesté dans l’île. Une bonne histoire où le cinéaste Cody Westman évite de sombrer dans la prise de position et le larmoiement.

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