Domtar évoque une vente ou une fusion

Le titre de la société forestière s’envole de près de 20 % à Toronto

Environ trois mois après avoir annoncé la fin d’une incursion infructueuse dans le secteur des produits d’incontinence, Domtar est maintenant impliquée dans des discussions qui pourraient mener à la vente de la totalité de ses activités.

L’entreprise, dont le siège social est à Montréal, mais qui est dirigée de Fort Mill, en Caroline du Sud, a confirmé, mardi, la tenue de pourparlers avec Paper Excellence à propos d’une possible fusion ou vente.

« Cependant, ces discussions peuvent aboutir ou non à un accord », a indiqué Domtar, dans un bref communiqué où elle indique qu’elle n’offrirait pas davantage de commentaires.

La possibilité d’une transaction a toutefois fait bondir le titre de l’entreprise. À la Bourse de Toronto, l’action a touché un sommet de près de deux ans et a clôturé la journée à 59,40 $, en hausse de 19,5 %, ou 9,70 $.

Paper Excellence, établie à Richmond, en Colombie-Britannique, est une société privée dont les ventes annuelles de 2,4 milliards proviennent de la production de plus de 2,8 millions de tonnes de papier dans sept usines de fabrication au Canada. Elle compte 2800 employés.

« Une transaction potentielle n’est pas particulièrement surprenante compte tenu des mesures prises par Domtar ces derniers mois pour rationaliser ses activités et se débarrasser de son secteur [des produits d’incontinence]. »

— Hamir Patel, analyste chez CIBC Marchés mondiaux

Dans l’éventualité où une transaction serait conclue à environ 55 $ US par action, la valeur de l’entreprise pourrait être d’environ 2,9 milliards US, a-t-il ajouté.

Pour sa part, Benoit Laprade, de la Banque Scotia, a indiqué ne pas s’attendre à des offres supérieures de la part d’acquéreurs potentiels. L’analyste estime que l’appréciation du cours de l’action constitue une occasion pour les investisseurs qui désirent s’assurer de réaliser un gain.

Domtar se présente comme l’un des plus importants fabricants nord-américains de papier non couché ou de papier reprographique et l’un des plus grands fabricants de pâte à papier dans le monde. Elle compte environ 6600 employés dans 50 pays et son chiffre d’affaires annuel s’élève à environ 3,7 milliards US.

Présence au Québec

Au Québec, en plus de son bureau d’entreprise situé dans la métropole, la société exploite un centre de réapprovisionnement à Richmond ainsi qu’une usine de pâtes et papiers à Windsor, en Estrie.

En janvier dernier, Domtar avait annoncé la vente de ses activités de soins personnels à des filiales d’American Industrial Partners pour 920 millions US. L’aventure s’était avérée infructueuse, puisque plusieurs analystes avaient estimé que la société avait dépensé environ 1,1 milliard US entre 2011 et 2016 pour bâtir cette division.

L’entreprise prévoit aussi entrer sur le marché du papier doublure avec la conversion de la machine à papier de Kingsport, au Tennessee, pour produire environ 600 000 tonnes annuelles de papier ondulé fait de matières recyclées de qualité élevée, utilisé pour les boîtes en carton, d’ici le début de 2023.

Fondée en 1848 en Angleterre pour fabriquer des traverses de chemin de fer et des pieux de quai, la société exploitait une usine de distillation de goudron de houille en Nouvelle-Écosse en 1903, est devenue publique en 1929 et a adopté le nom de Domtar en 1965.

Revue boursière

La crainte de surchauffe fait tomber les indices

Les grands indices américains ont clôturé en baisse, mardi, le secteur des technologies ayant exercé une pression à la baisse sur le marché, particulièrement aux États-Unis. Apple a cédé 3,5 % alors que les investisseurs quittaient certains des secteurs de croissance du marché qui ont mieux fait pendant les confinements de la pandémie. Le secteur de la technologie a été touché par les commentaires de la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, selon lesquels les taux d’intérêt pourraient augmenter pour empêcher une surchauffe de l’économie. — La Presse Canadienne

Rectificatif

Montréal encore « abordable »

Dans l’article intitulé « Montréal encore “abordable”, dit la Banque Nationale », il y avait une erreur dans une citation de l’économiste de la Banque Nationale Kyle Dahms sur l’effet de la variation des taux d’intérêt. Il aurait plutôt fallu lire : « Une baisse de taux de 1 % (exemple : de 2,5 % à 1,5 %) équivaut à une hausse d’environ 12 % du pouvoir d’achat. » Nos excuses.

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