COVID-19

Québec fait « un spécial » pour permettre les bals

Les finissants pourront fêter sans masque et sans distanciation physique alors que Québec fait « un spécial » pour permettre la tenue des bals de fin d’année à compter du 8 juillet. Une volte-face accueillie avec « stupéfaction et incrédulité » par les directions d’école à moins de trois semaines de la fin des classes. La couleur orange disparaîtra de la carte du Québec dès lundi pour laisser place au jaune et au vert.

Feu vert aux bals

Le gouvernement Legault revient sur sa décision d’interdire les bals des finissants et donne le feu vert aux célébrations, à condition qu’elles se tiennent à l’extérieur et à compter du 8 juillet. Les autorités ont déterminé cette date pour s’assurer de l’immunité des adolescents qui auront reçu, pour la plupart, une première dose de vaccin depuis deux semaines. « On fait un spécial », a lancé le premier ministre. Les jeunes pourront danser sans masque et sans distanciation physique. « [On parle] de vrais bals, là. Ça veut dire rapprochements de toutes sortes permis », a-t-il ajouté. La limite de personnes est fixée à 250. Québec a appuyé sur l’importance de cet évènement que l’on ne vit qu’une fois dans sa vie. Le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, a souligné que la situation épidémiologique actuelle « était différente » de celle qui avait cours lorsqu’on a refusé les bals, il y a deux semaines. Il a rappelé la baisse continue du nombre de cas et la progression de la campagne de vaccination.

Une annonce « irréaliste »

La décision du gouvernement Legault de permettre la tenue de bals des finissants a été accueillie avec « stupéfaction et incrédulité » par les directions d’école. Qui organisera ces bals à quelques semaines d’avis et qui les supervisera en plein cœur de l’été ? se demande l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES). La Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement estime pour sa part qu’à moins de trois semaines de la fin des classes, cette annonce vient mettre une « énorme pression » dans les écoles secondaires, où on s’affaire à boucler cette année scolaire déjà très perturbée par la pandémie. Les directions d’école de Montréal rappellent aussi au gouvernement qu’elles sont en train d’organiser la campagne de vaccination de leurs élèves. « Nos priorités immédiates sont d’assurer une fin d’année sécuritaire aux élèves et au personnel et de coordonner la vaccination scolaire qui connaît encore bien des ratés sur l’île de Montréal », observe Kathleen Legault, présidente de l’AMDES.

Fini l'orange

Comme le prévoit le plan de déconfinement, la couleur orange doit disparaître de la carte dès le 14 juin. Toutes les régions basculeront au jaune. On parle de la Capitale-Nationale, de l’Estrie, de Montréal, de l’Outaouais, de Laval, de Lanaudière, des Laurentides, de la Montérégie et du Bas-Saint-Laurent (MRC qui étaient toujours en orange). La seule hésitation est pour Chaudière-Appalaches. Cette région devrait passer au jaune, mais les autorités se gardent une marge de manœuvre pour « peut-être » la laisser au palier orange. « C’est encore la région où il y a le plus de cas actifs par 100 000 habitants », a souligné François Legault. Québec avait par ailleurs choisi de garder en rouge Montréal et Laval une semaine de plus avant de les faire basculer à l’orange. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean et la Mauricie-et-Centre-du-Québec demeurent en jaune. La Côte-Nord, l’Abitibi-Témiscamingue, la Gaspésie–Les-Îles-de-la-Madeleine et le Nord-du-Québec restent au vert. Les terrasses des bars rouvriront aussi comme prévu vendredi, peu importe la couleur de la région. En zone jaune, les rassemblements intérieurs sont permis avec le port du masque et le respect de la distanciation physique.

Vers un passeport vaccinal

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, présentera la semaine prochaine les détails d’une éventuelle utilisation d’un passeport vaccinal au Québec. « Il reste des choses à attacher… c’est quels sont les endroits, si endroits il y a, qui pourraient [l’utiliser] ou à qui pourrait servir la deuxième dose », a illustré le ministre. Ce type de preuve pourrait assurément être utilisé pour les voyages à l’étranger, mais pourrait aussi servir pour éviter la quarantaine au retour d’un voyage, a-t-il avancé. « Est-ce qu’il y a une mesure sanitaire qui peut être, disons, mise de côté […] pour une personne qui a eu deux doses ? […] C’est le genre de discussion qu’on a avec [la Santé publique] », a-t-il ajouté. Le DArruda doit soumettre un avis sur la question au gouvernement. « Dans le contexte d’une autre vague, le fait d’avoir le passeport vaccinal ou la preuve de vaccination va changer probablement le type d’intervention qu’on va faire. Moins d’isolement ? », a cité en exemple le DArruda. Il rappelle qu’il ne faut pas « brimer » les individus avec un passeport qui donnerait accès à l’éducation ou au marché du travail.

Devancer avec Moderna

Au sujet du devancement de l’administration de la deuxième dose avec le vaccin Moderna, Québec dit attendre la confirmation de réception de nouvelles doses avant de permettre de déplacer un rendez-vous. D’autres livraisons de ce vaccin sont attendues au cours des prochains jours. Pour l’heure, seuls les Québécois vaccinés avec Pfizer et AstraZeneca peuvent devancer leur rendez-vous pour la deuxième dose. Le ministre a aussi indiqué qu’il reste « un petit peu moins que 195 000 » personnes à vacciner pour atteindre la cible de 75 % chez les 18 à 40 ans. Le Québec rapporte avoir administré 66 963 doses de vaccin lundi, pour un total de 6,2 millions depuis le début de la campagne. Ainsi, 5,6 millions de Québécois ont reçu une première dose, soit 65,5 % de la population. Du nombre, 605 854 ont reçu deux doses, soit 7,1 % des Québécois.

Bilan toujours à la baisse

Avec 149 nouveaux cas de COVID-19 rapportés lundi, le Québec enregistre son plus faible bilan depuis le 1er septembre, soit le tout début de la deuxième vague qui a déferlé sur la province, qui rapporte aussi quatre décès supplémentaires. Les 149 nouveaux cas portent la moyenne quotidienne calculée sur une semaine à 226. Cela représente une baisse du tiers sur une semaine. La moyenne provinciale est ainsi de 2,7 nouveaux cas par jour par 100 000 habitants, se rapprochant du seuil jaune. Signe de l’embellie, plus aucune région n’affiche un taux de propagation de niveau orange. Le nombre de personnes hospitalisées a légèrement diminué pour s’établir à 263, soit deux de moins que la veille. Cependant, on compte deux personnes de plus aux soins intensifs, soit 60.

— Pierre-André Normandin, La Presse

Accès à l’information : délai illégal de huit mois

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a mis huit mois à répondre à une demande d’accès à l’information faite par La Presse, une situation rarement vue et illégale. En vertu de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics, le délai maximum est de 30 jours. Le 1er octobre 2020, La Presse a demandé copie de documents et de courriels échangés depuis le 1er janvier entre le Dr Arruda, François Legault, son chef de cabinet, Martin Koskinen, et les ministres Danielle McCann et Christian Dubé au sujet de la COVID-19. Or, c’est seulement mardi que le MSSS a répondu. L’accès a été refusé. « Il s’agit de renseignements ayant des incidences sur les décisions administratives ou politiques et sur le caractère confidentiel des renseignements personnels », écrit le sous-ministre adjoint Daniel Desharnais. Il précise que certains documents sont des « ébauches » qui ne sont pas accessibles selon la loi ou sont « des transmissions de documents ou données maintenant disponibles sur le site de l’Institut national de santé publique du Québec ou celui de Données Québec ». L’affaire survient au moment même où Christian Dubé veut faciliter l’accès aux données dans le système de santé, avec un projet de loi prévu à l’automne.

— Tommy Chouinard, La Presse

Devancement des deuxièmes doses

Lignes téléphoniques surchargées

Éprouvant des difficultés à devancer leur rendez-vous pour leur deuxième dose de vaccin par le site de Clic Santé, les citoyens de 75 ans et plus ont été nombreux à appeler les lignes téléphoniques de prise de rendez-vous pour obtenir de l’aide, mardi. Porte-parole de Clic Santé, Sophie Villeneuve indique qu’aucun pépin technique n’a touché le site web de prise de rendez-vous, mardi. Mais celle-ci reconnaît que « le niveau de difficulté est un peu plus complexe » que pour la première dose pour les utilisateurs qui veulent devancer la date de leur deuxième injection. Les utilisateurs doivent notamment entrer un numéro de vérification qui leur est acheminé. Au ministère de la Santé (MSSS), on explique que pour vérifier l’identité des usagers de Clic Santé, différents éléments doivent être indiqués, dont le type de vaccin reçu en première dose. « Si l’un de ces éléments n’est pas exact ou absent, le système va générer un message d’erreur. [...] Donc par exemple si lors de l’inscription en première dose une personne a fait une faute de frappe dans l’une ou l’autre de ses informations et que lors de l’inscription en deuxième dose il n’y a aucune faute de frappe (ou inversement) le système va générer une erreur, car il ne reconnaîtra pas la personne », explique le porte-parole du MSSS, Robert Maranda, qui précise que des messages ont été ajoutés, mardi matin, « afin de clarifier le fonctionnement et la procédure pour modifier un rendez-vous afin ».

— Ariane Lacoursière, La Presse

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