Célébrations Fillactive

Du sport sans pression, sans jugement et sans compétition

« Le mandat, aujourd’hui, il n’y en a qu’un et c’est de s’amuser ! », lance une animatrice du programme Fillactive au micro, alors que les adolescentes commencent à arriver par centaines au parc Maisonneuve, à Montréal.

C’est jour de célébrations Fillactive en ce mardi matin. Plus de 2000 adolescentes de 12 à 17 ans, provenant de dizaines d’écoles, sont attendues pour cet évènement qui couronne l’année de l’organisme. Une première en trois ans – merci, pandémie.

L’objectif de ce rassemblement, en continuité avec la mission du programme, est d’offrir aux adolescentes une occasion de faire du sport entre amies dans une ambiance de fête, sans pression, sans jugement et sans compétition.

« Notre message, c’est qu’on a chacun un sport qui nous colle à la peau, explique à La Presse la fondatrice de Fillactive, Claudine Labelle. Il faut juste le trouver ! C’est ça, notre mandat. C’est de dire : “Tu vas tripper. S’il y a des barrières qui t’empêchent de le faire, on va les éliminer.” »

Un peu partout dans le parc, des représentants de différentes fédérations ou organisations sportives accueillent les jeunes femmes afin de leur faire essayer un sport : ultimate frisbee, soccer, ringuette, rugby, judo, handball, boxe, volleyball, parasports… Il y a de tout, pour tous les goûts.

Au bout du terrain, cinq filles font l’expérience du yoga et tentent – en vain – de se tenir en équilibre sur une jambe. Un peu plus loin, quatre autres rient de bon cœur en expérimentant la pétanque.

« Je trouve ça vraiment le fun que toutes les filles, on puisse venir faire du sport toutes ensemble ! », lance Ariane, une triathlonienne et skieuse acrobatique de 13 ans qui a profité de la journée pour essayer la boxe.

« Le sport, ça m’amène du bonheur. Quand je suis stressée, ce qui m’aide, c’est d’aller faire du sport. »

— Ariane, triathlonienne et skieuse acrobatique

« Selon les statistiques, il y a 9 filles sur 10 qui ne font pas d’activité physique, rappelle Alain Taillefer, président de l’École de pétanque du Québec. Si on peut les amener à s’amuser, même si ce n’est pas un gros apport d’effort physique, il n’en demeure pas moins qu’il y a des avantages [à la pétanque]. Il y a le côté moteur, sensoriel, social et intellectuel. »

Marraines investies

Vers 10 h, tout le monde se rassemble devant la grande scène érigée pour l’occasion, où un échauffement de groupe est prévu. Les milliers de jeunes femmes n’ont pas à se faire prier pour y prendre part.

À 10 h 50, les groupes se présentent par vagues devant une arche gonflable afin de prendre le départ pour un 5 km. Deux invitées de marque sont présentes pour les encourager : la skieuse acrobatique Justine Dufour-Lapointe et la danseuse et chorégraphe professionnelle Kim Gingras, toutes deux marraines Fillactive.

« Le but, c’est de se motiver entre girls et d’avoir du fun, de faire une activité sportive, de bouger dehors. Et que cette activité soit un beau souvenir et que les filles continuent de garder ces belles habitudes de vie pendant tout leur cheminement et toute leur vie », lance Dufour-Lapointe, qui en est à sa troisième année comme marraine du programme avec ses deux sœurs, Maxime et Chloé.

« C’est ça, Fillactive, continue-t-elle. C’est simple comme tout, mais ça prend des évènements comme ça pour offrir aux jeunes des expériences, leur donner l’occasion de bouger dans un beau contexte, où elles ne sont pas jugées et où il n’y a pas de compétition. […] Elles n’ont pas besoin d’être des championnes olympiques, elles ont juste besoin d’avoir le goût. »

Kim Gingras, pour sa part, est marraine de l’organisme depuis seulement quelques mois. Celle qui a dansé pour de grandes vedettes telles que Beyoncé et Justin Timberlake a offert, pendant la pandémie, des conférences virtuelles auprès des écoles inscrites au programme Fillactive.

« Je pense qu’il faut rester curieuse. C’est ce que j’invite les jeunes à faire. [Quand j’étais jeune], j’ai fait un peu de karaté, du badminton, de la course, de la gymnastique. C’est quand je suis tombée sur la danse que je me suis dit : “Wow, c’est ça qui m’appelle.” »

Anniversaire

Fillactive célèbre cette année ses 15 ans. Le programme a fait beaucoup de chemin depuis sa fondation par Claudine Labelle en 2007. Pas moins de 230 écoles et 6250 adolescentes y sont désormais inscrites.

« J’avais envisagé quelque chose de grand pour Fillactive, mais d’aussi grand ? D’aussi puissant ? Je ne crois pas. On minimise souvent l’impact qu’on peut avoir dans la vie des gens. J’ai vu des vies changer. Des filles qui ont grandi dans Fillactive, qui reviennent vers moi et me disent : “Une chance que j’ai croisé Fillactive. Maintenant j’ai envie de bouger et je le fais avec ma gang.” »

Son équipe s’est assurée d’être présente pour les jeunes filles pendant la pandémie, en offrant notamment des entraînements virtuels.

« Il y a des jeunes qui sombraient et c’était important de les raccrocher, dit-elle. C’était très difficile de trouver la recette magique dans des circonstances si complexes. Mais je pense qu’on a réussi, sincèrement. »

Des rassemblements Fillactive sont aussi prévus à Trois-Rivières, Québec, Rimouski, Sainte-Gertrude-Manneville et Port-Cartier au cours des prochains jours.

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