Filière batterie

Solus demande de l’aide publique

La sud-coréenne s’ajoute à d’autres entreprises qui se sont déjà tournées vers Québec et Ottawa

Après avoir déboursé 81 millions pour reprendre l’ancienne usine de Circuit Foil Luxembourg à Granby, Solus Advanced Materials, qui veut gonfler les rangs de la filière batterie, demande à Québec et à Ottawa de financer son projet estimé à plusieurs centaines de millions de dollars.

Filiale de l’entreprise sud-coréenne, Solutions énergétiques Volta Canada vient de retenir les services de sept lobbyistes du cabinet KPMG pour effectuer des démarches auprès d’Investissement Québec – le bras financier de l’État québécois – et d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada.

Les sommes sollicitées auprès des deux ordres de gouvernement n’ont pas été précisées.

« Ce financement pourrait prendre la forme d’une subvention, ou encore une autre forme, le cas échéant », peut-on lire dans les inscriptions publiées cette semaine au Registre des lobbyistes du Québec.

Le projet de Solus – un des fournisseurs de Tesla – viendrait combler un trou dans la filière batterie au Québec en produisant des feuilles de cuivre. Celles-ci entrent dans la fabrication de l’anode, le pôle négatif de la batterie lithium-ion que l’on retrouve dans les voitures électriques.

Il n’a pas été possible d’obtenir des commentaires de la multinationale.

En mars dernier, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, avait estimé qu’il s’agissait d’un investissement de 200 à 300 millions. Le projet, s’il se concrétise, constituerait le plus important investissement jusqu’à présent dans la filière batterie à l’extérieur de Bécancour – l’endroit privilégié par Québec pour développer ce secteur.

Jusqu’à présent, le gouvernement Legault a accepté d’épauler financièrement des acteurs comme BASF et Posco pour les convaincre de venir s’établir dans la province. Dans les deux cas, le montant total du soutien financier n’a pas été déterminé précisément.

Projet « sérieux »

Solus est propriétaire de l’usine, située rue du Luxembourg, depuis le 31 mars dernier, selon l’acte de vente consulté par La Presse. La superficie au sol du bâtiment est de 90 000 pieds carrés. Son ancien propriétaire, Richard Normandin, a affirmé à La Presse que les promoteurs étaient « sérieux ».

« Ils veulent quadrupler la superficie de la bâtisse, a-t-il dit au cours d’un entretien téléphonique. C’est un très gros projet à Granby. Au prix payé, ils sont sérieux. »

Selon nos informations, le projet de Solus fait l’objet d’une étude de raccordement au réseau d’Hydro-Québec. L’entreprise ne devrait pas avoir de problème à obtenir l’énergie nécessaire, puisque le bloc sollicité est inférieur à 50 mégawatts.

Des travaux d’aménagement devraient débuter vers le mois de juillet. Solus ambitionne de démarrer la production au deuxième semestre de 2024.

L’exploitation avait cessé en 2005 chez Circuit Foil Luxembourg. Des activités très limitées ont subsisté jusqu’en 2014. L’État québécois avait injecté 104 millions dans ce projet entre 1999 et 2003. L’usine produisait des feuilles de cuivre pour le marché des circuits imprimés.

– Avec la collaboration d’André Dubuc, La Presse


EN SAVOIR PLUS

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Solus est la troisième entreprise sud-coréenne à s’implanter dans la filière batterie au Canada depuis le début de l’année après Posco (Bécancour) et LG (Windsor).

Source: SOURCE : LA PRESSE

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