Rocket de Laval

Premier entraînement pour Cole Caufield

Les premiers coups de patin de Cole Caufield dans les rangs professionnels étaient attendus de longue date. Cette étape a finalement été rayée de la liste mardi matin.

L’attaquant de 20 ans a participé à sa première séance d’entraînement avec le Rocket de Laval au Centre Bell.

Il avait préalablement dû se soumettre à une semaine d’isolement complet puisqu’il arrivait des États-Unis.

Visiblement fébrile, le jeune homme a chancelé en sautant sur la patinoire. Il s’est rapidement ressaisi, mais après à peine quelques enjambées, il a reçu la bienvenue de son nouvel entraîneur-chef Joël Bouchard, qui lui a réservé une mise en échec amicale.

L’équipe a d’ailleurs immortalisé le moment et l’a publié sur ses réseaux sociaux. On y voit Caufield sourire de toutes ses dents.

Comme le Rocket jouait en soirée contre le Heat de Stockton – une défaite de 3-1 –, il s’agissait d’une séance sommaire pour l’équipe, destinée surtout à se délier les jambes.

Caufield a toutefois passé une quinzaine de minutes supplémentaires avec les réservistes du club.

Bouchard en a profité pour discuter avec son ailier, lui prodiguant notamment des conseils sur la manière de positionner son bâton en couverture d’un joueur de pointe à la ligne bleue.

Plus tôt, Caufield s’était toutefois assuré de montrer son savoir-faire à ses coéquipiers. Un puissant tir frappé sur réception, décoché depuis le cercle de mise en jeu, a arraché un cri excité à Ryan Poehling, posté devant le filet. Et quelques minutes plus tard, le gardien Michael McNiven a figé devant le tir des poignets sec et précis que lui a servi celui qui porte désormais le numéro 44.

Un rappel concret que ses 30 buts en 31 matchs au cours de sa dernière saison dans la NCAA n’étaient pas l’effet du hasard.

« Il a tout un tir », a souligné l’attaquant Cam Hillis, en visioconférence, lorsqu’on lui a demandé de fournir ses premières impressions sur son nouveau coéquipier.

Pas pour tout de suite

Même si le Rocket compose avec de nombreux blessés, il était hors de question pour Bouchard que Caufield intègre officiellement la formation avant la fin de la semaine – probablement vendredi à Toronto. Il regardait donc le match de mardi soir des gradins et devait participer à un premier entraînement complet ce mercredi.

Le dernier match de l’Américain remontait au 26 mars : cela faisait donc 10 jours complets qu’il n’avait pas patiné. Et le saut des rangs universitaires à la Ligue américaine n’est pas à négliger, a rappelé Bouchard. Dans ces circonstances, le faire jouer serait « inhumain », croit-il.

« S’il fallait mettre trois défenseurs à l’attaque, on le ferait », a-t-il dit pour illustrer son refus de lancer Caufield dans la mêlée rapidement.

« On est là pour encadrer les joueurs et leur assurer une situation gagnante. »

— Joël Bouchard, entraîneur-chef du Rocket de Laval

Cela n’empêche pas que Bouchard a déjà sa « petite idée » sur le rôle précis qu’il confiera à Caufield en situation de match, mais il n’en a pas dévoilé davantage. Sans surprise, le droitier a déjà participé à quelques répétitions d’avantage numérique.

Apprentissage

Bouchard a rappelé qu’il avait passé du temps avec l’attaquant au dernier camp de développement du Canadien, au cours de l’été 2019. Il savait donc à quoi s’attendre quant à son attitude et à sa manière de se comporter à l’entraînement.

La semaine de quarantaine de Caufield lui a encore confirmé à quel point le jeune homme a soif d’apprendre.

« Dans nos rencontres par Zoom, on le voyait avec son papier et son crayon, a raconté l’entraîneur. Il m’a texté pendant des matchs du Canadien. Il veut comprendre, il veut apprendre, il veut marquer des buts, mais il sait qu’il va y avoir des ajustements. Tu ne marques pas ce nombre de buts là en étant tête en l’air. »

On a par ailleurs aperçu Caufield échanger longuement avec le défenseur Josh Brook entre deux exercices. Auparavant, il avait passé du temps avec Michael Pezzetta.

La raison est bien simple : Bouchard s’attend de ses vétérans, même les plus jeunes, qu’ils prennent sous leur aile les nouveaux venus.

« Je fais exprès de ne pas aller au tableau, a-t-il confirmé. Je ne lui ai rien dit de la pratique, il n’avait aucune idée. Je veux que les gars s’entraident, qu’ils vivent ça ensemble. J’ai juste à dire le nom des drills, ils savent quoi faire. C’est à eux d’aider [Caufield] à aller à la bonne place, puis c’est à lui de trouver des solutions. »

Parfois, Bouchard force un peu les choses en demandant à l’un de ses hommes d’aller prêter main-forte à une recrue. « Mais des fois, je n’ai rien à dire du tout », a-t-il ajouté.

C’est à l’évidence ce qui s’est produit mardi matin. Et Caufield était comme un poisson dans l’eau.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.