Planète bleue, idées vertes

Planter des arbres maintenant pour se rafraîchir plus tard

Dans les quartiers Saint-Michel, Parc-Extension et Cartierville, dans le nord de Montréal, on compte actuellement 11 journées par année où la température dépasse les 30 °C. Dans 20 ans, ce nombre se situera entre 30 et 40 jours, selon les projections du consortium Ouranos. D’ici là, le projet Vert le nord espère bien avoir planté suffisamment d’arbres pour réduire les îlots de chaleur encore trop nombreux dans ce secteur de la ville.

Un simple coup d’œil à la carte des îlots de chaleur à Montréal permet de constater que le travail ne manquera pas dans le nord de la ville. Dans certains secteurs, l’asphalte et le béton dominent clairement le paysage. Lors des journées de canicule, par exemple, la température observée peut varier de plusieurs degrés selon qu’on se trouve dans un îlot de chaleur ou près d’une zone végétalisée.

Vert le nord, un projet lancé l’an dernier par l’organisme Ville en vert, ne manquera pas de boulot.

Le projet vient de recevoir une subvention de 1 million de dollars du gouvernement du Québec dans le cadre de la stratégie d’adaptation aux impacts des changements climatiques. L’objectif est de réduire les îlots de chaleur en végétalisant des lieux comme des stationnements, des parcs, des espaces publics et privés.

« Nous avons une dizaine de projets prévus cet été », explique Tiphanie Lebeaupin, responsable des communications pour le projet Vert le nord. L’un de ces projets permettra de planter quelque 200 vivaces, arbres et arbustes, dont 70 arbres.

« Habituellement, nous plantons des arbres qui ont 4 ou 5 ans, il faut alors compter de 15 à 20 ans avant qu’ils n’atteignent leur maturité », précise Mme Lebeaupin.

Des impacts concrets

Selon une étude française menée en 2017, un arbre à maturité peut évaporer quotidiennement jusqu’à 450 L d’eau par jour, soit l’équivalent de cinq climatiseurs fonctionnant 20 heures par jour.

Les conséquences néfastes des îlots de chaleur sont aussi bien connues, notamment sur la santé humaine. On les retrouve également en plus grand nombre dans les quartiers défavorisés où les espaces verts et la canopée sont généralement moins importants. Or, d’ici 2100, il pourrait y avoir jusqu’à 74 jours par année où la température dépassera les 30 °C à Montréal.

Selon les prévisions d’Ouranos, les températures estivales moyennes pourraient grimper de 3 à 5,8 °C d’ici 80 ans.

Vert le nord ne sera pas le seul projet du genre cet été. Au total, huit organisations se partagent 8 millions de dollars (1 million par organisme) pour lutter contre les îlots de chaleur.

Verdir le sud, un projet porté par plusieurs écoquartiers, s’attaquera aux quartiers LaSalle, Verdun, Sud-Ouest et Ville-Marie. Des projets similaires seront déployés à Laval, Repentigny, Saguenay, Drummondville, Sherbrooke et Gatineau.

Différentes essences d’arbres seront utilisées, confirme Tiphanie Lebeaupin, question de ne pas reproduire les erreurs du passé alors que le frêne a longtemps été l’arbre par excellence en milieu urbain.

Or, depuis l’apparition de l’agrile du frêne, le paysage de nombreuses villes s’est trouvé complètement transformé.

Une récente étude menée par l’Université McGill prévoit d’ailleurs que les frênes auront complètement disparu des paysages urbains d’ici 2060 en Amérique du Nord. D’ici là, Vert le nord espère bien avoir réussi à verdir le maximum d’espace pour faire face aux impacts du réchauffement climatique qui seront de plus en plus concrets pour bien des Montréalais.

Les arbres à privilégier

Un citoyen qui souhaiterait contribuer à la lutte contre les îlots de chaleur en plantant un arbre sur son terrain devrait-il favoriser une espèce plutôt qu’une autre ? « Toute plantation va aider contre les îlots de chaleur », signale Michel Labrecque, conservateur et chef de division, recherche et développement scientifique au Jardin botanique. « Mais pour les arbres, il faut privilégier ceux qui font le plus d’ombre et qui se déploient à l’horizontale. »

Parmi les essences les plus prometteuses, il y a le tilleul, le chêne rouge et l’érable de Norvège. Ce dernier, cependant, a le défaut d’envahir tout un secteur avec ses graines (samares) qui germent facilement. Certaines villes en Amérique du Nord ont même commencé à l’interdire. Pour ces arbres dits à grand déploiement, il faut compter de 15 à 20 ans avant qu’ils n’offrent leur plein potentiel. Pour des citoyens qui ont moins d’espace, M. Labrecque suggère l’amélanchier ou l’érable de l’Amour.

Températures estivales moyennes

22,5 °C (+ 2,3) à 23,5 °C (+ 3,1) entre 2041 et 2070

De 30 à 41 jours à plus de 30 °C

23,3 °C (+ 3) à 26,1 °C (+ 5,8) entre 2071 et 2100

De 36 jours à 74 jours à plus de 30 °C

Source : Ouranos

Planète bleue, idées vertes

Sur l'écran radar

Une île grecque devient un « laboratoire de la décarbonation » en Europe

Les premières voitures électriques ont débarqué mercredi sur la terre reculée d’Astypaléa : l’île grecque, située à 76 miles nautiques de la célèbre île de Santorin, s’apprête à devenir « un laboratoire de la décarbonation » en Europe, dans le cadre d’un partenariat du gouvernement grec avec Volkswagen. Le projet vise à remplacer entièrement les véhicules d’Astypaléa par un millier de voitures électriques du constructeur Volkswagen. À l’horizon 2026, le projet ambitionne de faire d’Astypaléa « la première île durable de Méditerranée », promet le gouvernement grec. « Astypaléa sera un futur laboratoire de la décarbonation en Europe », a déclaré Herbert Diess, patron du groupe Volkswagen. « Aujourd’hui, nous pressons le bouton Démarrer pour électrifier l’île », a ajouté le PDG de l’entreprise, qui veut tourner la page du scandale des moteurs diesel truqués. La vente des voitures électriques aux particuliers commencera à la fin de juin. Les autorités grecques financeront les bornes de recharge et inciteront les habitants et les loueurs à se tourner vers les véhicules électriques. Le projet, d’un montant total de 10 millions d’euros financés par les deux partenaires, prévoit des aides à hauteur de 12 000 euros par véhicule, soit une estimation de départ de quelque 6 millions d’euros d’investissement gouvernemental dans le projet.

— Agence France-Presse

Le G7 critiqué pour des réponses trop peu « vertes » à la pandémie

Les pays riches du G7 ont raté une occasion de verdir leur réponse économique à la crise sanitaire, en subventionnant massivement des secteurs polluants malgré leurs engagements à respecter l’accord de Paris sur le climat, ont estimé des ONG mercredi. Ils ont injecté 189 milliards de dollars dans les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) entre janvier 2020 et mars 2021, comparativement à 147 milliards dans les énergies propres, relève un communiqué de Tearfund, de l’International Institute for Sustainable Development (IISD) et de l’Overseas Development Institute (ODI). Sur 10 $ dépensés pour aider les énergies fossiles à faire face à la crise, 8 $ sont attribués sans demande de contrepartie pour réduire la pollution. Les gouvernements ont notamment dû voler au secours de compagnies aériennes ou d’aéroports menacés de faillite en raison du choc de la pandémie.

— Agence France-Presse

Pollution de l’air : l’Allemagne tancée par la justice européenne

La justice européenne a estimé jeudi que l’Allemagne avait dépassé de façon « systématique et persistante » entre 2010 et 2016 le seuil limite dans l’air de dioxyde d’azote, gaz polluant principalement issu des moteurs diesel. Ce jugement ouvre la voie, dans un deuxième temps, à d’éventuelles sanctions, si rien n’est fait pour remédier à la situation. L’Allemagne a « violé la directive concernant la qualité de l’air en ayant dépassé de façon systématique et persistante, à partir du 1er janvier 2010 jusqu’à l’année 2016 incluse, la valeur limite annuelle fixée pour le dioxyde d’azote [NO2] dans 26 des 89 zones et agglomérations évaluées », déplore dans une décision la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

— Agence France-Presse

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