Vaccins

Le patron de l’OMS en appelle à la solidarité du G7

Le chef de l’OMS a appelé lundi les pays les plus riches du monde, regroupés au sein du G7, à payer l’essentiel des milliards qui manquent pour garantir un accès équitable aux vaccins pour lutter contre la pandémie.

L’initiative « Accélérateur ACT » montrée du doigt

Dans la ligne de mire du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’initiative collective lancée il y a tout juste un an pour tenter de niveler les inégalités d’accès aux vaccins, médicaments et autres équipements de santé dans la lutte contre la COVID-19. Ce programme est connu sous le nom d’Accélérateur ACT, un acronyme anglais pour outils de lutte contre la COVID-19. Cet instrument est confronté à un déficit de financement de 19 milliards de dollars sur les 22 nécessaires cette année, a déploré en conférence de presse le M. Ghebreyesus. « Et nous estimons que nous aurons besoin de 35 à 45 milliards de dollars supplémentaires l’année prochaine pour vacciner la plupart des adultes dans le monde », a-t-il prévenu. « Les pays du G7 pourraient mobiliser une partie substantielle de ces fonds et prendre la tête des efforts mondiaux pour accélérer la vaccination dans le monde. »

Appel à l’aide

L’OMS codirige par ailleurs le programme COVAX, mis sur pied pour favoriser un meilleur accès aux vaccins partout dans le monde. Actuellement, 191 pays et territoires, dont 92 à revenus plus faibles, y participent. En revanche, le système COVAX, qui se fournit principalement en vaccins d’AstraZeneca, patine : il n’a livré que 49 millions de doses dans 121 pays et territoires, contre un objectif de 2 milliards en 2021. Le système s’est heurté à la volonté des États les plus riches qui, face à la pression populaire, se sont procuré le plus de doses possible au détriment des autres. « Nous espérons que, tout comme le G7 a pris de grandes décisions sur l’allègement de la dette et l’aide à l’Afrique, puis sur le VIH/sida il y a quelques années, il prendra une grande décision le 11 juin pour soutenir tous ceux qui ont besoin d’être vaccinés », a déclaré l’ancien premier ministre britannique Gordon Brown, qui participait aussi à la conférence de presse. Peu avant cet appel, COVAX a annoncé qu’il allait acheter 500 millions de doses du vaccin anti-COVID-19 de Moderna, mais plus de 90 % des fioles ne seront pas disponibles avant 2022.

Une formule équitable

Gordon Brown a appelé les dirigeants du G7 – qui se retrouveront au Royaume-Uni en juin – à trouver une « formule équitable » pour assumer les deux tiers des coûts liés à la lutte contre la pandémie. M. Brown propose que 27 % de l’addition totale soit réglée par les États-Unis, l’Union européenne payerait 23 %, le Royaume-Uni, 5 %, le Japon, 6 % et le Canada, 2 %. Pour faire bonne mesure, l’Australie et la Corée du Sud participeraient aussi à hauteur de 2 %. L’OMS a aussi appelé les pays disposant de suffisamment de vaccins à les partager par l’entremise du programme COVAX. Certains pays ont déjà fait des annonces, dont la France, la Nouvelle-Zélande et l’Espagne. La Suède à son tour a offert lundi 1 million de doses du vaccin AstraZeneca/Oxford, que le pays nordique n’autorise sur son territoire que pour les personnes âgées de 65 ans et plus. Mais ces dons ne suffisent pas, COVAX ayant un besoin urgent de 20 millions de doses pour ce deuxième trimestre, à la suite du blocage des exportations indiennes des doses produites par AstraZeneca, le géant asiatique étant lui-même débordé par l’épidémie de COVID-19. Selon le DBruce Aylward, chargé du dossier Accélérateur ACT à l’OMS, ce coup d’arrêt décidé par Delhi a privé COVAX de quelque 100 millions de doses.

Le patron de l’OMS candidat à sa réélection

Au cœur de la lutte mondiale contre la pandémie de COVID-19, Tedros Adhanom Ghebreyesus est candidat à sa réélection, a rapporté lundi le site d’informations spécialisé dans la santé Stat News. Citant un proche du dirigeant, Stat News assure que M. Tedros prévoit de se présenter pour un second mandat de cinq ans à la tête de l’OMS. Interrogée par l’AFP, l’OMS n’a pas immédiatement répondu. M. Tedros était devenu en 2017 le premier Africain à prendre la tête de cette puissante agence de l’ONU, avec pour ambition de la réformer et de la rendre plus transparente. Mais ce spécialiste du paludisme, qui en 2017 l’avait emporté au troisième tour devant le Britannique David Nabarro, restera dans les mémoires pour avoir été à la tête de l’OMS pendant la pandémie de COVID-19. Accusé par l’ancien président américain Donald Trump d’avoir mal géré la pandémie et d’avoir endossé aveuglément la ligne de défense de la Chine, il est toutefois largement soutenu par la communauté internationale grâce à sa solidarité inébranlable envers les pays défavorisés.

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