Camp d’entraînement des Alouettes

Les principaux enjeux

C’est dimanche matin sur le terrain des Diablos du cégep de Trois-Rivières que les Alouettes amorceront leur camp d’entraînement. Survol de ce qui sera à suivre au cours des prochaines semaines.

La plus grande question en ce début de camp d’entraînement n’est pas très difficile à déterminer. Qui sera le quart partant lorsque la saison des Alouettes prendra son envol, le 9 juin à Calgary ?

Il serait assez étonnant que ce ne soit pas Vernon Adams fils, qui a obtenu des votes de confiance de Danny Maciocia, Khari Jones et Anthony Calvillo au cours des derniers mois. Mais qu’en sera-t-il dans quelques mois ? Se fera-t-il ravir son poste par Trevor Harris en cours de saison ?

Adams fils avait accueilli l’acquisition de Harris avec maturité la saison dernière, du moins publiquement. Il était alors blessé à une épaule et a placé les intérêts du club devant les siens.

Sa réaction a été tout autre lorsque les Alouettes ont décidé d’embaucher ce même Harris sur le marché des joueurs autonomes au cours de l’hiver. Adams fils n’a pas caché son mécontentement sur les réseaux sociaux avec quelques messages sibyllins. Il a dit avoir accepté la décision de l’équipe depuis, mais nul doute que celle-ci l’a fouetté dans son orgueil.

Adams fils est remis de la blessure qui a mis fin à sa saison l’automne dernier et détiendra la position de tête à partir de dimanche. Il devra par contre être productif tôt dans le calendrier. Plus que l’année dernière, alors qu’il a régressé après son éclosion en 2019. Âgé de 29 ans et arrivé dans la LCF il y a six ans, Adams fils devrait normalement approcher l’apogée de sa carrière.

Harris, lui, n’est plus le quart-arrière qui faisait partie de la crème du circuit il n’y a pas si longtemps. Son jeu a souffert d’inconstance depuis quelques années et il peine à vaincre les « grosses » équipes du circuit. Il demeure tout de même un fin passeur, qui pourrait redevenir l’un des plus prolifiques du football canadien avec tout le talent offensif qu’il y a à Montréal.

Harris et Adams fils veulent évidemment occuper le poste de partant. Dans le cas de Harris, des primes sont également directement ou indirectement rattachées à son temps de jeu. Attendons-nous donc à ce que la compétition entre les deux quarts demeure un sujet chaud durant une bonne partie de la saison. L’une des clés du succès de l’équipe pourrait être que cette compétition reste saine et qu’elle ne soit pas au cœur d’un clivage à l’intérieur du club.

Receveurs canadiens de talent

À moins qu’un nouveau venu force la main de l’équipe en faisant très bonne impression durant le camp et les deux matchs préparatoires, les cinq meilleurs receveurs américains des Alouettes en 2022 devraient être Eugene Lewis, Jake Wieneke, Reggie White fils, Quan Bray et Dante Absher. Lewis et Wieneke font assurément partie du top 10 de la ligue et les trois autres devraient continuer de progresser au cours de l’été.

La compétition sera plus vive du côté canadien. Maciocia a récemment dit que l’équipe n’écartait pas la possibilité d’utiliser deux receveurs canadiens dans sa formation partante cette saison, ce qui reste cependant peu probable. Mais puisque les traits hachurés (hash marks) seront au centre du terrain à partir de cette saison, il n’y aura plus vraiment de receveur du côté large. Les joueurs qui occupaient cette position recevaient très peu de passes en raison de la distance que le ballon devait parcourir. Des passes qui étaient jugées trop risquées.

Les équipes de la LCF choisissaient généralement d’utiliser l’un de leurs sept partants canadiens comme receveur du côté large. Or, ceux-ci devront dorénavant apporter une plus grande contribution en raison du recentrage des traits hachurés. Alors forcément, le talent des receveurs canadiens deviendra plus important qu’il l’était auparavant.

Ce n’est d’ailleurs sûrement pas un hasard si Maciocia a embauché Hergy Mayala, un ancien premier choix qui a bien fait chez les Stampeders de Calgary, et qu’il a choisi Tyson Philbot avec le neuvième choix du dernier repêchage. Ces deux joueurs seront en compétition avec une autre recrue, Vincent Forbes-Mombleau (Laval), le vétéran Kaion Julien-Grant et le Québécois Mathieu Robitaille, notamment.

Un bloqueur à gauche et de la profondeur

L’entraîneur-chef Khari Jones aime bien Nick Callender et Maciocia a indiqué que l’équipe avait quelques solutions de rechange en place pour remplacer Tony Washington, qui a été échangé aux Elks d’Edmonton durant la saison morte. Il y a toutefois fort à parier que c’est Chris Schleuger qui sera le bloqueur à gauche lorsque la saison se mettra en branle dans moins d’un mois. Schleuger a presque toujours bien fait lorsqu’il a fait partie de la formation partante en 2019 et en 2021.

Les quatre autres partants seront le garde à gauche Philippe Gagnon, le centre Sean Jamieson, le garde à droite Kristian Matte et le bloqueur à droite Landon Rice. Si la situation des partants semble bonne, la profondeur sur la ligne offensive n’est actuellement pas très rassurante. De jeunes joueurs, dont le Québécois Samuel Thomassin, devront bien progresser pour changer la donne.

Trouver la bonne combinaison en défense

À sa deuxième saison comme coordonnateur défensif, Barron Miles sera assurément plus à l’aise et connaîtra mieux les forces et les faiblesses des joueurs qu’il aura sous la main. Il y a une belle profondeur sur la première ligne et au sein de la tertiaire. Les nouveaux venus Avery Ellis et Mike Moore se joindront à Almondo Sewell, Nick Usher et Michael Wakefield sur la ligne défensive.

Est-ce que le premier choix du dernier repêchage, Tyrell Richards, gagnera un poste de partant dès sa saison recrue chez les secondeurs ? Marc-Antoine Dequoy s’implantera-t-il comme le premier maraudeur du club ? Les demis défensifs Wesley Sutton, Adarius Pickett et Rodney Randle fils se seront-ils améliorés en ayant plus d’expérience au football canadien ?

Il y a du talent au sein de la défense montréalaise, la clé sera de trouver la bonne combinaison durant le camp et en début de saison.

L’absence de Reinebold

Le retour dans le nid d’Anthony Calvillo comme entraîneur des quarts est significatif et la présence de Greg Quick (ligne défensive) durant toute la saison devrait rapporter. Les jeunes entraîneurs Byron Archambault (secondeurs) et Michael Lionello (receveurs) apporteront également leur contribution.

Mais du côté des nouveaux entraîneurs des Alouettes, c’est peut-être l’acquisition de Jeff Reinebold qui aurait eu le plus grand impact en 2022. As des unités spéciales qui a commencé sa carrière dans la LCF au début des années 1990, Reinebold ne fera toutefois pas partie du groupe d’entraîneurs des Alouettes pour des raisons personnelles.

C’est finalement Archambault, qui a occupé ce même poste avec les Carabins de l’Université de Montréal, qui remplacera Mickey Donovan, qui n’était jamais parvenu à donner de la constance aux unités spéciales au cours de ses trois saisons avec l’équipe.

Archambault pourra notamment compter sur de bonnes pièces, dont le botteur de précision, David Côté, le botteur de dégagement, Joseph Zema, et le spécialiste des retours de botté, Mario Alford, et les Québécois Christophe Normand et Alexandre Gagné, qui excellent comme plaqueurs sur les unités spéciales.

Notons par ailleurs que les Québécois André Bolduc (demi offensif et adjoint à l’entraîneur-chef) et Luc Brodeur-Jourdain (ligne offensive) font toujours partie du groupe d’entraîneurs de l’équipe.

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