Au tour du golf Les Légendes de fermer pour de bon à l’automne

Les propriétaires cherchent à faire accepter un projet de lotissement domiciliaire

Au moment où la banlieue est plus populaire que jamais auprès des acheteurs de maison, le secteur de l’ancienne ville de Saint-Luc, à Saint-Jean-sur-Richelieu, est particulièrement convoité par des promoteurs, qui veulent y bâtir 750 habitations dans deux projets.

Après le Harwood à Vaudreuil-Dorion ce printemps, ce sera au tour du Club de golf Les Légendes de la famille Morin, à Saint-Jean-sur-Richelieu, de fermer pour de bon à la fin de la présente saison.

La nouvelle a été annoncée publiquement mercredi dans le cadre d’une consultation publique virtuelle organisée par les propriétaires du fonds de terrain. « Fermeture des opérations du golf à l’automne 2021 », peut-on lire dans le document de présentation, conçu par l’agence de relations publiques AGC.

Le terrain de 6,4 millions de pieds carrés appartient à trois groupes, dont la famille Morin. Environ le tiers du golf chevauche la zone agricole.

Pour ce qui est de la portion située en zone non agricole, Paul Morin et son fils Jason en détiennent 3,2 millions de pieds carrés. Le reste, environ 1,2 million, est contrôlé par une société à numéro appartenant à deux personnes de la région de Victoriaville et à Stéphane Denault, de Saint-Philippe-de-La Prairie, selon le registre des entreprises.

Le promoteur bien connu Luc Poirier figurait dans le passé parmi les propriétaires. Il s’est retiré de l’entreprise en 2018 pour concentrer ses efforts sur la mise en valeur de l’ancienne briqueterie de La Prairie, a-t-il confirmé au téléphone.

Ajoutant à la confusion au sujet de sa participation, M. Poirier mène en parallèle le projet Le Domaine des Légendes, tout juste à côté du parcours de 18 trous, sur le terrain du 371, boulevard Saint-Luc, qui a longtemps accueilli un marchand de ferraille. « J’entends faire construire 250 unités. La construction devrait commencer dans 18 mois », précise-t-il.

Un mandat pour faire accepter un projet de 500 maisons

Pour remplacer le Club de golf Les Légendes, trois options sont sur la table : création d’un parc, construction d’un nouveau quartier résidentiel ou un mélange des deux. Peu de détails ont toutefois filtré lors de la soirée de consultation. L’objectif de la rencontre, à l’initiative des propriétaires, était d’écouter les opinions du public.

Selon l’inscription au Registre des lobbyistes de l’urbaniste-conseil au dossier, Marc Perrault, président de la firme EMPERO, celui-ci a le mandat de faire des « représentations en vue de l’adoption par la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu d’un plan d’ensemble immobilier regroupant environ 500 unités d’habitation unifamiliale et multifamiliale sur une partie du terrain de golf Les Légendes ».

L’adoption d’une telle résolution ne se fera pas en criant ciseau, si on se fie à la position du conseiller municipal Marco Savard, qui habite le quartier. « Ça se discute depuis plusieurs années. Les promoteurs nous ont fait souvent part de leur intérêt de faire un projet résidentiel sur leur terrain, dit-il. Le zonage récréotouristique ne le permet pas. Il faut qu’ils passent par une modification de zonage.

« C’est correct de développer, mais pas à n’importe quel prix. S’il n’y a pas de bonification des espaces verts, des milieux humides, des boisés et des étangs d’eau, le projet n’a pas de valeur. La Ville doit respecter la qualité de vie des résidants du secteur. »

– Marco Savard, conseiller municipal

Malgré le regain d’intérêt pour la pratique de ce sport observé l’an dernier et les perspectives favorables cet été, certains propriétaires de golf se départissent quand même de leur terrain.

Le parcours de neuf trous de Golf Harwood, sur le boulevard du même nom à Vaudreuil-Dorion, a annoncé à sa clientèle qu’il n’ouvrirait pas ce printemps. C’est la Ville qui l’a acquis pour 2,4 millions en vue d’en faire un parc, souligne le journaliste à la retraite Martial Lapointe, qui a relayé l’information sur son site golf-ml.com.

Ce dernier ne s’attend pas à beaucoup de fermetures de parcours cette année malgré la pression des promoteurs immobiliers. « C’est plein de joueurs sur les terrains comme ça ne se peut pas », dit-il.

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