« On a échappé son cas »

Souffrant de problèmes de santé mentale, un homme accusé d'avoir tué un chihuahua écope de deux ans de prison

« Si tu essaies de partir, je vais vous tuer, comme Blue. » Après avoir tué le chihuahua d’une fillette avec ses mains, Samuel Tremblay a lancé cette menace à glacer le sang à une mère et sa fille. Accablé par des problèmes de santé mentale, le jeune homme déjà condamné pour avoir foncé vers des piétons a été abandonné par le système, selon la défense.

« Une semaine avant les évènements, il avait avisé sa mère qu’il ne se sentait pas bien, qu’il voulait voir son médecin, chose qu’ils ont faite. Mais il n’a pas rencontré de psychiatre, et aucune médication n’a été prescrite. C’est vraiment un cas où on a échappé le cas de M. Tremblay », s’est désolée son avocate, MDiane Chartier, lors de l’imposition de la peine.

Détenu depuis mars 2021 pour cette sordide histoire, Samuel Tremblay a été condamné à deux ans moins un jour d’emprisonnement, le 1er juin dernier, au palais de justice de Montréal. L’homme de 22 ans a plaidé coupable à des chefs de voie de fait sur une enfant, de séquestration et d’avoir volontairement tué et mutilé un chien.

« Raison étrange »

Ce jour-là, Samuel Tremblay est à l’appartement d’une amie et de sa fillette à Montréal. Alors qu’il s’amuse avec Blue, le chihuahua de son amie, il se met à « maltraiter » le chien pour une « raison étrange ». « Je vais vous épargner les détails », s’est limité à dire MChartier, en résumant les faits à la cour.

Le chien Blue gît alors au sol, visiblement mort. La fillette tente alors de prendre le chien pour le protéger, mais Samuel Tremblay la pousse jusqu’à la faire tomber au sol. Le tortionnaire reprend le chien par le cou et continue de le frapper. Il finit par mettre le chien dans une boîte à chaussures et en disposer au congélateur.

Son amie est alors en panique et s’empresse de communiquer avec la mère de Samuel Tremblay. « [L’accusé] va dire : “Si tu appelles la police, la même chose va arriver. Si tu essaies de partir, je vais vous tuer comme Blue, et si tu essaies de partir, je vais te trouver. Tu es une merde” », a relaté son avocate. Samuel Tremblay a alors été arrêté.

Antécédents criminels

Malgré son jeune âge, Samuel Tremblay a déjà de lourds antécédents criminels. En mai 2021, il a écopé de 10 mois de prison pour deux dossiers à la cour municipale. Avant cela, il avait été condamné à 17 mois de prison pour une affaire qui avait fait les manchettes en novembre 2019.

Mis en joue par les policiers et poursuivi à grande vitesse en raison de sa conduite dangereuse, le chauffard était passé à deux doigts de faucher des piétons rue Saint-Denis. Un autre automobiliste avait alors héroïquement barré sa route avec son véhicule pour sauver les passants. Le chauffard avait consommé du Xanax et du GHB ce jour-là.

Lors de sa comparution en 2019, la mère de Samuel Tremblay avait alors confié aux médias que son fils était abandonné par le système de santé. « Ça fait des années que je me bats pour que mon fils soit pris en charge », avait-elle lancé à La Presse. Samuel Tremblay a été suivi de l’âge de 2 ans jusqu’à sa majorité, mais personne n’arrive à « mettre le doigt » sur sa maladie, selon son avocate.

Trois ans plus tard, Samuel Tremblay n’a toujours pas été pris en charge par le système de santé, même si, dans le rapport sur sa responsabilité criminelle, les experts suggèrent fortement qu’il soit vu par un psychiatre. Or, Samuel Tremblay est « placé en cage » à la prison de Rivière-des-Prairies dans un confinement « très, très serré », à sa demande, dénonce son avocate.

« Il n’a pas bénéficié de soins dans sa détention, il n’a pas vu de médecin, il n’a pas vu de psychiatre. Peu importe la sentence, on peut espérer que Monsieur, à sa sortie, va cogner à la bonne porte », a déploré son avocate pendant l’audience.

« C’est incroyable de voir les portes se fermer sur lui, alors qu’il est allé demander de l’aide. Il connaît sa dangerosité. »

– MDiane Chartier, avocate de Samuel Tremblay

Compte tenu de sa reconnaissance de culpabilité et de ses problèmes de santé mentale, la juge Silvie Kovacevich a entériné la suggestion commune de la défense et de la procureure de la Couronne, MSylvie Lemieux. Sa peine de deux ans de prison s’ajoute ainsi aux 276 jours de détention déjà purgés et à une probation de trois ans.

La juge Kovacevich a tenu à recommander aux autorités carcérales que Samuel Tremblay soit vu à l’infirmerie pour qu’il reçoive les soins nécessaires.

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