Dvorak et les Canadiens : un mariage idéal

Tout comme les partisans, les entraîneurs de la LNH ont tendance à préférer certains joueurs pour diverses raisons.

C’est souvent dû à leur capacité à marquer des buts, à leur aptitude à diriger le jeu, à leurs prouesses défensives ou même à leurs qualités de leader.

Mais s’il y a une constante en ce qui concerne ces joueurs qui gagnent rapidement la confiance de l’organisation, c’est qu’ils peuvent généralement remplir un rôle crucial tout en facilitant la vie de l’ensemble du personnel d’entraîneurs.

Christian Dvorak est ce type de joueur

Il est l’exemple même de l’attaquant polyvalent. Et ce n’est pas seulement une question de flexibilité, bien que Dvorak puisse jouer dans différents rôles.

Dvorak peut marquer des buts, il est excellent dans les mises au jeu et il est sous contrat pour ce qui devrait être ses années les plus productives. De plus, tout au long de son séjour chez les Coyotes, Dvorak recevait constamment les éloges de ses entraîneurs.

« Les entraîneurs te diront que c’est un joueur peu exigeant, qui travaille beaucoup, qui respecte les consignes et qui ne se plaint de rien », explique Craig Morgan, rédacteur en chef du site azcoyotesinsider.com.

Avec les déplacements et le calendrier d’entraînement mouvementé d’une saison de 82 matchs, un joueur qui fait tranquillement son travail et produit des résultats constants n’est pas seulement une bonne chose pour les entraîneurs, c’est pratiquement une bénédiction, surtout au sein d’une équipe qui a connu un renouvellement important.

« Il est naturellement humble », souligne Morgan. « Cela dit, de multiples coéquipiers m’ont dit qu’il avait un sens de l’humour sous-estimé. Il était très populaire dans le vestiaire des Coyotes. Le défenseur Jakob Chychrun le considérait comme son « meilleur ami » et a admis que de tous les départs, celui-ci était « le plus douloureux que j’aie vécu ». »

La mention d’éléments intangibles peut en faire douter certains, mais des coéquipiers appréciés ne font pas qu’améliorer le moral général, ils permettent aux entraîneurs et aux coéquipiers de se concentrer sur leur travail.

Bien sûr, lorsqu’il s’agit de Dvorak, il n’y a pas que des facteurs intangibles.

Il apporte une multitude d’atouts variés, notamment le talent le plus recherché de la Ligue, celui de marquer des buts.

Au prorata sur 82 matchs, il a inscrit en moyenne un peu plus de 18 buts par saison au cours de sa carrière. Il a réalisé son meilleur rendement la saison dernière grâce à ses 17 buts en seulement 54 matchs.

Près de la moitié de ses 17 buts de la saison dernière ont été marqués en avantage numérique, grâce à un pourcentage de tirs de 44 %. Ce taux n’est clairement pas soutenable, mais même lorsqu’il diminuera inévitablement, Dvorak constituera une autre menace en avantage numérique. En compagnie du nouveau venu Mike Hoffman, il devrait diversifier les occasions de marquer et avoir un impact considérable avec l’avantage d’un homme.

Par exemple, Dvorak a eu 23 bonnes chances de marquer en avantage numérique la saison dernière, alors que le plus haut chiffre individuel des Canadiens la saison dernière n’était que de 13.

« Il apporte une bonne présence devant le filet en avantage numérique grâce à sa taille et à ses mains rapides dans les espaces restreints, et il possède un excellent tir », a ajouté Morgan.

Pour ce qui est de son impact à égalité numérique, Dvorak offrira une flexibilité, une efficacité dans les mises au jeu ainsi qu’une bonne dose de talent.

Idéalement, les Canadiens pourront compter sur la production offensive de Dvorak, mais il n’a aucun problème à jouer un rôle d’énergie.

Il est habitué à faire face à une très forte compétition avec des compagnons de trio de qualité relativement médiocre, ce qui laisse entendre qu’il pourrait profiter de plus de talent sur son aile. Si l’on considère que la liste des ailiers des Canadiens comprend actuellement des joueurs tels que Cole Caufield, Tyler Toffoli, Josh Anderson, Brendan Gallagher, Jonathan Drouin et Mike Hoffman, Dvorak ne devrait pas seulement être un bon atout pour l’équipe, l’équipe devrait être un bon atout pour lui, ce qui est souvent négligé lors de l’analyse de l’impact de joueurs arrivants.

Cela ne veut pas dire que Dvorak est assuré d’éclipser de loin tous ses sommets de carrière. Il est toujours assez difficile d’analyser un joueur venant de différentes équipes qui emploient des stratégies variées pendant un match. Une chose est sûre, Dvorak arrive dans une situation Si je devais critiquer son jeu dans son ensemble, ce qui est toujours un exercice intéressant étant donné que je suis généralement en train d’engloutir une quantité malsaine d’amandes enrobées de chocolat pendant un match, c’est que Dvorak doit s’inspirer de mon style de consommation de nourriture : toujours plus. Il ne tire pas assez, mais il profite au maximum de ses occasions.

Malgré son taux de tir relativement faible, Dvorak parvient à générer un nombre très élevé d’occasions de marquer de haute qualité, à l’image de ce que l’on peut observer chez Tyler Toffoli ou Josh Anderson.

En plus de fournir une présence fiable dans n’importe quel rôle, Dvorak apporte un autre avantage : il est excellent en tirs de barrage. La saison dernière, il a marqué 4 buts en 4 occasions, portant son total en carrière à 6 en 9 en fusillade, dont 3 buts décisifs.

Étant donné que les Canadiens ont perdu 3 des 4 séances de tirs de barrage auxquelles ils ont participé l’an dernier, la simple présence de Dvorak dans l’alignement pourrait permettre à l’équipe de gagner des points cruciaux qui contribueraient grandement dans une course aux séries éliminatoires.

Le fait d’être un expert en tirs de barrage, un magicien des mises au jeu, un spécialiste du jeu de puissance et une force constante est généralement un bon signe lorsqu’il s’agit de jeunes centres. Cependant, il y aura toujours des points d’interrogation quant à la façon dont le joueur en question pourra s’adapter à une nouvelle équipe, un nouvel entraîneur, une nouvelle stratégie, une nouvelle patinoire et une foule de partisans bruyants et enthousiastes.

Mais dans le cas de Dvorak, la question n’est pas de savoir s’il peut s’adapter, mais plutôt de savoir à quelle vitesse cela se produira.

Si l’on se fie à l’histoire, Dvorak ne se contentera pas de remplir immédiatement un rôle crucial pour les Canadiens, il le fera avec le type de professionnalisme et d’éthique de travail qui fait applaudir les partisans et qui permet aux entraîneurs de bien dormir la nuit.

(Toutes les statistiques proviennent de NaturalStattrick.com.)

Un texte de Marc Dumont, collaborateur du magazine des Canadiens

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